Vers une redéfinition du modèle académique de l'Université de Montréal

  • Forum
  • Le 3 décembre 2015

  • Martin LaSalle
Le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, invite l'ensemble des membres de la communauté universitaire à participer activement à la définition du nouveau modèle académique de l'UdeM.

Le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, invite l'ensemble des membres de la communauté universitaire à participer activement à la définition du nouveau modèle académique de l'UdeM.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

Le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, invite l'ensemble des membres de la communauté universitaire à participer activement à la définition du nouveau modèle académique de l'UdeM.

La grande université généraliste qu'est l'UdeM se porte plutôt bien, mais un lent déclin la guette si elle ne s'actualise pas. Il lui faut redéfinir son modèle académique et se projeter dans l'avenir afin qu'elle se distingue davantage. L'amélioration de la qualité des diplômes qu'elle décerne devra toujours être au cœur de ses actions. Et cette redéfinition doit être le fruit d'une grande réflexion à laquelle chaque membre de la communauté est appelé à contribuer.

C'est là l'essence du message livré par le recteur Guy Breton à l'occasion d'une entrevue avec Forum.

«Nous avons raison d'être fiers de ce que nous avons accompli ensemble jusqu'ici, a-t-il indiqué d'entrée de jeu. Nous occupons la 44e place au palmarès du Global Employability University Ranking 2015, ce qui fait de l'UdeM la première université généraliste francophone du monde!»

Mais il s'empresse d'ajouter que «le statu quo sera préjudiciable à long terme», entre autres en raison de deux défis qui la guettent : le nombre d'inscriptions est appelé à fléchir de 2018 à 2028 en raison de l'évolution de la pyramide des âges, tandis que d'autres compressions budgétaires s'ajouteront aux réductions de financement public de 11 % que l'Université a dû encaisser depuis 2012.

«Une réévaluation de notre modèle est absolument nécessaire pour nous sortir du déclin tranquille que nous impose le sous-financement. Notre université doit être l'acteur principal de cette évolution dont l'objectif consiste à enrichir davantage la qualité des diplômes qu'elle décerne en plus de réaffirmer sa personnalité propre», soutient Guy Breton.

Améliorer la qualité des diplômes

Selon le recteur, l'amélioration de la qualité des diplômes passe par une mise en valeur des compétences transversales que sont l'habileté pour la communication verbale et écrite, l'aptitude à analyser et à exercer un jugement, la capacité d'apporter des solutions aux problèmes et la capacité de travailler en équipe.

«L'Université de Montréal a la chance d'être présente dans tous les domaines du savoir et il lui faut trouver un fil conducteur en utilisant cette diversité pour en faire un élément distinctif afin que nos étudiants aillent au-delà de la seule discipline du programme auquel ils sont inscrits», soutient-il.

Déjà, des projets amorcés permettront à l'UdeM d'agir comme agent de changement pour préserver l'autonomie des savoirs, dont le Complexe des sciences, qui verra le jour à Outremont.

Un modèle qui reste à définir collectivement

Une vaste consultation auprès de l'ensemble de la communauté se déclinera de différentes façons afin de redéfinir le projet académique de l'UdeM.

«Nous menons la consultation avec une approche matricielle, car toutes les instances et tous les lieux de rencontre regorgent d'idées, indique M. Breton. Je veux que la communauté alimente la réflexion d'ici la fin de la présente année universitaire.»

Quelle forme pourrait prendre le nouveau modèle qui définira l'UdeM de demain? « Aucune décision n'est arrêtée, précise le recteur avec énergie. La description de ce que nous deviendrons sera plus juste s'il y a un apport d'un large segment : c'est dans la mobilisation de la communauté que nous allons la concrétiser. »

«Si l'analyse collective démontre que des regroupements, des transformations, des modifications dans les modes de fonctionnement semblent être un bon choix, nous les ferons, poursuit-il. Mais ce n'est pas un objectif en soi et je ne présume pas du résultat de l'analyse.»

Guy Breton est catégorique : ce qu'il souhaite réaliser, ce n'est pas un projet d'architecture organisationnelle, mais bien un projet académique collectif.

«Personne n'a la prétention de connaître ce qui se passe au quotidien dans les 650 programmes que nous offrons et ceux qui les mettent en œuvre au quotidien doivent pouvoir s'exprimer en toute franchise. Les réflexions vont bonifier notre projet de sorte que l'étudiant qui s'inscrira à l'UdeM dans l'avenir aura été attiré par des caractéristiques qui n'existent pas ailleurs, conclut le recteur. Notre projet académique permettra d'aller chercher de nouvelles ressources et d'attirer à la fois les meilleurs professeurs et chargés de cours, ainsi que les meilleurs chercheurs et les meilleurs étudiants.»