Le BRAMS fait chanter les cerveaux depuis 10 ans

  • Forum
  • Le 5 novembre 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé
Les recherches que mène Isabelle Peretz depuis 10 ans sur les liens entre le cerveau, la musique et le son suscitent un grand intérêt.

Les recherches que mène Isabelle Peretz depuis 10 ans sur les liens entre le cerveau, la musique et le son suscitent un grand intérêt.

Crédit : Christian Fleury

En 5 secondes

Le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) a 10 ans. Isabelle Peretz, sa cofondatrice, nous parle de son avenir.

«La musique garde les bébés calmes plus longtemps», annonçait le site de TVA Nouvelles le 28 octobre, reprenant une recherche d'Isabelle Peretz et de son équipe du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (mieux connu sous l'abréviation anglaise BRAMS). Des dizaines de réseaux d'information ont relayé le résultat de l'étude menée à l'Université de Montréal, qui a fait l'objet d'un communiqué du Bureau des communications et des relations publiques.

«Cette recherche démontre de façon empirique ce qu'on savait déjà, soit qu'il vaut mieux chanter que parler aux nourrissons», s'amuse la spécialiste de la perception musicale. Comme d'habitude, elle s'est prêtée de bonne grâce aux entrevues qui ont accompagné la sortie de son étude, réalisée en collaboration avec les étudiantes Mariève Corbeil et Sandra Trehub.

Difficile de connaître d'avance les travaux effectués dans son laboratoire qui feront l'objet d'un engouement des médias, car des dizaines d'études, annuellement, y sont produites. Quelques-unes, comme celle-ci, font littéralement le tour du monde, puisqu'elles sont citées jusqu'en Europe et même en Asie.

Ce rayonnement médiatique n'est que la pointe visible de l'iceberg, puisque le BRAMS, qui a fêté en octobre sa première décennie d'existence, est d'abord un centre de recherche interdisciplinaire voué à la production de connaissances avec une vocation pédagogique. Sa particularité est d'être administré par deux établissements, soit l'Université de Montréal et l'Université McGill, et ce, depuis sa création. «Lorsque j'ai fondé le groupe, en 2005, avec Robert Zatorre, de l'Université McGill, nous sommes venus à la conclusion qu'il valait mieux conserver les deux identités. Nous ne l'avons jamais regretté», affirme Mme Peretz, dont la contribution scientifique vient d'être pleinement reconnue par ses pairs, qui lui ont remis le prix d'excellence du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies.

BRAMS - Laboratoire International de recherche sur le cerveau, la musique et le son
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Un colloque à l'image des chercheurs

Le colloque anniversaire des 22 et 23 octobre a constitué un moment extraordinaire sur tous les plans, selon la professeure Peretz. D'abord, l'affluence a été beaucoup plus grande que prévu; on a compté jusqu'à 500 personnes dans la salle. Le coup de cœur de la neuropsychologue : la conférence d'Uri Hasson, de l'Université de Princeton, sur les mécanismes du système neuronal durant une conversation.

Pour les organisateurs attelés depuis quelques mois aux célébrations du 10e anniversaire, une volonté s'est rapidement dégagée : cette rencontre n'allait pas être une rétrospective-bilan. «Nous avons parlé d'avenir», signale Mme Peretz. Elle précise que, si le BRAMS a acquis une notoriété internationale au cours de ses 10 premières années de vie, on est encore loin d'avoir résolu les grands mystères en matière de cerveau musical. Or, on n'allait pas gaspiller ce rare moment de convergence pour se féliciter d'exister.

Que nous réserve l'avenir du BRAMS? Quatre axes de recherche se dessinent : les effets de l'âge sur la perception musicale, la neurogénétique, les neurosciences sociales et l'éducation. Plus de 35 membres et une centaine d'étudiants et de chercheurs postdoctoraux s'y consacreront. «Une telle concentration d'experts en neuroscience de la musique et en cognition auditive est unique en Amérique du Nord», peut-on lire sur le site du centre de recherche.