Le professeur de musique qui ne lit pas les notes

  • Forum
  • Le 3 septembre 2015

  • Martin LaSalle
Nicolas Bernier.

Nicolas Bernier.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Qui a dit qu’il fallait savoir lire les notes pour enseigner la musique? Spécialiste de la création musicale et multimédia, le professeur Nicolas Bernier accompagnera ses étudiants dans leur projets!

Nicolas Bernier ne vient pas d'une famille de musiciens. Il n'a pas grandi dans un environnement bercé par l'art, mais enfant il affectionnait la BD. Plus tard, il goûte au rock, et le jour où il entendSmells Like Teen Spirit de Nirvana sa vie bascule. Littéralement!

«Je me suis acheté une guitare et la musique est devenue une passion que j'ai vécue à cent milles à l'heure. J'étais particulièrement intéressé par la création de sons inouïs et les démarches expérimentales», relate-t-il.

Après son passage au cégep, ce fils d'économiste originaire de l'Outaouais déménage ses pénates à Montréal, où il découvre l'art sous toutes ses formes, ce qui décuple son goût – déjà fort prononcé! – pour la création.

Doué pour marier textures et timbres musicaux afin de produire des œuvres d'art à la fois visuelles et sonores, Nicolas Bernier entreprend ses études universitaires... sans savoir lire les notes! «J'ai appris la théorie musicale pour entrer à l'université, mais, puisque je travaille davantage avec les bruits et l'échantillonnage qu'avec les notes, j'ai immédiatement oublié cette matière, qui ne m'était plus nécessaire», confie-t-il.

Ce qui ne l'empêche pas de décrocher un baccalauréat et une maîtrise de la Faculté de musique de l'Université de Montréal, puis un doctorat en musique électronique de l'Université de Huddersfield, près de Manchester, en Angleterre.

C'est entre autres pour son esprit créatif acquis «sur le terrain» et son sens inusité de la forme et de l'esthétisme que la Faculté de musique de l'UdeM a embauché Nicolas Bernier au poste de professeur adjoint au sein du secteur des musiques numériques.

À ce titre, il accompagne notamment une cinquantaine d'étudiants dans leurs projets de composition musicale et multimédia, dont cinq aux cycles supérieurs.

Cet expérimentateur s'est récemment découvert une nouvelle passion avec son fils de huit ans : la planche à roulettes! Et il y voit une analogie avec son nouveau statut professionnel. «Le skate me fait décrocher complètement tout en alimentant ma créativité, car il faut constamment améliorer sa technique afin d'atteindre les résultats voulus, dit-il. Et même à 37 ans, quand je tombe, je me relève et je réessaie, comme c'est souvent le cas lorsqu'on crée... ou lorsqu'on étudie!»

Pour avoir un aperçu des œuvres de Nicolas Bernier, on peut visiter son site Web.