Jean-Claude Tardif reçoit le Prix du conférencier émérite en sciences cardiovasculaires de l'ISCR

Dr Jean-Claude Tardif.

Dr Jean-Claude Tardif.

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Jean-Claude Tardif honoré au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire.

Les maladies cardiovasculaires sont la plus importante cause de mortalité dans le monde. «Pour mettre un frein à l'athérosclérose, il faudra recourir à une approche à volets multiples ciblant le cholestérol LDL, les lipoprotéines de haute densité (HDL) et possiblement l'inflammation», a déclaré le Dr Jean-Claude Tardif, au moment de recevoir le Prix du conférencier émérite en sciences cardiovasculaires de l'ISCR des Instituts de recherche en santé du Canada.

Le Dr Tardif est directeur du Centre de recherche famille Desmarais de l'Institut de cardiologie de Montréal, professeur de médecine à l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en médecine translationnelle et personnalisée. Ce prix lui a été remis au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire, qui réunit des milliers de délégués.

«La médecine de précision transformera notre approche envers les patients en nous éloignant de la pratique uniforme pour tous à mesure que nous comprendrons mieux les bases génétiques et moléculaires des maladies cardiovasculaires. Les divers profils génétiques des patients font qu'un même médicament sera très utile chez certains, mais se révélera inefficace, voire dangereux, chez d'autres», a renchéri le Dr Tardif. Un exemple ayant fait l'objet d'une discussion est le dalcetrapib. En effet, son équipe de l'Institut de cardiologie de Montréal a montré que le dalcetrapib pourrait réduire la fréquence de problèmes cardiovasculaires majeurs de 39 % et entraînerait la régression de l'athérosclérose chez les patients ayant un profil génétique précis (génotype AA pour le rs1967309 dans le gène adenylate cyclase 9). Or, ces avantages potentiels considérables semblent être dus à un important accroissement de l'efflux de cholestérol des globules blancs et à une réduction significative de la protéine C réactive (un marqueur d'inflammation), qui se produisent seulement chez les patients «AA» lorsqu'ils sont traités par dalcetrapib.

L'étude Dal-Gene, pour laquelle doivent être recrutés 5000 patients «AA» présentant un syndrome coronarien aigu récent, possède l'extraordinaire potentiel de mener à la première thérapie cardiovasculaire personnalisée pour les maladies cardiovasculaires athérosclérotiques grâce à un traitement par dalcetrapib basé sur la pharmacogénomique.