Sophie Gobeil, étudiante-chercheuse étoile du mois d'août

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Une étudiante au doctorat en biochimie a remporté le Fonds Nature et technologies du mois d'août.

Sophie Gobeil. Photo : FRQ.Sophie Gobeil, étudiante au doctorat en biochimie à l'UdeM, est lauréate du Fonds Nature et technologies du concours Étudiants-chercheurs étoiles pour le mois d'août.

 


Une bourse de 1 000 $ lui a été remis pour son article Maintenance of Native-like Protein Dynamics May Not Be Required for Engineering Functional Proteins publié dans la revue Chemistry & Biology.

«Jusqu'à tout récemment, les protéines étaient perçues comme des entités essentiellement rigides. Cette vision posait plusieurs problèmes fondamentaux quant à l'explication de leur fonctionnement et de leur capacité d'adaptation. Certaines évidences récentes ont suggéré qu'au contraire, les protéines étaient flexibles et dynamiques. Nos travaux étudient la relation entre la fonction et la dynamique des protéines de résistance bactérienne. Ce modèle est particulièrement intéressant, car ces protéines évoluent très rapidement pour permettre la survie bactérienne en présence de nouveaux antibiotiques. Nous avons démontré que deux protéines de résistance bactérienne, structurellement et fonctionnellement similaires, conservaient aussi un patron de dynamique semblable. Ceci suggère donc que la flexibilité des protéines est une propriété fondamentale. Toutefois, cette flexibilité peut être modifiée lorsqu'on change la séquence de ces protéines, et ce, sans altérer ni la structure ni la fonction. Cette observation surprenante démontre la tolérance de ces protéines aux mutations.»

L'émergence de bactéries dites «super résistantes» et la diminution de la mise en marché de nouveaux antibiotiques remettent en question notre conception du fonctionnement et des capacités d'adaptation des protéines de résistance bactérienne. Par ailleurs, plusieurs antibiotiques actuellement utilisés ont été conçus à partir de modèle statique de protéines, ignorant leurs mouvements. Les travaux de Sophie Gobeil contribuent à une meilleure compréhension du fonctionnement d'une protéine. Inclure ces informations lors de la conception d'un antibiotique permettrait le développement d'une molécule épousant mieux les différentes formes de la protéine et offrirait une efficacité accrue.