Raymond Bachand reçoit l'Ordre du mérite

  • Forum
  • Le 22 octobre 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé
Raymond Bachand a reçu une longue ovation à la suite de son discours de remerciement.

Raymond Bachand a reçu une longue ovation à la suite de son discours de remerciement.

Crédit : Marie-Pierre Boisvert.

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L’ancien ministre des Finances du gouvernement du Québec, Raymond Bachand, a reçu la médaille de l’Ordre du mérite de l’Association des diplômés de l'Université de Montréal.

Le juriste, homme d'affaires et politicien Raymond Bachand a été décoré le 20 octobre de l'Ordre du mérite de l'Association des diplômés de l'Université de Montréal. «C'est pour moi un grand honneur, compte tenu de l'importance qu'a eue l'Université de Montréal dans ma vie et dans ma famille», a dit le lauréat dans un discours salué par une longue ovation. La cérémonie réunissait quelque 200 personnes dans le Hall d'honneur de l'UdeM.

M. Bachand, qui a obtenu une licence en droit en 1969, a «toujours trouvé le moyen d'être là où s'écrivait l'histoire», a indiqué le recteur, Guy Breton. Professeur à HEC Montréal pendant que le Québec inc. se mettait en place, il était dans l'entourage du premier ministre du Québec, René Lévesque, quand celui-ci a dirigé le camp du oui pour le référendum de 1980. Il est ensuite passé au monde des affaires avant de se lancer en politique active. Député de la circonscription d'Outremont de 2005 à 2013, il a été ministre des Finances et ministre du Revenu dans le gouvernement de Jean Charest.

Dans une vidéo hommage, l'ancien premier ministre libéral a parlé de son compagnon de route de façon élogieuse. «En mettant en œuvre des politiques originales et couronnées de succès alors que l'économie traversait une période difficile, il a été l'un des grands ministres des Finances d'Occident», a-t-il déclaré.

Sa prédécesseure à ce ministère, Monique Jérôme-Forget, présente à la cérémonie, ne tarissait pas d'éloges sur lui non plus. «Il a beaucoup apporté au gouvernement. Il possédait une excellente maîtrise de ses dossiers», estime-t-elle.

Le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, a loué, à son tour, les qualités du récipiendaire de l'Ordre du mérite. «Il s'agit d'un honneur bien mérité. Raymond est un personnage important de l'histoire du Québec.»

Pour l'Association des diplômés, Raymond Bachand répond à merveille aux critères d'attribution de l'Ordre : une carrière exceptionnelle, une contribution remarquable à la société et un apport particulier au rayonnement de l'Université de Montréal, comme l'a souligné la présidente de l'Association, Antonine Boily-Bousquet.

Quatre axes

M. Bachand a mentionné que sa carrière s'était construite autour de quatre axes : universitaire, affaires, politique et communautaire. Après un doctorat en administration des affaires à l'Université Harvard qui l'a mené à occuper un poste de professeur à HEC Montréal, il a travaillé pour des ministres provinciaux avant de se lancer dans le milieu des affaires. Il a été vice-président de Metro-Richelieu et de Culinar (où il aurait appris, dit-il, le «respect du client»), puis président-directeur général du Fonds de solidarité FTQ et de SECOR. Il est aujourd'hui conseiller stratégique à Norton Rose Fulbright et siège à plusieurs conseils d'administration.

Avec l'ancien premier ministre québécois Pierre Marc Johnson, qui s'est aussi réjoui de l'honneur qui revient à son ami, Raymond Bachand a fondé Oxfam-Québec. «Pierre Marc et moi nous sommes connus à la Faculté de droit de l'Université de Montréal. C'est également à l'université que j'ai connu Micheline», a raconté M. Bachand, ému.

Il a tenu à exprimer sa reconnaissance à sa femme, Micheline, qui partage sa vie depuis 39 ans, à ses trois enfants, Thomas, Marie-Hélène et Stéphanie, et à son frère, Jean-Claude, dont la carrière accompagne la sienne depuis plusieurs décennies.

M. Bachand a rappelé que son père, André (1917-2010), était aussi très attaché à l'Université de Montréal, à laquelle il a consacré 30 ans de sa vie. C'est lui qui a créé, en 1962, le Fonds de développement, devenu le Bureau du développement et des relations avec les diplômés. Le Fonds André-Bachand, constitué l'année de son décès, a remis ses premières bourses d'études récemment.