Des soins holistiques pour les aînés et leurs familles

  • Forum
  • Le 3 septembre 2015

  • Martin LaSalle
Véronique Dubé

Véronique Dubé

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

La professeure Véronique Dubé veut inculquer aux futures infirmières qui travailleront auprès des aînés une approche qui place le patient au centre des discussions quant aux soins à leur donner.

C'est dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) que Véronique Dubé, alors étudiante au cégep, déniche son premier emploi.

S'occuper des personnes âgées atteintes de déficits cognitifs la marque profondément : ses grands-parents, dont elle est très proche, sont en pleine forme et, s'ils devaient être hébergés, elle voudrait qu'ils soient traités avec les plus grands égards. C'est la motivation qui la guidera pour l'avenir...

Lorsqu'elle entre à l'UdeM pour entamer son baccalauréat à la Faculté des sciences infirmières, en 1993, Véronique Dubé sait déjà qu'elle orientera ses études vers l'amélioration des soins prodigués aux aînés – en tenant compte de leurs familles. À cette époque cependant, les soins aux gens âgés ne sont pas la voie la plus populaire...

Son emploi d'infirmière en CHSLD la comble littéralement. «En effectuant divers quarts de travail, j'ai connu les résidents et leur famille, ce qui m'a permis d'apprécier la richesse des rencontres au cours desquelles la lumière jaillit des yeux des aînés», raconte-t-elle avec un sourire à la fois tendre et pétillant.

Après l'obtention d'une maîtrise de l'Université Laval, elle revient à Montréal pour travailler auprès de personnes âgées hospitalisées dans des centres de soins de courte durée. Elle constate que certaines problématiques sont récurrentes et décide d'en faire l'objet de ses recherches dans le cadre d'études doctorales à l'UdeM, puis posdoctorales au Toronto Rehabilitation Institute.

Sa principale préoccupation? Que les futures infirmières qui travailleront auprès des aînés adoptent une approche plus holistique, qui place le patient au centre des discussions relatives aux soins à donner. Et ce, par la mise en place d'une pratique réflexive où les infirmières enrichissent leur expérience professionnelle par une réévaluation constante de leurs façons de faire à la lumière des meilleurs procédés et de la littérature scientifique.

«Les soins de demain devront reposer davantage sur ce que souhaite le patient pour sa santé et sa qualité de vie, plutôt que de n'être axés que sur l'aspect curatif», indique Véronique Dubé.

Car elle est convaincue que la profession est appelée à se transformer et à s'ancrer un peu plus dans les communautés. «Notre rôle sera de plus en plus atypique et orienté vers le soutien et l'accompagnement de proximité; on revient à l'essence de la profession : soigner dans les milieux de vie des gens!» conclut celle qui donnera le cours d'initiation aux sciences infirmières à la nouvelle cohorte de janvier 2016.