L'Université de Montréal s'illustre aux Prix du Québec

  • Forum
  • Le 3 novembre 2015

  • Dominique Nancy, Mathieu-Robert Sauvé

En 5 secondes

Marcel Boyer, Michel Chrétien et Pierre Demers obtiennent un Prix du Québec.

Les professeurs émérites Marcel Boyer et Michel Chrétien ainsi que le professeur retraité Pierre Demers ont obtenu un Prix du Québec, la distinction la plus prestigieuse accordée par le gouvernement du Québec pour souligner une carrière et une contribution exceptionnelles dans une discipline.

L'économiste Marcel Boyer obtient le prix Léon-Gérin

Ce dont rêvait ce fils de commissaire d'école de Saint-Jérôme, c'était de devenir missionnaire, puis professeur de lettres ou de philosophie. Mais un cours d'économie du développement au séminaire de Sainte-Thérèse l'enthousiasme tant qu'il s'inscrit en 1964 au programme de sciences économiques de l'Université de Montréal, où il obtient quatre ans plus tard un diplôme de maîtrise.

«L'économique est l'étude des mécanismes de coordination, de motivation, de spécialisation, de réglementation, de gestion et d'échange qui conditionnent et concrétisent le développement de l'intelligence collective au sein de l'espèce humaine. Ce développement repose sur l'amélioration des mécanismes, elle-même tributaire d'une meilleure compréhension des comportements humains», explique Marcel Boyer. L'auteur du Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle recevra le 18 novembre le prix Léon-Gérin. Ce prix, du nom du premier sociologue québécois, est la plus haute distinction attribuée par le gouvernement du Québec en sciences humaines et sociales. Depuis 30 ans, deux autres économistes et professeurs de l'UdeM, Marcel Dagenais et Jean-Marie Dufour, ont reçu cette récompense.

«Je suis très honoré d'être le lauréat 2015 du prix Léon-Gérin étant donné le nombre élevé de chercheurs de haut niveau au Québec en sciences humaines et sociales qui auraient aussi mérité d'être choisis cette année. Un grand merci à tous les collègues, avec qui je veux partager ce prix», a confié à Forum M. Boyer.

L'économiste de renom international est volubile quand il évoque les professeurs qui l'ont marqué, à commencer par Marcel Dagenais, qui fut le directeur de son mémoire consacré à un modèle de programmation linéaire du choix des investissements hydroélectriques. «Le Département de sciences économiques comptait également plusieurs autres économistes qui ont laissé leur marque», raconte-t-il en se rappelant ses années d'études à l'Université de Montréal.

Visionnaire pragmatique, Marcel Boyer a contribué de façon exceptionnelle à rapprocher le monde de la recherche universitaire en sciences économiques de celui de la pratique. Ses travaux appliqués ont d'ailleurs grandement concouru à l'avancement des connaissances dans les secteurs concernés. «L'œuvre de Marcel Boyer est exemplaire par la diversité des problèmes sociétaux dont on voit se dessiner les solutions à la lumière d'analyses directement issues de ses travaux. Il est parmi les économistes certainement celui à qui le Québec est le plus redevable», estime le professeur Michel Moreaux, de l'École d'économie de Toulouse.

Valorisation des droits d'auteur

Engagé à titre de professeur par le Département de sciences économiques de l'Université de Montréal en 1974 ‒ après avoir fait un doctorat à l'Université Carnegie-Mellon à Pittsburgh sous la direction du professeur Robert E. Lucas Jr, lauréat du prix Nobel d'économie en 1995 et à qui l'UdeM a décerné en 1998 un doctorat honoris causa ‒, Marcel Boyer est un précurseur de l'analyse des options réelles en évaluation des investissements dans les contextes de concurrence stratégique. Il est aussi reconnu pour ses travaux en économie de l'information et pour ses réalisations dans les domaines de l'économie et de l'économétrie de la sécurité routière et de l'assurance automobile. Sa contribution à l'analyse économique du droit (valorisation des droits d'auteur, responsabilité environnementale, pratiques anticoncurrentielles) est fondamentale de même qu'à la progression des connaissances dans les domaines de la finance, de l'économie industrielle, de l'analyse économique des organisations, de la gestion de l'eau et du partage des coûts ainsi que de la tarification des infrastructures communes.

