Duo pour trombone et orchestre

Dina Gilbert et Guy Breton partagent l'amour de la musique.

Dina Gilbert et Guy Breton partagent l'amour de la musique.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

Chef assistante à l'Orchestre symphonique de Montréal, Dina Gilbert s'entretient avec le recteur Guy Breton pour la revue Les diplômés de l'Université de Montréal.

Après huit années d'études à la Faculté de musique, couronnées par un doctorat en direction d'orchestre, Dina Gilbert se retrouve en 2013 aux côtés de Kent Nagano comme chef assistante de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM). À 27 ans, elle devient la première femme à occuper ce poste. La discussion avec le recteur s'oriente naturellement vers la musique classique, une passion commune.

Sur la musique classique

GUY BRETON : J'ai joué du trombone pendant plus de 15 ans. J'ai adoré ça au point d'avoir été tenté par une carrière de musicien professionnel. J'ai choisi la médecine, mais la musique ne m'a jamais quitté. J'en écoute tout le temps en travaillant.

DINA GILBERT : Mon père a donné la chance à ses six filles d'apprendre le piano. Nous avions constamment de la musique à la maison, en Beauce. Mais je n'avais pas accès à des concerts symphoniques. La découverte s'est faite à l'adolescence. Un tout nouveau monde s'est présenté à moi. La musique classique est universelle, elle s'adresse à tous sans distinction. Mais il faut la rendre accessible dès le plus jeune âge.

G.B. : Je suis d'accord. Les jeunes de 20 ou 30 ans qui entrent en contact avec la musique classique se disent souvent : «Ce n'est pas pour moi. Je ne possède pas cette culture.» Les bébés, pourtant, réagissent positivement à la musique classique. En Allemagne et en Autriche, on amène les jeunes écouter toutes sortes de concerts.

D.G. : On y trouve même des maisons d'opéra dans de petites villes! C'est en essayant des mets inconnus qu'on développe ses goûts. Maestro Nagano le sait bien et il multiplie les occasions où le grand public peut «goûter» la musique classique avec des concerts extérieurs gratuits.

G.B. : Nous le faisons aussi à notre faculté de musique en offrant de nombreux concerts gratuits chaque année.

Sur le travail de direction

D.G. : Ce qui me pousse à monter sur un podium, devant des dizaines de musiciens d'expérience, c'est un amour très fort de la musique. Ce n'est pas naturel pour moi, qui suis plutôt introvertie. Mais, dès la seconde où j'agite ma baguette, mes craintes s'évanouissent. Je sais que je suis au bon endroit. Le fait d'être une femme ne m'a jamais empêchée d'être respectée dans ce milieu. Pour beaucoup de jeunes qui assistent aux concerts jeunesse de l'OSM, il s'agit de leur premier concert de musique classique. Que voient-ils sur le podium? Une femme chef d'orchestre. Ces jeunes vont grandir sans jamais penser qu'un chef d'orchestre doit être nécessairement un homme. C'est l'une de mes grandes fiertés.

G.B. : Une passion comme celle-là, ça se sent. Les gens vont suivre un ou une chef authentique, qui incarne les valeurs dans lesquelles ils croient.