Projet Leucégène : nouvelle percée dans la caractérisation moléculaire des leucémies myéloïdes

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Une série d'observations importantes sur les caractéristiques génétiques et moléculaires de deux sous-types de leucémie a été publiée dans la revue Nature Genetics.

/images/stories/003/2015/08/10-labo-istock.jpgL'équipe multidisciplinaire du projet Leucégène, un projet d'envergure dirigé par le Dr Guy Sauvageau de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal et la Dre Josée Hébert de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), vient de publier une série d'observations importantes sur les caractéristiques génétiques et moléculaires de deux sous-types de leucémie dans la prestigieuse revue Nature Genetics. Les résultats de l'étude suggèrent aussi la possibilité d'une nouvelle approche thérapeutique combinatoire pour certaines leucémies.

Le projet Leucégène a pour objectif de développer de nouveaux outils pour une classification plus détaillée des patients souffrant de leucémie myéloïde aiguë (LMA) dans le but d'améliorer les pronostics et mieux guider le choix des options de traitement disponibles. La LMA est un cancer du sang très agressif qui emporte près de 1000 personnes par année au Canada. Parce qu'il s'agit d'un cancer très complexe, les tests pronostiques actuels restent imprécis pour l'évaluation des risques et des choix thérapeutiques chez la plupart des patients.

L'équipe Leucégène a utilisé des technologies de séquençage d'ADN de nouvelle génération pour caractériser les anomalies génétiques de plus de 400 échantillons de LMA provenant de la Banque des cellules leucémiques du Québec (BCLQ). Des approches de criblage à haut débit développées à l'IRIC ont aussi été utilisées pour étudier la réponse des cellules leucémiques à plusieurs composés chimiques agissant sur des voies de signalisation cellulaire souvent dérégulées dans ces cancers. «Cette analyse représente un important effort d'intégration des expertises en biologie cellulaire, génomique, bioinformatique et chimie médicinale propres à l'IRIC et démontre comment des approches génétiques et chimiques peuvent révéler des informations complémentaires», indique le Dr Vincent-Philippe Lavallée, stagiaire postdoctoral dans le laboratoire du Dr Sauvageau et premier auteur de l'article.

La présente étude s'est concentrée sur deux sous-types de LMA impliquant des réarrangements du gène Mixed Lineage Leukemia (MLL) et a permis d'identifier un profil d'expression des gènes commun aux deux groupes et comprenant de nouveaux marqueurs spécifiques à ces types de leucémies. Le gène LOC100289656, entre autres, semble avoir une valeur diagnostique puisqu'il a conduit à la découverte de réarrangements MLL inédits chez des patients qui n'avaient pas originellement été reconnus comme appartenant à ce groupe. Les données obtenues ont aussi confirmé la présence de mutations dans plusieurs gènes déjà associés à la LMA dont ceux de la voie de signalisation RAS et ont identifié pour la première fois des mutations récurrentes dans le gène SPI1. Finalement, le crible chimique a démontré que les leucémies MLL du premier groupe caractérisées par la présence de mutations RAS semblent avoir une sensibilité accrue à deux types de molécules inhibitrices suggérant qu'une nouvelle approche thérapeutique combinant ces deux types de médicaments pourrait s'avérer efficace chez certains patients. À plus long terme, ce type d'approche intégrative devrait permettre une analyse détaillée d'autres types de leucémies, mais aussi de tumeurs solides.

Cette étude constitue une validation convaincante de l'approche chimiogénomique développée par les chercheurs de l'IRIC et leurs collègues. «Un projet à grande échelle et aux multiples facettes comme celui-ci, dont les résultats auront un impact réel sur la santé des patients a été rendu possible grâce à l'engagement déterminé de Génome Canada, Génome Québec et AmorChem à soutenir les approches de médecine personnalisée. On se doit également de souligner le dévouement de notre équipe multidisciplinaire de scientifiques et de médecins à l'IRIC et à l'HMR» précisent les Drs Sauvageau et Hébert.

Étude citée

The transcriptomic landscape and directed chemical interrogation of MLL-rearranged acute myeloid leukemias
Lavallée VP, Baccelli I, Krosl J, Wilhelm B, Barabé F, Gendron P, Boucher G, Lemieux S, Marinier A, Meloche S, Hébert J and Sauvageau G. Nature Genetics 2015-08-03

À propos de la société en commandite AmorChem

Situé à Montréal, AmorChem est un fonds de capital de risque investissant dans des projets de sciences de la vie prometteurs issus des universités et centres de recherche québécois. Les principaux commanditaires du fonds sont Investissement-Québec, FIER Partenaires, le Fonds de solidarité FTQ et Merck & Co. Le fonds est le dernier à s'ajouter au portefeuille de GeneChem, un gestionnaire de fonds démarré en 1997. Le modèle d'affaires innovateur d'AmorChem consiste à investir dans des projets à des stades précoces de la recherche et à les amener vers une preuve de concept préclinique en mode semi-virtuel dans un horizon de 18 à 24 mois. Le fonds a pour but de générer des profits soit par la vente des projets ayant atteint l'étape de la preuve de concept à d'importantes compagnies pharmaceutiques ou de biotechnologie; soit par le démarrage d'entreprises basées sur l'amalgamation de plusieurs projets financés par AmorChem. Les projets seront gérés par l'équipe d'AmorChem, qui aura recours à certaines ressources externes. Une entente a été conclue à cet effet avec l'Institut de recherche en biotechnologie, qui mettra à la disposition d'AmorChem ses plateformes de R. et D. De plus, afin d'aider les projets de type « petites molécules », AmorChem a mis sur pied la compagnie 3 NuChem Thérapeutiques inc., une société de recherche sous contrat en chimie médicinale.

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À propos de Génome Québec Depuis mai 2000, Génome Québec est le maître d'œuvre du développement de la génomique au Québec. En appuyant près de 80 projets, 900 chercheurs et en assurant la gestion des opérations du Centre d'innovation Génome Québec et Université McGill, Génome Québec contribue à accélérer la découverte de nouvelles applications dans des secteurs stratégiques tels la santé personnalisée, la foresterie, l'environnement et l'agroalimentaire. Les fonds investis par Génome Québec proviennent du ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations du Québec, du gouvernement du Canada par l'entremise de Génome Canada et de partenaires privés.

À propos de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie

Pôle de recherche et centre de formation ultramoderne, l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal a été créé en 2003 pour élucider les mécanismes du cancer et accélérer la découverte de nouvelles thérapies plus efficaces contre cette maladie. L'IRIC fonctionne selon un modèle unique au Canada. Sa façon innovante d'envisager la recherche a déjà permis de réaliser des découvertes qui auront, au cours des prochaines années, une incidence significative dans la lutte contre le cancer.