Être les yeux et les oreilles du Québec pendant la COP21

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Morgan Rohel, étudiant à la maitrise à l’Université de Montréal, a été sélectionné pour participer à la Conférence de Paris sur le climat.

Du 30 novembre au 11 décembre, le monde aura les yeux rivés sur Paris. La capitale française accueillera la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21). L'objectif sera de parvenir à un accord en vue de maintenir le réchauffement climatique au-dessous de deux degrés. Plusieurs milliers de personnes participeront aux débats sur place. Morgan Rohel sera de celles-là.

L'étudiant à la maîtrise en science politique à l'Université de Montréal a en effet été sélectionné pour faire partie de la délégation de huit étudiants et deux professeurs de l'Université de Sherbrooke qui se rendront à Paris. Le statut d'observateur accrédité qui leur a été accordé par l'ONU leur permettra de prendre part à l'ensemble des débats, dont ceux organisés dans la zone réservée aux négociateurs, au même titre que les lobbyistes. «Nous voulons être les yeux et les oreilles du Québec à la COP21», déclare celui qui a déjà obtenu un diplôme d'ingénieur. En collaboration avec l’Unité du développement durable de l’UdeM, les membres de la délégation publieront ainsi chaque jour, sur le blogue du professeur Erick Lachapelle, un compte rendu des débats, «en prenant soin d'être critiques». Leurs billets seront ensuite commentés par des professeurs de l'UdeM, qui y apporteront des points de vue complémentaires.

Pour se préparer à la rencontre, ces étudiants ont dû suivre une formation en négociations climatiques internationales et mener différentes expériences en direction de projet. La COP21 leur donnera l'occasion de rencontrer des experts dans le cadre de projets de recherche personnels. Un entretien avec le premier ministre Philippe Couillard est également au programme.

Vivre un moment historique

Ce jeune Breton d'origine qui dit «se nourrir de la diversité» et qui, à 25 ans, a déjà vécu dans cinq pays est conscient de sa chance. «Pour quelqu'un comme moi qui veux agir dans le domaine des changements climatiques, c'est une vraie chance de participer à la Conférence, indique-t-il. C'est un peu comme si un militant des droits de la femme avait pu assister aux débats menant à la dépénalisation de l'avortement en France dans les années 70.»

Selon lui, il ne fait aucun doute que la COP21 marquera l'histoire, positivement ou négativement. «Après l'échec monumental de la conférence de Copenhague sur le climat en 2009, la COP21 apparaît un peu comme la rencontre de la dernière chance. Si on la laisse passer, on court à la catastrophe, prédit-il. Il est en tout cas indispensable qu'on parvienne à un type d'accord qui puisse être directement ratifié par le Président des États-Unis, et non un traité international qui devrait être entériné par le Congrès américain à majorité républicaine.»

Comment ce passionné d'environnement imagine-t-il l'issue des débats? «Ce moment devait être une fête, un moment de rencontres entre jeunes qui veulent un avenir. Mais les tragiques évènements qui ont eu lieu à Paris en ont décidé autrement», déplore-t-il. Pour des raisons de sécurité, le gouvernement français a décidé d'interdire les grandes manifestations sur la voie publique. «Les chefs d'État vont donc être entre eux, coupés du monde, sans la pression de la société civile, ce qui n'est jamais bon pour obtenir un accord. Mais un accord ambitieux est quand même possible, souligne-t-il. Les chefs d'État le doivent aux jeunes du monde entier!»