Louis Beaulieu transplante ses engagements

Louis Beaulieu est passé de l’orthophonie à la gestion.

Louis Beaulieu est passé de l’orthophonie à la gestion.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

La générosité et la solidarité sont des valeurs dont le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, a hérité de ses parents.

Contribuer à sauver des vies et à améliorer le quotidien de gens malades est au cœur des trois décennies de carrière de Louis Beaulieu. À la tête de Transplant Québec depuis 2008, il a acquis l'esprit d'entraide dès son tout jeune âge.

En 1970, sa famille quitte Laval pour le Zaïre (aujourd'hui la république démocratique du Congo). Son père, Paul, souhaite mettre sur pied une coopérative de crédit sous les auspices du Mouvement Desjardins. En quatre ans, l'homme y fonde 52 caisses populaires, participant ainsi au développement socioéconomique de milliers de Zaïrois. Il faisait du microcrédit bien avant que ce terme existe ! «Ce séjour a teinté mon parcours par la suite, se rappelle Louis Beaulieu, qui avait cinq ans à son arrivée en Afrique. J'y ai appris le sens de la générosité, de la coopération, de la solidarité et de l'intégrité.»

Revenu au Québec, il obtient quelques années plus tard un baccalauréat général de l'Université Laval, avec mineure en psychologie, mineure en théâtre et blocs complémentaires en chimie et en langue espagnole. Puis, il décide d'entreprendre un autre baccalauréat, cette fois à l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal.

Objectif orthophonie

Pourquoi ce champ d'études? «Ma mère est l'une des premières Québécoises à avoir exercé la profession d'orthophoniste. Elle a obtenu sa maîtrise en 1958 dans ce qui était à l'époque le tout premier programme d'orthophonie au Canada», relate-t-il. Comme la formation combine la linguistique, la psychologie, l'apprentissage du langage et la physique, Louis Beaulieu y voit plusieurs ouvertures potentielles sur le plan professionnel.

Mais les études ne comblent pas son désir de s'engager. Il devient représentant externe de son association étudiante à la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAECUM), très active au milieu des années 80, tandis que le gouvernement veut permettre la facturation des frais afférents – une demande des universités. Il va jusqu'à occuper le bureau du recteur Gilles Cloutier, avec quelques autres étudiants. Mais l'entourage du recteur est rassuré par la présence de Louis Beaulieu : on lui fait confiance et l'occupation prend fin dans le calme!

Élu président du conseil central de la FAECUM en 1987, il siège également à l'Assemblée universitaire. Cela lui permet d'acquérir des habiletés politiques et d'apprendre à conduire efficacement des réunions, ce qui lui sera fort utile plus tard...

Le début de sa carrière n'est pas de tout repos. Il exerce sa profession d'orthophoniste à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, tout en présidant le conseil multidisciplinaire de l'établissement... et en poursuivant sa maîtrise en orthophonie-audiologie ! «C'est là que j'ai commencé à avoir des cheveux gris», rigole-t-il.

Sitôt ses études de deuxième cycle terminées, il s'active dans différents comités de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec. Son engagement est vite remarqué et la présidente, Renée Boisclair-Papillon, voit en lui son successeur. Quelques éminences grises l'encouragent à se présenter. En mai 1996, Louis Beaulieu – qui n'est âgé que de 30 ans – est élu par une seule voix de majorité. Il se plaît à dire que c'est le vote de sa mère, Édith, alors membre de l'Ordre, qui l'a fait gagner.

On doit former plus de professionnels

Aux commandes de l'Ordre, il multiplie les représentations gouvernementales grâce à son énergie et à ses relations. Le Québec connaît à ce moment-là une pénurie d'orthophonistes et d'audiologistes. On lui doit la création d'un nouveau programme en orthophonie et audiologie à l'Université Laval, puis d'un autre à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il effectue en outre des missions de recrutement en Belgique et parvient à attirer plus de 250 professionnels au Québec sur une période de 12 ans.

Parallèlement, il agit au sein du Conseil interprofessionnel du Québec et il en est le président de 2006 à 2008.

«La mission de protection du public d'un ordre professionnel est très apparentée au concept d'intérêt public et je suis heureux d'avoir pu élargir l'offre de service en orthophonie et en audiologie à des milliers de personnes qui en avaient besoin», dit-il avec fierté.

En 2008, il devient directeur général et secrétaire du conseil d'administration de Transplant Québec. Il a 43 ans et vient de recevoir le Prix de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec des mains de Germaine Huot, première directrice du programme d'orthophonie et d'audiologie de l'Université.