Première mondiale en cancers pédiatriques au CHU Sainte-Justine

Le CHU Ste-Justine ouvre de nouvelles voies en cancer pédiatrique.

Le CHU Ste-Justine ouvre de nouvelles voies en cancer pédiatrique.

Crédit : Thinkstock.

En 5 secondes

Étude clinique effectuée auprès de patients en impasse thérapeutique.

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, affilié à l'Université de Montréal, lance sa première étude clinique en cancer pédiatrique dont il est l'initiateur.

Il s'agit aussi de la première étude DEC-GEN à être menée dans le monde auprès d'enfants atteints de tumeurs solides ou d'une leucémie réfractaire ou récidivante. Conçue au CHU Sainte-Justine par les chercheurs principaux Dr Noël Raynal et Dr Henrique Bittencourt, tous deux professeurs à l'Université de Montréal, l'étude DEC-GEN vise à évaluer l'efficacité pédiatrique de l'administration combinée de médicaments, la décitabine et la génistéine, déjà utilisés individuellement dans le traitement des cancers. Cette thérapie combinée, développée par l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), donne un espoir de survie, de guérison et d'amélioration de la qualité de vie aux 20 % d'enfants qui ne répondent pas aux traitements conventionnels. L'étude DEC-GEN est subventionnée par Gateway for Cancer Research et par ses partenaires pharmaceutiques, Pharmascience et DSM Nutritional Products, qui à titre gracieux, fournissent respectivement la décitabine et la génistéine pour toute la durée de l'étude. L'étude DEC-GEN est réalisée en collaboration avec l'INRS.

L'approche novatrice de l'étude DEC-GEN réside dans l'action épigénétique des deux médicaments qu'elle utilise en combinaison, à savoir la décitabine, utilisée pour traiter les leucémies aiguës, et la génistéine, une isoflavone naturelle présente dans le soya. Les deux molécules agissent en synergie pour reprogrammer les cellules cancéreuses et en stopper la progression, plus précisément en ciblant des altérations épigénétiques telles que l'hyperméthylation de l'ADN, laquelle réprime les gènes suppresseurs de tumeurs.

«La combinaison DEC-GEN est nettement moins toxique que les thérapies conventionnelles, car la synergie des deux molécules réduit la dose nécessaire à l'efficacité du traitement», explique Noël Raynal, qui s'appuie sur les résultats préliminaires d'un essai clinique qui a été réalisé auprès de patients atteints de tumeurs solides suivis à l'hôpital Notre-Dame du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), pour le compte de l'INRS et en étroite collaboration avec Pharmascience et DSM Nutritional Products.

La première année, la phase I de l'étude sera menée au CHU Sainte-Justine auprès de quelque 12 patients âgés de 2 ans à 20 ans en situation d'impasse thérapeutique pour évaluer l'effet d'une administration à doses progressives du traitement sur les facteurs biologiques – notamment la méthylation de l'ADN – et vérifier les paramètres pharmacocinétiques et pharmacogénétiques. Une fois la dose optimale établie, celle-ci sera mise à l'essai durant la phase II dans d'autres centres d'oncologie pédiatrique au Canada. Au total, nous espérons traiter 24 patients dans le cadre de l'étude.

Outre l'obtention de bienfaits cliniques recherchés et attendus évidents pour les patients, les chercheurs sont confiants que leurs travaux permettront d'élargir les horizons de la recherche de traitements contre le cancer à d'autres combinaisons de médicaments épigénétiques.

Au sujet des chercheurs

Dr Noël Raynal est chercheur principal au CHU Sainte-Justine et professeur-chercheur adjoint au Département de pharmacologie de l'Université de Montréal. Dr Henrique Bittencourt est hématologue-oncologue et chercheur au CHU Sainte-Justine et professeur adjoint de clinique au Département de pédiatrie de l'Université de Montréal.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l'Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d'avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 cliniciens, ainsi que 360 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. 

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