Mieux prévenir les maladies chroniques chez les adultes nés avant terme

En 5 secondes

La Dre Luu a mené une étude sur les problèmes de santé chez des adultes nés avant terme.

On associe à la naissance prématurée un risque accru de cardiopathie, d'hypertension artérielle, de complications de grossesse et d'autres maladies chroniques à l'âge adulte. Une nouvelle revue de la littérature publiée par le Canadian Medical Association Journal vise à aider les médecins à reconnaître et à traiter les adultes nés prématurément afin de prévenir les maladies et de prendre en charge ces personnes.

Au Canada, 8 % des bébés naissent prématurément (avant la 37e semaine de grossesse) et plus de 90 % survivent grâce aux progrès de la médecine. De plus, le risque de mort précoce chez les jeunes adultes nés avant terme est de 40 % supérieur à celui chez les personnes nées à terme. Or, il n'existe aucune ligne directrice quant à la prise en charge à long terme des individus nés prématurément, dont le risque de maladies chroniques est accru.

«Il est primordial de toujours demander à nos patients, même à l'âge adulte, s'ils sont nés prématurément, car ils sont plus à risque de souffrir de certaines maladies chroniques susceptibles de réduire leur qualité et leur espérance de vie, si des mesures préventives ne sont pas mises en place tôt dans leur vie», déclare la Dre Thuy Mai Luu, pédiatre au département de pédiatrie du CHU Sainte-Justine, chercheuse au centre de recherche de l'établissement hospitalier et professeure adjointe de clinique à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.

Les grands prématurés courent un risque accru à l'âge adulte d'être atteints d'hypertension ou de troubles cardiaques, de diabète – y compris le diabète de grossesse – et de troubles respiratoires et de subir une diminution de leur masse osseuse pouvant mener à l'ostéoporose ou à des fractures.

Recommandations

  • Une mesure régulière de la tension artérielle, y compris chez les femmes enceintes nées prématurément, peut aider à gérer le risque de maladies cardiovasculaires précoces.
  • Il convient d'évaluer objectivement la fonction pulmonaire des adultes nés prématurément qui présentent des problèmes respiratoires de longue date.
  • Afin de prévenir l'ostéoporose et le risque de fractures, les adultes nés prématurément devraient adopter un régime riche en calcium et s'adonner à des exercices avec mise en charge.
  • Les médecins devraient considérer la naissance prématurée comme un facteur de risque probable du syndrome métabolique.

«Nous avons le devoir, comme cliniciens, de repérer les patients à risque en les questionnant sur leur historique périnatal, comme nous le faisons au sujet de leur tabagisme ou de leurs antécédents familiaux de décès précoces causés par un trouble cardiovasculaire», conclut la coauteure Anne Monique Nuyt, néonatologiste au département de pédiatrie du CHU Sainte-Justine, chercheuse au centre de recherche de l'établissement hospitalier et professeure titulaire à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.

Les auteures tentent maintenant de mieux comprendre comment la prématurité influe sur le développement de maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension et l'ostéoporose en menant l'étude clinique HAPI, qui suit une cohorte de quelque 400 jeunes adultes, la moitié nés avant terme, l'autre (le groupe témoin) nés à terme.

Au sujet de l'étude

L'article «Preterm birth: Risk factor for early onset chronic diseases» a été publié en ligne le 7 décembre dans la revue Canadian Medical Association Journal. Écouter une entrevue de l'auteure.

Au sujet des cliniciennes-chercheuses

La Dre Thuy Mai Luu est pédiatre, épidémiologiste et chercheuse au CHU Sainte-justine, ainsi que professeure adjointe de clinique au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. Elle codirige le site web Mieux agir au quotidien, conçu pour informer les familles sur le développement et les comportements de l'enfant de zéro à deux ans né prématurément. Les conseils sont susceptibles d'être mis en pratique dès la naissance de l'enfant, puis à son retour à la maison. La Dre Luu coordonne l'étude HAPI avec la Dre Anne Monique Nuyt, néonatologiste et chercheuse au CHU Sainte-Justine, où elle est responsable de l'axe de recherche Pathologies fœtomaternelles et néonatales. La Dre Nuyt est professeure titulaire au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. Toutes deux sont chercheuses boursières du Fonds de recherche du Québec – Santé.

Au sujet de l'étude HAPI

L'étude clinique HAPI, qui suit de jeunes adultes nés prématurément entre 1987 et 1994, vise à comprendre comment la prématurité influe sur le développement de maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension et l'ostéoporose, en évaluant l'état de santé général de ces personnes des points de vue cardiovasculaire, pulmonaire, métabolique, rénal, oculaire et osseux. Pour en apprendre davantage sur l'étude HAPI ou pour y participer, visiter le site Web HAPI.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l'Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d'avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 cliniciens, ainsi que 360 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. 

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