Centraide permet de soutenir des immigrants de 63 pays dans Côte-des-Neiges

  • Forum
  • Le 19 novembre 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé
Les employés du Service d’interprète, d’aide et de référence aux immigrants ont reçu des visiteurs issus de 63 pays.

Les employés du Service d’interprète, d’aide et de référence aux immigrants ont reçu des visiteurs issus de 63 pays.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

Financé par Centraide, le Service d'interprète, d'aide et de référence aux immigrants soutient les Néo-Québécois dans leur intégration à leur société d'accueil.

Durant la dernière année, plus de 34 000 personnes ont bénéficié des ateliers, séances de consultation et autres services offerts à la communauté du Service d'interprète, d'aide et de référence aux immigrants (SIARI). «Une grosse année», résume dans un soupir Fatma Djebbar, la directrice de cet organisme financé, entre autres, par Centraide du Grand Montréal.

Situé au cœur du quartier Côte-des-Neiges, sur le chemin du même nom, le SIARI a connu des pointes de fréquentation entre les mois de mars et mai et de septembre à novembre, quand près de 4000 personnes se sont présentées à ses différentes activités. «Notre objectif est d'aider les immigrants à s'intégrer harmonieusement au Québec. Et cela passe beaucoup par des ateliers de francisation», mentionne l'Algérienne d'origine arrivée au Québec en 1994.

Les services rendus par le SIARI comprennent l'assistance aux personnes qui éprouvent de la difficulté à remplir les formulaires gouvernementaux relatifs à la carte de résidence permanente, aux permis de travail, aux demandes de parrainage, de citoyenneté, d'allocations familiales, de soutien aux enfants, etc. Avec plus de 9000 interventions, ce seul secteur a connu une hausse de 50 % de ses activités depuis le dernier exercice. Le SIARI offre aussi aux immigrants un service d'accompagnement aux différents bureaux gouvernementaux.

63 pays, 15 langues

Quand on pénètre dans les locaux de l'organisme, situés au quatrième étage d'un immeuble situé en face de la Plaza Côte-des-Neiges, on sent la fébrilité qui anime les 21 employés. Les uns mènent des interventions collectives, les autres des actions individuelles. Chacun maîtrise à la fois le français et l'anglais mais également une troisième langue. Ici, on parle arabe, tagalog, bengali, tamoul, espagnol, russe, arménien, laotien, vietnamien, mandarin, cantonais, chinois et, depuis peu, persan.

Parmi les visiteurs qui entrent et sortent, il y a des personnes âgées, des enfants et de jeunes familles. On a recensé 63 pays d'origine. «Un de nos axes principaux, depuis trois ans, est le soutien aux aides familiales résidentes, explique Mme Djebbar. Nous aidons ces femmes à mieux s'outiller pour comprendre la société québécoise et s'y intégrer tout en s'épanouissant.»

Principalement originaires des Philippines, ces femmes arrivent au Québec en vertu d'un contrat de travail de domestiques qui les confine à la maison de leur employeur. Elles sont en général peu revendicatrices, car elles connaissent très mal leurs droits. «Il est à noter que ces femmes ne fréquentent pas ou fréquentent très peu les organismes communautaires, à cause de leur charge de travail, de jour et de soir. Elles sont éparpillées dans tout le Québec et difficilement joignables, parce qu'isolées et exclues des programmes existants», peut-on lire dans le rapport annuel du SIARI. Deux employées travaillent à ce type d'intervention et des séances collectives d'information sont organisées périodiquement.

La cause des femmes

Depuis son arrivée au Québec, Mme Djebbar a consacré beaucoup de temps et d'énergie à améliorer les conditions de vie des immigrants, et elle exprime une sensibilité particulière pour la cause des femmes. Diplômée en droit et exerçant le métier de journaliste en Algérie, elle n'a pas pu faire reconnaître ses diplômes et a obtenu un certificat en journalisme à l'Université de Montréal. Elle a aimé l'expérience et a tenu pendant quelques années des chroniques aux stations CISM et CIBL. Son thème : la situation mondiale des femmes.

Elle a occupé différents emplois avant de prendre deux ans de pause pour s'occuper de sa fille, aujourd'hui âgée de 13 ans. Son travail actuel englobe plusieurs de ses champs d'intérêt. «Mon message, c'est que nous avons tous une responsabilité envers les enfants des immigrants. Ils sont les citoyens de demain. Nous devons leur donner les moyens de s'épanouir.»

  • Fatma Djebbar veut donner aux enfants des immigrants les moyens de s’épanouir.

    Crédit : Amélie Philibert.