Utiliser les consoles de jeux pour améliorer la rééducation physique

  • Forum
  • Le 20 octobre 2015

  • Martin LaSalle
Le Département de kinésiologie recourt aux technologies intelligentes pour améliorer l’équilibre postural.

Le Département de kinésiologie recourt aux technologies intelligentes pour améliorer l’équilibre postural.

Crédit : TeKPhy.

En 5 secondes

L'UdeM propose une formation en kinésiologie basée sur le recours aux consoles de jeux vidéos et aux applications mobiles pour améliorer la condition physique des utilisateurs.

Installée devant un capteur Kinect et sur deux plateformes Wii Balance Board, une personne blessée à une jambe effectue des accroupissements (squats) en recevant une rétroaction en simultané, qui l'aide à corriger ses mouvements pour faciliter sa rééducation physique.

C'est là un exemple qui s'ajoutera à la panoplie d'interventions dont disposent les physiothérapeutes, les thérapeutes en réadaptation et les kinésiologues, grâce à un projet de formation qui repose sur l'utilisation des technologies intelligentes à faible coût, telles les applications mobiles et les consoles de jeux vidéos actifs (Wii et Kinect).

Baptisé TeKPhy, ce projet d'intégration des technologies intelligentes en kinésiologie et en réadaptation physique vise à améliorer le traitement des patients et la prévention des blessures chez les athlètes. Il a été élaboré par le Département de kinésiologie de l'Université de Montréal ainsi que le Collège Dawson, le Cégep Marie-Victorin et le CHU Sainte-Justine dans le cadre du programme de collaboration universités-collèges du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Mis sur pied il y a deux ans, TeKPhy mise sur l'efficacité démontrée des applications mobiles et des consoles de jeux dans le mieux-être des utilisateurs, tant au chapitre de l'équilibre postural et de la mobilité articulaire qu'en matière de dépense énergétique.

«Nous avons analysé les avantages et les limites de ces technologies pour les adapter aux besoins des intervenants et des personnes traitées, notamment en concevant des outils qui permettent de paramétrer les mouvements et d'offrir une rétroaction», explique Mickael Begon, professeur au Département de kinésiologie et coresponsable du projet à l'UdeM, avec ses collègues Paul Allard et Marie-Ève Mathieu.

Un projet à portée pédagogique

Pas moins de 36 personnes ont gravité autour du projet TeKPhy depuis septembre 2013, dont des programmeurs, des kinésiologues, des physiothérapeutes, des thérapeutes de la réadaptation physique et de nombreux étudiants.

«À l'UdeM, le Laboratoire de simulation et modélisation du mouvement [S2M] a défini le contenu pour l'amélioration de l'équilibre postural et la mobilité articulaire, tandis que le laboratoire Activité physique et santé a travaillé sur l'aspect de la dépense énergétique», ajoute Ariane Crépeau-Rousseau, agente de recherche à S2M et coordonnatrice du projet TeKPhy.

Amélie Philibert.

Mickael Begon, professeur au Département de kinésiologie.

Actuellement, l'équipe s'affaire à produire des séances de formation continue et des capsules vidéos qui enrichiront les activités d'apprentissage des étudiants et des professionnels.

«TeKPhy est un projet à portée pédagogique, puisqu'il est destiné à mieux outiller les étudiants du collégial et ceux au baccalauréat quant au potentiel de la technologie dans nos interventions tout en leur donnant un avant-goût de la recherche», précise Mme Crépeau-Rousseau.

De fait, ce sont des étudiants qui ont établi les protocoles de validation des outils technologiques et procédé à la collecte des données. Ils ont aussi recruté les sujets, dessiné et testé les logiciels ainsi que tourné les capsules vidéos.

«De plus, les partenaires envisagent la possibilité de diffuser leur contenu auprès du grand public, notamment par l'entremise de formations en ligne sur le modèle des CLOM [cours en ligne ouverts aux masses]», conclut Ariane Crépeau-Rousseau.