Régis Cibasu est chez lui avec les Carabins

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Lorsque sa famille a quitté le Congo pour s’installer dans le quartier Pointe-Saint-Charles de Montréal, Régis Cibasu avait trois ans.

Dire que Régis Cibasu a connu une bonne saison recrue l’an dernier ne serait pas rendre justice à l’année qu’il a connue. Ses attrapés spectaculaires n’ont pas manqué de soulever les foules et il a conclu son dernier match en recevant le trophée Ted Morris remis au joueur par excellence de la Coupe Vanier. Toutefois, ce n’est pas la quête du succès qui l’avait amené à choisir les Carabins, mais leur esprit de famille.

À la maison, il aime passer beaucoup de temps avec ses deux frères. Le premier suit les traces de son grand frère sur le plan académique et est entré à HEC Montréal cette année. Le suivant, à huit ans, est plus sportif et fait souvent équipe avec Régis.

Le receveur étoile aime retrouver cette atmosphère fraternelle dans le vestiaire des Carabins. « J’aime trop l’ambiance. Avec les coéquipiers, c’est toujours drôle, que ce soit à l’entraînement ou durant un voyage. C’est ce que j’aime », dit-il.

Par ailleurs, le joueur de 21 ans a été initié au football dans sa famille. Son cousin Landry, plus âgé, l’a encouragé à s’entraîner, à courir, et à regarder le travail des meilleurs joueurs de la NFL. Il était le mentor de Régis et était destiné à une carrière collégiale et universitaire. Des problèmes personnels ont toutefois fait dévier sa route.

« J’ai grandi dans un quartier un peu difficile, témoigne Cibasu. Je n’étais pas turbulent et je restais à mes affaires. Mes parents ont toujours su me garder à l’écart des problèmes. C’est aussi le football qui m’a aidé. Je suis heureux aujourd’hui de travailler pour obtenir un diplôme à HEC. »
Lorsque sa famille a quitté le Congo pour s’installer dans le quartier Pointe-Saint-Charles de Montréal, Régis Cibasu avait trois ans. Il retourne encore dans ce quartier à l’occasion pour jouer au basketball avec les jeunes. « Si j’ai les moyens un jour, j’aimerais pouvoir toucher les jeunes d’une façon plus importante », dit-il.

Un athlète d’exception

Cibasu a joué ses premiers matchs au niveau atome… sur la ligne offensive. Il a même occupé cette position durant quelques années. Après un passage en défense, c’est au niveau midget qu’il a commencé à attraper des ballons.

« Je n’ai pas toujours été athlétique. J’étais le joueur moyen, affirme-t-il. Je me suis intéressé à l’entraînement sur le tard. C’est au collégial que j’ai commencé à aller au gymnase régulièrement. Je n’étais pas le plus rapide. Encore aujourd’hui, c’est un de mes points à améliorer. »

Néanmoins, il possède des qualités athlétiques impressionnantes, comme en témoigne l’entraîneur des receveurs Danny Desriveaux, qui a fait carrière durant six saisons comme receveur dans la Ligue canadienne de football (LCF). « Régis est un athlète d’exception, dit-il. Un joueur de ce gabarit qui attrape aussi bien les ballons et qui est aussi en contrôle de son corps, ça ne court pas les rues. C’est un joueur qui veut apprendre et qui a des standards très élevés. Il veut toujours battre le joueur devant lui. Il trouve ça très motivant de faire de son mieux pour aider l’équipe. Il n’a pas peur de rester plus de minutes sur le terrain. Il est toujours disponible et proactif. »

Une année de transition

« C’était un peu difficile au début. Le jeu est plus rapide et ça demande une adaptation, raconte-t-il à propos de la saison 2014. Mais j’ai reçu de l’aide de tout le monde, d’excellents vétérans, et je me suis senti à ma place dès le début. J’aime beaucoup l’ambiance dans notre groupe de receveurs. »

Plus la saison avançait et plus il était visiblement à l’aise. Ensuite, avec l’excitation des séries, le receveur est passé à un autre niveau. Après avoir amassé 407 verges en 32 attrapés en saison, il est passé à l’histoire en séries éliminatoires. D’abord, il a établi un record d’équipe en demi-finale provinciale contre le Vert & Or de Sherbrooke en captant 14 ballons en un match pour des gains de 146 verges. Sa route l’a ensuite mené au titre de joueur du match en finale nationale. En quatre matchs éliminatoires, il a gagné 365 verges en 33 attrapés.

La bonne nouvelle pour les Carabins, c’est qu’il se sent bien au début de la nouvelle saison. « Je me sens mieux préparé physiquement, dit-il. J’ai aussi une plus grande rage. J’ai envie de répéter les succès de l’équipe et j’ai plus faim que jamais. »

Comme en famille, Cibasu fait passer le succès collectif en premier. Toutefois, il travaille toujours dans l’espoir de pouvoir avoir une carrière dans le football.

« Il est définitif que ce joueur a toutes les aptitudes pour aspirer à une carrière chez les professionnels, ajoute Desriveaux. Il doit rester affamé et maintenir sa courbe de progression. Il doit voir plus loin que les deux ou trois prochaines années. S’il continue comme ça, on peut espérer voir de belles choses chez les pros. »

En attendant, ce sera un plaisir renouvelé pour les spectateurs du CEPSUM de voir sa progression durant les prochaines saisons.

Pour information

Benoit Mongeon
Coordonnateur des communications
Carabins de l'Université de Montréal
514-343-6458