Chercheur au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, dont il est cofondateur, directeur du Département de sciences économiques de 1983 à 1989 et titulaire de la Chaire Jarislowsky-CRSH/CRSNG en technologie et concurrence internationale à Polytechnique Montréal de 1992 à 2000 et de la Chaire Bell Canada en économie industrielle de l'UdeM de 2002 à 2008, M. Boyer a agi comme économiste expert auprès d'entreprises et d'organismes gouvernementaux tant au Canada qu'à l'étranger. Il a apporté une collaboration essentielle aux débats sur les politiques publiques au Québec.

Ses travaux lui ont valu de très nombreux prix et honneurs au fil de sa carrière, dont le prix Marcel-Dagenais (1985), l'Endowment-for-the-Future Distinguished Scholar Award de l'Université de l'Alberta (1988), le prix Marcel-Vincent de l'Acfas (2002) et la médaille Guillaume-Budé, que lui a remise le Collège de France en 2005. Il est entré en 1992 à la Société royale du Canada et a été élu membre honoraire de l'Association canadienne d'économique en 2013 et membre honoraire de l'Association française des économistes de l'environnement et des ressources naturelles en 2014.

Apprécié par ses étudiants, ses collègues et amis pour sa générosité, sa rigueur et son sens de l'humour, Marcel Boyer est reconnu comme un grand amateur de hockey, un sport que l'économiste de 72 ans pratique encore deux fois par semaine. «J'ai joué pendant 42 ans dans des ligues de garage. Lors de ma retraite de la Ligue exécutive de Mont-Royal, on a retiré mon chandail numéro 9. C'est la première fois en 42 ans d'existence de la Ligue qu'un chandail était retiré. C'est peut-être cela qui a impressionné le jury du prix Léon-Gérin», a-t-il dit amusé.

Le style, c'est l'homme.

L'endocrinologue Michel Chrétien obtient le prix Wilder-Penfield

Pionnier de la théorie des prohormones, l'endocrinologue Michel Chrétien a consacré sa carrière aux sciences biomédicales. Il a jeté les bases d'un chapitre moderne de la biologie et apporté une lumière nouvelle sur les causes de plusieurs maladies, ce qui a permis de mettre au point des thérapies révolutionnaires.

Diplômé de l'Université de Montréal et professeur à la Faculté de médecine pendant 25 ans, le lauréat du prix Wilder-Penfield a l'intuition qu'une meilleure connaissance de la chimie des hormones ferait de lui un endocrinologue plus compétent. Il entreprend donc des études aux cycles supérieurs dans des universités étrangères de renom, dont l'Université Harvard et l'Université de Californie à Berkeley. C'est en 1967, alors qu'il est assistant de recherche à Berkeley, qu'il propose la théorie des prohormones. Quarante-huit ans plus tard, sa théorie continue d'atteindre de nouveaux sommets.

Michel Chrétien

«Ce paradigme est devenu le thème central de mes recherches et m'a dirigé vers des horizons inattendus en sciences de base et cliniques», résume M. Chrétien.

En 1990, à la tête d'une équipe de chercheurs, Michel Chrétien découvre des enzymes aux applications dans des champs aussi variés que le diabète, l'obésité, le cancer, les infections et le métabolisme du cholestérol.

Un parcours exemplaire

Sans négliger ses activités de recherche, le Dr Chrétien prend une part active à la vie universitaire québécoise, canadienne et internationale. Il a été directeur scientifique de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) pendant 10 ans. Parallèlement, il a enseigné la médecine à l'Université de Montréal jusqu'à la fin des années 90. Il est actuellement chercheur émérite à l'IRCM et à l'Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa.

