1M$ pour trouver de la vie extraterrestre

L’équipe de l’iREx pense réussir à trouver une preuve de vie extraterrestre sur une exoplanète d’ici 10 ans.

L’équipe de l’iREx pense réussir à trouver une preuve de vie extraterrestre sur une exoplanète d’ici 10 ans.

Crédit : ESO/L. Calçada

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La Fondation Trottier a fait don d'un million de dollars à l'Institut de recherche sur les exoplanètes de l'Université de Montréal, dont le lancement a eu lieu aujourd'hui.

Les chercheurs de l'Université de Montréal sont déterminés à être les premiers à trouver de la vie ailleurs dans l'Univers et la Fondation Trottier les épaulera financièrement par un don d'un million de dollars sous forme de bourses de recherche. C'est au sein de l'Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx), récemment créé et dont le lancement a lieu aujourd'hui, que ces chercheurs mettront en commun leurs expertises respectives pour relever ce défi d'envergure, mais à portée de main.

«Cette volonté d'être les premiers n'a rien de fantaisiste ou d'exagéré, souligne René Doyon, professeur d'astrophysique à l'UdeM et directeur du nouvel institut. C'est notre équipe de recherche qui a été la première au monde, en 2008, à photographier un système de planètes hors de notre système solaire. Nous vivons une époque charnière de l'histoire de l'humanité, celle où la technologie devient apte à répondre à l'une des plus grandes questions qui soit : sommes-nous seuls dans l'Univers? À elle seule, cette question justifie cet investissement. Nous espérons que la Fondation Trottier en inspirera d'autres, car nous désirons récolter 15 millions de dollars pour mener à bien notre mission.»

Lorne Trottier, fondateur de la compagnie Matrox, se passionne depuis longtemps pour la conquête de l'espace. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers les chercheurs en astrophysique de l'UdeM, dont la recherche sur les exoplanètes est un créneau d'excellence.

Le don de la Fondation Trottier permettra de créer les bourses de recherche de l'IREx, qui ciblent tous les niveaux - du baccalauréat au postdoctorat - pour recruter les meilleurs chercheurs locaux et étrangers et ainsi consolider le positionnement de l'UdeM dans la recherche d'exoplanètes.

«Y a-t-il une plus grande aventure que celle de l'exploration de notre Univers? C'est, du moins, une aventure qui est à la hauteur de quelqu'un qui a contribué à transformer notre vie sur Terre par l'innovation technologique, souligne le recteur de l'UdeM, Guy Breton. La portée d'une telle découverte serait immense. La confirmation que nous ne sommes pas seuls dans l'Univers aurait des impacts sur tous les domaines du savoir, de la biologie à la philosophie. On parlerait alors d'une véritable révolution de la pensée humaine.»

René Doyon, professeur d'astrophysique à l'UdeM et directeur de l'iREx.

L'iREx, un institut en plein développement

L'iREx, a été mis sur pied à l'initiative de la Faculté des arts et des sciences de l'UdeM et compte actuellement plus d'une vingtaine de chercheurs. À maturité, on prévoit en recruter jusqu'à 50. Les chercheurs de l'IREx travaillent en étroite collaboration avec leurs collègues de l'Université McGill, ayant pour objectif de faire de la métropole un pôle mondial de la recherche sur les exoplanètes.

René Doyon, fondateur et directeur de l'iREx, mène des travaux de recherche sur le développement de l'instrumentation astronomique d'avant-garde pour divers observatoires, au sol et dans l'espace. Il participe aussi activement à divers programmes d'observation ciblant la recherche et la caractérisation des naines brunes, des exoplanètes et des étoiles jeunes de faible masse. Du côté instrumental, il mène divers projets d'instrumentation infrarouge (caméra et spectrographe) pour l'Observatoire du Mont-Mégantic. Il participe aussi au développement du Gemini Planet Imager, en opération depuis 2013.

René Doyon est le co-chercheur principal de SPIRou, un spectrographe infrarouge à haute résolution pour le télescope Canada-France-Hawaii, qui sera mis en opération en 2017. SPIRou est conçu pour détecter des planètes telluriques (semblables à la Terre) dans la zone «habitable» autour d'étoiles de faible masse du voisinage solaire. Il est aussi chercheur principal de NIRISS, l'un des 4 instruments scientifiques du télescope spatial James Webb, qui sondera l'atmosphère des exoplanètes.

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