William Brock, philanthrope

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«Mes enfants ont encore un père grâce à la science», dit l’avocat spécialisé en droit des affaires William Brock. Il a créé un fonds de 2 millions de dollars pour la recherche sur le cancer.

Nous sommes en 2004. L'avocat William Brock, âgé de 49 ans, apprend qu'il est atteint d'une leucémie myéloïde aiguë, la même maladie qui, sept ans plus tôt, a emporté son père. L'homme n'avait survécu que quelques semaines au terrible diagnostic.

William Brock est convaincu que le même sort l'attend... Il se soumet à des traitements de chimiothérapie qui lui permettent de bénéficier d'une rémission de quelques mois. Mais la maladie progresse. Il doit absolument subir une greffe de moelle osseuse ou de cellules souches.

«Je cherchais le meilleur endroit dans le monde où je pourrais recevoir ma greffe, sans savoir qu'on possède un centre de pointe ici même, à Montréal. Dans les hôpitaux américains les plus réputés, on me faisait l'éloge des spécialistes de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont !» se souvient M. Brock.

C'est dans cet établissement affilié à l'Université de Montréal qu'il subit sa greffe de moelle osseuse provenant de son frère, Gordon. L'intervention est un succès. Pour William Brock, l'approche thérapeutique élaborée à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont est «un secret trop bien gardé» !

Un fonds et une chaire de recherche

Son séjour à l'hôpital montréalais permet à William Brock de réfléchir à sa vie et à ce qu'il souhaite en faire. Il décidera de se consacrer à la philanthropie en aidant l'établissement qui lui a permis de renaître.

En novembre 2006, il crée le Fonds William Brock en enseignement et recherche sur les cancers du sang à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Ce fonds est exclusivement consacré au financement de travaux innovateurs portant sur les cancers du sang et de la moelle osseuse, ainsi qu'à des bourses de recherche. Jusqu'à présent, M. Brock est parvenu à amasser plus de deux millions de dollars – incluant ses propres dons – en menant différents projets de collecte de fonds, dont deux voyages à vélo en Europe et son livre Portraits d'espoir.

Puis, au printemps dernier, il s'engage dans la création, avec sa conjointe, de la Chaire Maryse Bertrand et William Brock pour la recherche appliquée en greffe de cellules souches.

Cette chaire permettra aux chercheurs et médecins de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont de poursuivre leurs recherches de pointe sur les cellules souches au Centre d'excellence en thérapie cellulaire. Désireuse de recueillir de trois à cinq millions d'ici 10 ans, la Chaire visera à maintenir une infrastructure de recherche pour transférer auprès des patients l'expertise acquise en laboratoire et pour mettre au point de nouveaux traitements. C'est ce qu'on nomme de la recherche translationnelle.

Depuis quelques années, on assiste à une petite révolution dans le traitement de la leucémie. Les approches mises en œuvre par l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l'Université de Montréal et l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie font appel aux cellules souches, ce qui a eu pour effet d'élargir l'éventail des traitements et d'accroître considérablement les chances de survie des patients.

«Mes enfants ont un père grâce à la science et je me sens redevable aux scientifiques qui ont fait de la recherche sur la leucémie il y a 30 ou 40 ans. C'est à mon tour de contribuer aux efforts destinés à permettre aux générations futures de guérir de la leucémie : c'est important d'aider!» conclut celui qui est avocat spécialisé en droit des affaires et associé du cabinet Davies Ward Phillips & Vineberg, à Montréal.

Le diffuseur d'espoir

En 2012, William Brock a lancé le livre Portraits d'espoir, grâce à la collaboration de 50 patients inspirants ayant survécu à la leucémie. Il a lui-même pris leur photo dans son studio et recueilli leurs témoignages. Ce livre est donné aux patients en hématologie de l'Hôpital Maisonneuve- Rosemont et d'autres hôpitaux afin qu'ils gardent l'espoir de guérir.

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