Avec un réseau composé de 250 scientifiques originaires de 40 pays, le Dr Chrétien cofonde en 2004 le Consortium international sur les thérapies antivirales, une organisation vouée à la découverte de nouvelles thérapies accessibles à tous sans égard aux frontières et aux considérations tant géopolitiques qu'économiques. Au fil des ans, il noue des relations avec plusieurs instituts chinois, travail de longue haleine qui lui a valu une nomination à titre de professeur émérite de l'Académie chinoise des sciences médicales.

Chercheur estimé, Michel Chrétien est invité à prononcer des conférences aux quatre coins du monde, de l'Amérique du Nord à l'Asie en passant par l'Europe. Sa production scientifique a également de quoi surprendre : septième Canadien le plus cité dans la littérature scientifique mondiale de 1981 à 1990, il a à son actif près de 600 articles parus dans les revues savantes.

Vers le milieu des années 70, le Dr Chrétien prépare pour le ministre de la Santé du Québec un mémoire qui prône la création, par le Fonds de recherche du Québec en santé, d'un programme de chercheurs-boursiers. Aujourd'hui, ce programme phare accueille près de 400 lauréats annuellement.

Puis, en 1986, en réponse à l'invitation de la Société royale du Canada, il accepte la présidence d'une commission formée pour évaluer les ravages de l'épidémie du sida. Secondé par une trentaine d'experts de diverses disciplines, il produit un rapport contenant 48 recommandations, qui ont progressivement été adoptées par les différents ordres de gouvernement.

La qualité et la portée des travaux de Michel Chrétien lui ont valu de nombreux honneurs scientifiques. Élu officier de l'Ordre national du Québec et de l'Ordre du Canada, il a récemment été promu officier de l'ordre national de la Légion d'honneur de la République française. À ces nominations s'ajoutent de multiples distinctions et cinq doctorats honorifiques, dont un de la prestigieuse Université Paris Descartes. Fait notable, il est aussi le premier médecin canadien-français à avoir été désigné fellow de la Société royale de Londres, l'une des plus hautes récompenses pour un scientifique, toutes disciplines confondues.

Encore très actif à l'aube de ses 80 ans, le clinicien-chercheur, dont le processus de réflexion ne s'interrompt jamais, codirige une petite équipe à l'IRCM. Celle-ci concentre ses travaux dans des domaines d'intérêt, comme la génétique humaine, les maladies cardiovasculaires, la maladie d'Alzheimer, la malaria et le virus Ebola.

C'est dire à quel point Michel Chrétien, modèle de persévérance dont l'œuvre engagée suscite l'admiration, continue à jouer un rôle important dans le paysage canadien et québécois de la recherche, exerçant une influence internationale qui se conjugue aisément au passé, au présent et au futur.

Le physicien Pierre Demers remporte le prix Marie-Victorin

Le physicien Pierre Demers, qui célébrera le 8 novembre son 101e anniversaire, reçoit le prix Marie-Victorin 2015. C'est pour lui un «honneur» qui marque une «belle reconnaissance venant des pairs», a-t-il fait savoir à Forum. C'est la deuxième récompense en un mois pour l'homme de science et grand défenseur de la langue française à qui la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a décerné le Prix des sciences Léon-Lortie 2015.

M. Demers a bien connu les deux hommes qui ont laissé leur nom à ces prix prestigieux. Le frère Marie-Victorin lui a appris la botanique dans les années 30 et Léon Lortie, historien et chimiste, a été son collègue à l'Université de Montréal pendant plusieurs années.

Né en Europe en 1914, Pierre Demers rentre au Québec avec ses parents dans les années 20. Il termine son cours classique en 1933 au collège Jean-de-Brébeuf. Il fait alors la connaissance du frère des Écoles chrétiennes, qui lui montre comment identifier les plantes. Les deux hommes resteront en contact jusqu'à la mort du botaniste, en 1945.

Le physicien Pierre Demers

«Mon père récoltait des plantes et en apportait des sacs pleins à l'Institut botanique. C'était bien avant qu'il décide de devenir physicien», relate son fils Joël, qui vient de mettre la dernière main à un documentaire d'une heure sur son père. Ce film sera projeté en première mondiale au Jardin botanique de Montréal le 7 novembre.

