Quels monstres hantent nos cauchemars?

  • Forum
  • Le 29 octobre 2015

  • Dominique Nancy
L’agression ou le risque d’agression participe à l’émotion de peur. Ici, le message est clair: Rien ne sert de crier, je te tuerai!

L’agression ou le risque d’agression participe à l’émotion de peur. Ici, le message est clair: Rien ne sert de crier, je te tuerai!

Crédit : Thinkstock

En 5 secondes

Les études du professeur Antonio Zadra ont révélé un panorama d’émotions et de thématiques qui hantent nos cauchemars.

Quels monstres hantent nos cauchemars? Cela dépend du type de «mauvais rêve» qu’on fait, selon Antonio Zadra, spécialiste international des rêves et du somnambulisme qui enseigne au Département de psychologie de l’Université de Montréal. «Les forces maléfiques et les créatures diaboliques sont le thème le plus récurrent des pires cauchemars. Poursuites et agressions viennent ensuite», dit le chercheur.

L’éventail des contenus de ces rêves intenses est beaucoup plus restreint que celui des cauchemars idiopathiques (sans cause pathologique sous-jacente), qui touchent environ cinq pour cent de la population adulte. «Qu’est-ce qu’un cauchemar? C’est un mauvais rêve qui vous réveille», répond M. Zadra. Autres distinctions: l’intensité émotionnelle ressentie dans les cauchemars a une portée affective plus grande et le tiers de leurs contenus est dominé par une émotion autre que la peur. On éprouve plutôt de la tristesse, de la culpabilité, du dégoût, un sentiment d’impuissance…

À partir de l’étude de milliers de récits oniriques récoltés au fil des ans, le professeur Zadra a révélé un panorama d’émotions et de thématiques qui hantent les cauchemars usuels. Les démons et mauvais esprits n’y sont présents que dans 11 % des cas tout comme les poursuites, surtout associées aux mauvais rêves des jeunes enfants. «Le cauchemar le plus fréquent est celui dans lequel on subit une agression physique, indique M. Zadra. La mort et la maladie sont aussi des thèmes courants.»

Mais hommes et femmes ne rêvent généralement pas des mêmes choses. Madame, qui rapporte faire plus de cauchemars, vivra toutes sortes de conflits interpersonnels alors que monsieur sera victime d’accidents ou se battra, souvent seul, contre des catastrophes naturelles et les agresseurs qui le poursuivent. Ces rêves prennent la forme de trames narratives stéréotypées semblables aux films d’Hollywood, avec des scènes centrées sur l’action et d’autres où la dimension affective est plus saillante.

Plus surprenant encore, mais cohérent avec l’idée que ce n’est pas seulement la peur qui réveillerait le dormeur mais l’intensité émotionnelle, chacun possède dans les bras de Morphée son propre seuil de tolérance émotive. «La majorité des gens se réveillent juste avant le dénouement, lorsque l’ennemi va les tuer par exemple, parce que l’issue est négative et que le seuil de tolérance a été dépassé, explique le professeur Zadra. Mais d’autres vont aller jusqu’à vivre l’expérience de leur propre mort.»

De quoi donner une belle frousse et troubler le sommeil!

Les 10 thèmes récurrents de nos cauchemars

  1. Les agressions physiques, 49 %
  2. Les conflits interpersonnels, 21 %
  3. Le sentiment d’échec et d’impuissance, 16 %
  4. Les forces maléfiques, 11 %
  5. L’impression d’être poursuivi, 11 %
  6. Les accidents, 9 %
  7. L’angoisse, 9 %
  8. La maladie, la mort, 9 %
  9. Les insectes, 7 %
  10. Les catastrophes naturelles, 5 %