Revues savantes : un éclairage inédit sur les besoins des chercheurs

Une vaste consultation des Bibliothèques a permis de mieux connaître les revues savantes auxquelles tiennent les chercheurs.

Une vaste consultation des Bibliothèques a permis de mieux connaître les revues savantes auxquelles tiennent les chercheurs.

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Une vaste consultation des Bibliothèques a permis de mieux connaître les revues savantes auxquelles tiennent les chercheurs.

Sur les 50 000 périodiques électroniques auxquels sont abonnées les bibliothèques de l'Université de Montréal, 5893 sont jugés essentiels. C'est ce qui se dégage d'une vaste consultation menée au cours des derniers mois auprès des chercheurs et des unités.

«Il était primordial pour nous de connaître les besoins des chercheurs et des étudiants, nous naviguions à vue depuis trop longtemps lorsqu'il s'agissait d'annuler l'abonnement à une revue savante ou de prendre un nouvel abonnement», explique le directeur général des bibliothèques de l'UdeM, Richard Dumont.

La tenue de cette consultation sans précédent, dont on peut lire le rapport sur le site Web des bibliothèques, s'est échelonnée sur plusieurs mois dans un contexte de grande tension entre les bibliothèques universitaires et les éditeurs commerciaux. Ces éditeurs ont regroupé les périodiques en grands ensembles, dont les coûts ont grimpé quatre fois plus rapidement que l'inflation depuis 1988. Cela revient à dire que les universités paient à prix d'or certains périodiques qu'elles ne veulent pas et qu'elles ne peuvent se payer certains titres dont leur communauté aurait besoin. D'où la nécessité pour une bibliothèque de défaire un grand ensemble afin de sélectionner les revues qu'elle désire. Mais les éditeurs, sans refuser officiellement la sélection de titres individuels, exigent des tarifs démesurés pour ce type d'abonnement.

«La quantité de périodiques jugés essentiels, soit 5893, est relativement modeste, si l'on considère que les bibliothèques sont abonnées à près de 50 000 périodiques. En théorie, le budget actuel devrait donc suffire amplement à couvrir les abonnements concernés. Or, la réalité est tout autre en raison des politiques tarifaires des éditeurs commerciaux, qui découragent la sélection individuelle au profit des forfaits d'abonnement. De fait, les tarifs des abonnements individuels sont artificiellement gonflés. Par exemple, si l'on considère les éditeurs Elsevier et Wiley, le prix consortium pour les groupes de périodiques s'élève pour l'UdeM à 2,3 M$ US comparativement à un prix de 4,1 M$ si l'on ne choisit que les 1410 titres qui nous intéressent», mentionne Richard Dumont, pour qui la consultation démontre clairement l'effet pernicieux de la mainmise des éditeurs commerciaux sur la diffusion du savoir.

La consultation, à laquelle un grand nombre de chercheurs ont participé, a aussi permis de sensibiliser la communauté aux défis que doivent relever les universités canadiennes, au sein desquelles l'Université de Montréal joue un rôle de meneur. Plus précisément, près de 2000 personnes ont répondu individuellement à la consultation et 34 unités ont aussi formulé leur choix. Le groupe de travail responsable de la consultation a pu bénéficier de l'aide précieuse de Vincent Larivière, professeur à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante, et de celle de Philippe Mongeon, doctorant à cette même école.