La carrière de Pierre Demers a été marquée par les grands moments de l'histoire du 20e siècle. Venu au monde au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il fait ses études universitaires de premier cycle à la Faculté des sciences de l'UdeM, où il obtient des licences en physique et en mathématiques, puis une maîtrise en chimie. Il retourne ensuite en France et devient le premier étranger à obtenir le titre d'agrégé de l'Université de France en sciences physiques. Il entre par la suite au Collège de France pour travailler avec Frédéric Joliot-Curie, le gendre de Marie Skłodowska et Pierre Curie. C'est l'arrivée des Allemands, en 1940, qui le ramène au Canada. Il est mobilisé par les forces alliées pour travailler au projet Manhattan sur les lieux mêmes de l'Université de Montréal dans un laboratoire secret. Son rôle dans la mise au point de la bombe atomique est difficile à évaluer mais il ne fait pas de doute.

Après la guerre, il entreprendra des études aux États-Unis tout en enseignant la physique à l'UdeM. Hubert Reeves est un de ses anciens étudiants. Dans une entrevue à Forum en 2009, M. Reeves a raconté que son professeur avait regroupé des étudiants pour lancer dans le ciel montréalais un ballon-sonde muni d'une plaque photographique afin d'étudier le rayonnement cosmique. «Je me rappelle tout le bonheur que j'ai eu à participer à cette expérience. C'était la première fois que je réalisais que j'avais envie de consacrer ma vie à la recherche scientifique.» Même si le ballon s'est perdu dans la stratosphère et qu'on l'a retrouvé une centaine de kilomètres à l'est, dans un lac, les plaques photographiques inutilisables, l'excitation de la découverte avait fait son effet.

Le français, langue de science

En 2012, M. Demers a été fait membre émérite de l'Association francophone pour le savoir (Acfas). Le physicien, véritable apôtre de la francisation de la science, n'a manqué aucun des congrès de l'organisme depuis 1933.

Le 31 août dernier, dans les pages du Devoir, M. Demers invitait les chercheurs québécois à «faire plus d'efforts pour leur langue». Si la langue française subsiste grâce aux travaux de vulgarisation scientifique, un «défaut d'intérêt chez les chercheurs entraîne un manque de publications scientifiques récentes dans la langue de Molière», déclarait-il. La journaliste Laura Pelletier rapportait que «seulement 0,5 % des publications scientifiques des chercheurs québécois dans des revues internationales ont été faites en français dans le domaine des sciences naturelles et médicales et 9,4 % en sciences humaines et sociales», selon les travaux de Vincent Larivière, de l'Université de Montréal.

Pierre Demers s'inscrit dans la même lignée de pensée que le frère Marie-Victorin qui, lui aussi, s'était donné pour mission de promouvoir la langue française, comme en témoigne la création de l'Acfas. «Marie-Victorin a été une inspiration pour moi, a-t-il tenu à dire aux lecteurs de Forum. Il m'a beaucoup séduit, car il connaissait admirablement sa flore, la flore québécoise, avait des idées politiques et s'intéressait à l'avenir du Québec.»

Deux diplômés sont honorés

Benoît Lévesque remporte le prix Marie-Andrée-Bertrand

Benoît Lévesque, diplômé de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal, a remporté le prix Marie-Andrée Bertrand pour l'innovation sociale. Homme d'esprit, de cœur et d'action, il est grandement apprécié de la communauté des sciences sociales pour ses recherches et ses initiatives qui ont contribué à la définition de nouvelles notions scientifiques en innovation sociale et en économie sociale.

Dès l'école primaire, il développe son autonomie et sa créativité : «C'est là que j'ai pris goût aux études et que j'ai compris que c'était par l'éducation qu'on pouvait améliorer son sort et aider les autres», mentionne-t-il.

Au début des années 80, lorsque le concept d'innovation sociale voit le jour, Benoît Lévesque est le premier chercheur québécois à proposer, avec un collègue, une définition, une problématique et une programmation de recherche qui relient l'innovation aux transformations sociales.

