L'Orchestre de l'Université de Montréal explore le Nouveau Monde

  • Forum
  • Le 29 septembre 2015

  • Caroline Rodgers
Le chef de l’OUM, Jean-François Rivest en répétition avec les étudiants musiciens.

Le chef de l’OUM, Jean-François Rivest en répétition avec les étudiants musiciens.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

L’Orchestre de l’Université de Montréal inaugure sa saison avec la Symphonie du Nouveau Monde du Tchèque Antonìn Dvoràk, le 3 octobre prochain.

Pour son premier concert de la saison 2015-2016, présenté le 3 octobre, l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM) nous offrira une œuvre parmi les favorites du public : la 9e Symphonie «Du Nouveau Monde», du compositeur tchèque Antonín Dvořák.L'OUM explorera aussi l'imaginaire fantastique du Russe Alexandre Scriabine et les aurores boréales transposées musicalement par le Brésilien Gabriel Penido, lauréat du premier prix de composition 2014 de l'ensemble. Toute une odyssée en perspective!

D'entrée de jeu, Jean-François Rivest, chef et directeur artistique de l'OUM, ne tarit pas d'éloges sur la symphonie la plus populaire de Dvořák et ses nombreuses strates poétiques.

«Quand on l'entend, une perception initiale liée à ses mélodies glisse en nous des archétypes : les grands espaces, les Amérindiens, dit-il. Mais Dvořák n'a jamais vu ces grands espaces. Il est resté à New York, dont la vibration a été sa grande source d'inspiration. Je dirais même que ce bouillonnement de la ville l'a fait recourir à une composition basée sur des motifs très brefs, comme on en trouve aussi dans la Symphonie pastorale de Beethoven. L'œuvre a un côté descriptif qui frappe la mémoire collective et fait qu'on ne s'en lasse pas. Elle a aussi un côté mélancolique, car Dvořák s'ennuyait de sa patrie. Cette mélancolie s'est matérialisée à travers le magnifique mouvement lent et son solo de cor anglais, que tout le monde connaît.»

Les mélomanes sont familiarisés avec les points d'ancrage mélodiques et rythmiques de la SymphonieDu Nouveau Monde. Mais, pour les musiciens, l'œuvre présente des défis.

«Ce qui m'allume comme chef, spécialement dans le premier mouvement, c'est tout le paysage évoqué par les changements de tempo et l'évolution d'un thème à l'autre, ajoute le chef. C'est un bon défi pour l'Orchestre d'assurer la fluidité dans ces changements. Quand je me penche sur un style musical, j'aime consulter les spécialistes. J'ai beaucoup écouté les orchestres tchèques et les grands chefs tchèques comme Kubelík, Ančerl et Neumann. Leurs interprétations ont des points communs qui m'inspirent.»

Les univers de Scriabine et Penido

Deux autres pièces sont au programme du concert Le Nouveau Monde : le Concerto pour piano en fa dièse mineur, d'Alexandre Scriabine, et la création d'Aurora, de Gabriel Penido.

«Le concerto est une œuvre de jeunesse, Scriabine l'a composé à 24 ans, indique Jean-François Rivest. Il y a dans cette pièce un mélange de sentimentalité et d'attachement profond à la musique de Chopin, mais on voit en même temps que c'est parfaitement russe, et l'on entrevoit le Scriabine qui, plus tard, révolutionnera la musique. C'est un concerto peu joué, victime du marketing musical. Il ne fait pas partie des concertos qu'on entend sans cesse.»

L'OUM interprétera aussi Aurora, création de 10 minutes de Gabriel Penido, étudiant au doctorat en composition sous la direction de François-Hugues Leclair. Pour ce jeune homme de 28 ans d'origine brésilienne, le Nouveau Monde, c'est le Canada et ses réalités nordiques, dont le froid de l'hiver. Il dit s'être inspiré des aurores boréales pour composer sa pièce.

«Nous n'avons pas cela au Brésil, c'est vraiment propre au Nord, mentionne-t-il. Ma recherche porte sur la psychologie culturelle de la créativité, et il y a toujours une relation à faire avec le social dans le processus de composition. J'ai essayé de représenter cette réalité canadienne, cette lumière et ses mouvements par la musique, en utilisant tout l'orchestre», conclut celui dont l'œuvre lancera le concert de samedi.

Collaboration spéciale pour le Forum.

Concert Le Nouveau Monde

samedi 3 octobre à 19 h 30 
Salle Claude-Champagne 
Faculté de musique de l'Université de Montréal
220, avenue Vincent-D'Indy