Clément Duhaime conseillera l'UdeM en matière de francophonie

  • Forum
  • Le 13 novembre 2015

  • Paule Des Rivières
Clément Duhaime aidera l’Université à accentuer sa présence dans le monde francophone.

Clément Duhaime aidera l’Université à accentuer sa présence dans le monde francophone.

Crédit : Amélie Philibert

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Mme Cormier et M. Duhaime sont tous deux convaincus que l’Université a un rôle important à jouer sur la scène francophone internationale.

Clément Duhaime agira comme conseiller spécial auprès du Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie. Sa connaissance unique − et son amour – de la francophonie aidera l'Université à renforcer ses liens avec différentes parties du monde, à commencer par le continent africain.

«Il y a un magnifique défi d'éducation à relever en Afrique et nous pouvons y être bien plus présents en consolidant nos partenariats avec divers pays», a souligné M. Duhaime, ancien numéro deux de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), au cours d'un récent entretien en compagnie de Monique Cormier, vice-rectrice associée à la langue française et à la Francophonie et directrice du Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie et du Département de linguistique et de traduction. Mis sur pied l'an dernier, le Bureau vise bien évidemment à valoriser l'usage du français sur les campus de l'Université de Montréal, mais aussi à mieux affirmer la place de l'Université dans la francophonie.

«L'Université de Montréal veut exercer son rôle de meneur dans la francophonie», a résumé Mme Cormier, se réjouissant du soutien qu'apportera M. Duhaime à ce chapitre. Ce dernier sera donc partiellement détaché des fonctions de sous-ministre conseiller qu'il occupe depuis quelques mois au ministère des Relations internationales et de la Francophonie. M. Duhaime a été un observateur et un acteur clé de la Francophonie pendant plusieurs décennies, plus particulièrement entre 2005 et 2014, alors qu'il a fait équipe avec le secrétaire général de l'OIF Abdou Diouf.

C'est à la demande du recteur, Guy Breton, que M. Duhaime fera bénéficier l'Université de son expérience. Cette sollicitation s'inscrit dans les priorités de l'équipe de direction d'accentuer les collaborations interuniversitaires internationales, avec un intérêt particulier pour l'axe francophone, comme le démontre notamment la création, il y a deux ans, du G3. Constitué des universités de Bruxelles, de Genève et de Montréal, ce groupe favorise les échanges entre étudiants, professeurs et gestionnaires. Mais des partenariats sont possibles avec une foule d'autres pays, croit M. Duhaime, à commencer par ceux du continent africain.

«L'avenir de la Francophonie se jouera en Afrique, continent qui change à une vitesse incroyable. Il y a encore beaucoup de corruption et de pauvreté, mais il y a également des avancées extraordinaires. Et l'éducation est la clé du développement qui peut se faire en français dans le respect de la diversité linguistique.» Pour Guy Lefebvre, vice-recteur aux affaires internationales, à la Francophonie, à la philanthropie et aux relations avec les diplômés, «la mondialisation nous impose un nouveau devoir envers la Francophonie, celui d'explorer des avenues inédites de développement. Et nous avons à l'UdeM et au Québec, M. Duhaime en est la preuve, à la fois la volonté et l'expertise pour le faire.»

En février dernier, M. Duhaime avait exposé à l'Université sa vision du sujet en livrant une communication intitulée «La Francophonie face aux mutations du monde». Il y faisait entre autres le constat que le français exerçait un attrait grandissant dans le monde parce qu'il combattait l'uniformisation d'une langue unique. Et que cette diversité conduisait à la tolérance et à l'ouverture.

«Il faut voir quel bilan l'Université de Montréal fait de sa coopération avec l'Afrique et comment elle peut aller plus loin. Je veux aider à renforcer la présence de l'Université dans plusieurs pays, dont certains ont des systèmes d'enseignement supérieur adéquats et d'autres non, parfois parce qu'ils ont été jetés à terre à la suite de conflits. Il y a énormément à faire et le Québec, qui n'a pas de passé colonial, qui a élaboré en français, au long de son histoire, des modèles de développement dont s'inspirent déjà de nombreux pays, est probablement le mieux placé.»