Montréal verse 780 000 $ à l'IRBV pour dépolluer les sols par les plantes

Le directeur de l'IRBV, Michel Labrecque, a mené plusieurs expériences dans la nature pour sélectionner les championnes végétales de la décontamination.

Le directeur de l'IRBV, Michel Labrecque, a mené plusieurs expériences dans la nature pour sélectionner les championnes végétales de la décontamination.

Crédit : Fredéric Blais-Bélanger

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La Ville de Montréal accorde une subvention de 780 000 $ à l'Institut de recherche en biologie végétale pour décontaminer les sols par les plantes.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé le 20 novembre dernier une subvention de 780 000 $ sur quatre ans allouée à l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) pour dépolluer des sites contaminés de l'est de la ville.

«C'est une excellente nouvelle, car ce projet nous permettra de mettre à profit une expertise de pointe et il constituera un terrain de recherche précieux au Québec», a commenté Michel Labrecque, directeur de l'IRBV et professeur associé au Département de sciences biologiques de l'Université de Montréal.

Selon lui, la Ville de Montréal fait un grand pas en avant avec cette entente de développement durable où seront exploitées les phytotechnologies et plus précisément la phytoremédiation, cette approche qui fait appel aux végétaux pour décontaminer les sols pollués. Les plantes peuvent absorber certains contaminants ou contribuer, avec les microorganismes du sol, à les dégrader. À l'IRBV, les recherches conduites depuis plus de 20 ans dans cette direction ont permis de désigner les plantes les plus efficaces pour optimiser le processus.

«La Ville nous donne les moyens de perfectionner des technologies de pointe conçues ici. Et, en collaborant avec le futur Centre de traitement des matières résiduelles de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, on pourra réaliser de belles boucles environnementales, car dans certains cas la biomasse produite serait compostable», a mentionné le botaniste.

Vers la ville verte

L'équipe de l'Université de Montréal prévoit planter des végétaux dès le printemps prochain sur le premier des quatre hectares qui seront traités dans le cadre de ce projet sur d'anciens sites industriels de l'est de l'île. «En plus des techniciens et des employés spécialisés qui seront embauchés, ce lieu deviendra un terrain de recherche pour des étudiants des cycles supérieurs», a ajouté M. Labrecque. De retour d'un séjour en Chine, où des projets de l'IRBV vont dans le même sens, le chercheur pense que l'Université de Montréal joue un rôle certain, actuellement, dans la révolution verte qui s'amorce sur des dizaines de milliers de sites industriels laissés à l'abandon.

L'adoption de technologies durables pourrait propulser Montréal parmi les leaders mondiaux des villes vertes. «Le maire de Montréal l'a bien compris dès que j'ai eu l'occasion de lui présenter nos projets de recherche. On peut dire qu'il a saisi la perche que nous lui avons tendue», s'est réjoui Michel Labrecque.

Le projet de l'Université de Montréal, auquel le gouvernement du Québec a également contribué, apportera des résultats sur les plans scientifique, technologique, économique et commercial.