Une combinaison médicamenteuse prometteuse contre le cancer de la prostate avancé

Dr Fred Saad (à droite) et son patient, Antonio Paris.

Dr Fred Saad (à droite) et son patient, Antonio Paris.

Crédit : CRCHUM.

En 5 secondes

Nous espérons avoir trouvé un traitement bien toléré et efficace pour freiner la progression du cancer de la prostate chez les hommes atteints d'un cancer de la prostate avancé.

Une nouvelle association de médicaments pourrait s'avérer efficace pour traiter les hommes atteints du cancer de la prostate métastatique. Les résultats préliminaires de cette nouvelle approche sont encourageants. Une vaste étude internationale menée dans 196 hôpitaux à travers le monde est en cours pour tester cette combinaison.

«Nous espérons avoir trouvé un traitement bien toléré et efficace pour freiner la progression du cancer de la prostate chez les hommes atteints d'un cancer de la prostate avancé. Cette approche combine plusieurs molécules et attaque le cancer sur plusieurs fronts», explique le Dr Fred Saad, chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) et investigateur principal de l'étude.

Un patient, Antonio Paris, 59 ans, participe à l'étude au Centre hospitalier de l'Université de Montréal. «Depuis que j'ai commencé ce nouveau traitement il y a 14 mois, mon cancer a régressé au début et maintenant il est stable», raconte-t-il.

Détecté à temps, le cancer de la prostate est traitable. La vaste majorité des hommes s'en sortent. Mais c'est une autre histoire dans les cas de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration. Dans cette forme la plus avancée de la maladie, le cancer évolue malgré les options thérapeutiques disponibles : radiothérapie, administration d'hormones et même ablation de la prostate ou des testicules. Il existe actuellement peu d'options pour freiner un tel cancer qui s'est propagé à l'extérieur de la prostate et qui résiste au traitement hormonal. Depuis 2011, l'acétate d'abiratérone, vendu sous le nom de Zytiga ®, est administré oralement en plus du traitement hormonal standard. Il bloque davantage la production de testostérone, cette hormone masculine qui agit comme un carburant pour les tumeurs cancéreuses. «Ce traitement et d'autres avancées récentes ont permis de prolonger la survie des hommes avec cancer de la prostate au stade le plus avancé, tout en améliorant leur qualité de vie. L'espérance de vie est passée de 18 mois en moyenne en 2004, à trois ans en 2015. Nos recherches visent à prolonger encore plus la vie et la qualité de vie de ces hommes», fait valoir le Dr Saad, également professeur de chirurgie à l'Université de Montréal et chef du service d'urologie du CHUM.

Dans un essai clinique de phase I, les chercheurs ont testé l'innocuité d'un premier traitement combiné comprenant l'acétate d'abiratérone et un autre médicament qui n'est pas encore approuvé pour le marché, le JNJ-56021927. C'est à cette première phase de la recherche qu'Antonio Paris a participé. «Je prends 14 pilules par jour, et ça va très bien. J'ai des sueurs et je suis un peu plus fatigué, mais ça ne m'empêche pas de faire toutes sortes d'activités et même des travaux de rénovation», dit-il.

«Nos essais menés auprès d'une quarantaine de patients indiquent que ce traitement s'avère sécuritaire. Les médicaments combinés sont bien tolérés et le traitement semble efficace», explique le Dr Saad. Devant ces résultats encourageants, la Food and Drug administration des États-Unis et Santé Canada ont rapidement autorisé le début d'une étude clinique de phase III. L'essai vise à comparer l'efficacité de l'acétate d'abiratérone (1000 mg) et un placebo versus un traitement combinant l'acétate d'abiratérone (1000 mg) et le JNJ-56021927 (240 mg). Dans les deux groupes, les patients reçoivent également de petites doses de prednisone pour aider le traitement et réduire les effets indésirables de l'acétate d'abiratérone. Le Dr Saad codirige cet essai randomisé à double insu auquel participent environ 960 patients dans le monde.

Les conclusions de cette étude internationale ne seront pas connues avant environ trois ans. Le futur traitement ne pourra donc pas être mis en marché avant plusieurs années. Mais les chercheurs sont très enthousiastes. Ils espèrent que ce premier traitement combiné réussira à retarder la progression de la maladie et à prolonger la vie. Et surtout, à améliorer la qualité de vie des patients atteints de cette maladie dévastatrice.

À propos de cette étude

Le Dr Fred Saad est l'investigateur principal de cet essai intitulé : «Étude de phase 3 à répartition aléatoire, à double insu et contrôlée par placebo comparant le JNJ-56021927 en association avec l'acétate d'abiratérone et la prednisone à l'acétate d'abiratérone et la prednisone chez les sujets atteints d'un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPmRC) n'ayant jamais reçu de chimiothérapie». Cette recherche est financée par Janssen Research & Development. Les résultats de la phase 1 de cette étude, préalable à l'essai en cours, ont été présentés le 29 mai 2015 lors du congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO).Pour plus d'informations ou pour participer à cette étude. Le numéro d'enregistrement est le NCT02257736.

À propos du CRCHUM

Le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) améliore la santé chez l'adulte par un continuum de recherche universitaire de haut niveau qui, en améliorant la compréhension des mécanismes étiologiques et pathogéniques, favorise le développement, l'implantation et l'évaluation de nouvelles stratégies préventives, diagnostiques et thérapeutiques. Le CRCHUM offre un environnement de formation assurant une relève engagée dans une recherche d'excellence.

Ressources pour les médias