C'est en 1986 qu'il cofonde la première organisation spécialisée dans l'étude de l'innovation sociale au Canada, le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), dont il assumera la direction jusqu'en 2002. Si le Centre bénéficie aujourd'hui d'une renommée internationale, c'est en grande partie grâce à M. Lévesque. En associant innovation et transformation sociale, il l'a doté d'une caractéristique qui le distingue des autres centres spécialisés en innovation dans le monde.

L'homme de science est également un citoyen engagé qui s'intéresse aux débats et aux bouleversements économiques de la société, comme en témoigne notamment sa participation aux mouvements coopératif, communautaire et syndical. En 2001, il intervient, en collaboration avec le Chantier de l'économie sociale, en faveur de l'inclusion de l'innovation sociale dans la politique québécoise de la science et de l'innovation.

Par leurs recherches sur les innovations sociales, l'économie sociale et l'économie publique, réalisées dans la perspective de la sociologie économique, Benoît Lévesque et ses collègues du CRISES ont concouru à transformer le modèle québécois et à le faire connaître dans le monde.

Plusieurs prix et récompenses jalonnent la carrière de M. Lévesque. Ce qui le rend le plus fier, c'est l'appréciation de ses pairs, dont celle de Michel Blondin : «Je veux souligner particulièrement le soutien et l'intérêt de Benoît Lévesque, un de nos plus grands savants au Québec dans le domaine des sciences sociales», évoque ce pionnier de l'animation sociale dans son dernier ouvrage.

Benoît Lévesque est actuellement professeur émérite à l'Université du Québec à Montréal et professeur associé à l'École nationale d'administration publique. Il continue de prendre une part active à la culture philanthropique québécoise et d'inspirer une nouvelle génération de chercheurs en économie sociale et en innovation sociale.

Patrick Paultre remporte le prix Armand-Frappier

Scientifique novateur, administrateur de talent et ingénieur chevronné, Patrick Paultre a participé de multiples façons à l'essor du génie parasismique et à l'étude de la dynamique des structures. Son rôle de chef de file dans la création de centres de recherche très performants a eu des retombées socioéconomiques d'une grande importance pour le Québec.

À Polytechnique Montréal, Patrick Paultre obtient une maîtrise en sciences appliquées. Il effectue son doctorat à l'Université McGill. Par la suite, il accepte un poste de professeur titulaire au Département de génie civil de l'Université de Sherbrooke; il y est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie parasismique depuis 2002.

Parallèlement à ses activités d'enseignement, M. Paultre fonde le Centre d'études interuniversitaire des structures sous charges extrêmes (CEISCE). Y sont réunis presque tous les professeurs et chercheurs en structures de six universités québécoises. Sous la direction du scientifique, le CEISCE devient un véritable réseau qui permet l'éclosion d'une force en recherche incontournable pour le Québec. Le Centre est assurément l'une de ses principales réalisations et ce pour quoi il reçoit le prix Armand-Frappier.

Les travaux de Patrick Paultre ont de nombreuses incidences en ingénierie de pointe. Avec son équipe, il mène des campagnes d'essais d'envergure sur le comportement dynamique des barrages au Québec et en Europe. Quand on connaît l'importance majeure de l'hydroélectricité et de la construction de grands barrages au Québec, on peut aisément mesurer les répercussions économiques de ces travaux.

Le bâtisseur a contribué de manière unique à la reconstruction de son pays d'origine, durement touché par un terrible tremblement de terre en 2010. Humaniste dans l'âme, il a rapidement mobilisé des appuis afin d'assurer le développement d'une expertise locale en génie parasismique. Cette action revêt plusieurs formes, dont la formation d'ingénieurs civils haïtiens.

Également, M. Paultre a fondé l'Association haïtienne du génie parasismique, qui consacre ses activités à la formation, à la recherche et à l'élaboration de normes de construction.

La contribution de Patrick Paultre à l'avancement de sa discipline et son rôle de chef de file dans l'établissement de structures de recherche de calibre international sont remarquables, et l'homme l'est tout autant.