L'Université veut accentuer son rôle sur la scène internationale

L'UdeM souhaite renforcer ses liens avec les autres établissements d'enseignement supérieur au Canada et à l'étranger.

L'UdeM souhaite renforcer ses liens avec les autres établissements d'enseignement supérieur au Canada et à l'étranger.

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L'UdeM souhaite renforcer ses liens avec les autres établissements d'enseignement supérieur au Canada et à l'étranger.

Le caractère francophone de l'Université de Montréal est un atout majeur dans l'environnement universitaire mondial. Et cet atout, il faut en faire profiter le plus grand nombre possible, y compris les étudiants dont la maîtrise du français est insuffisante.

«Nous voulons permettre aux étudiants étrangers de perfectionner leur français pour, ensuite, accéder à un programme d'études, explique le vice-recteur aux relations internationales, à la Francophonie, à la philanthropie et aux relations avec les diplômés, Guy Lefebvre. Et pourquoi ne pas s'intéresser davantage aux étudiants des autres universités canadiennes par exemple?»

L'UdeM souhaite en effet renforcer ses liens avec les autres établissements d'enseignement supérieur du pays, autant dans le secteur de la recherche que du côté des échanges d'étudiants. «Il faut accentuer nos activités avec les partenaires près de chez nous. Nous pourrions entre autres mettre sur pied des écoles d'été autour de problématiques sociales importantes, comme le vieillissement de la population, les ressources naturelles, l'environnement, qui nous touchent tous. Nous voulons participer à la recherche de solutions.»

M. Lefebvre pilote la mise en place ou plutôt la mise à jour de la politique d'internationalisation de l'Université de Montréal, qu'on a nommée Relier les mondes.

«L'internationalisation de nos activités n'est pas une fin en soi, rappelle d'emblée le professeur de droit, mais un moyen d'accroître la pertinence et la qualité de celles-ci. C'est une façon de s'assurer que l'Université tire le meilleur parti des changements fondamentaux qui chamboulent actuellement les systèmes d'enseignement supérieur.»

Cela fait un certain nombre d'années que l'UdeM s'affirme sur la scène internationale. Elle occupe une place bien visible en recherche, puisque près de 50 % de sa production scientifique est aujourd'hui le fruit de collaborations internationales. En 2014, 47 % des publications des chercheurs de l'Université étaient issues de telles collaborations comparativement à 41 % en 2010 et à 30 % en 2000.

Ces publications internationales obtiennent un taux de citation dans les revues savantes deux fois plus élevé que les publications nationales. Et, détail qui n'en est pas un, ces coopérations donnent accès à davantage de sources de financement. L'Université veut consolider ces liens en incitant les jeunes chercheurs à créer des partenariats à l'extérieur de nos frontières.

Étudiants, allez voir le monde!

Par ailleurs,  la mobilité étudiante reste timide : seulement 7,5 % des étudiants font un séjour d'études à l'étranger durant leur formation. Or, selon M. Lefebvre, cette ouverture sur le monde et sur ses multiples réalités est fondamentale.

«Elle augmente les chances d'employabilité de nos diplômés, mais aussi elle fait d'eux de meilleurs citoyens», souligne le vice-recteur. L'objectif est de faire grimper cette proportion à 10 % d'ici les cinq prochaines années.

Mais la mobilité est un mouvement qui doit aller... dans les deux directions. Et, tout en se réjouissant du nombre d'étudiants français qui choisissent l'Université de Montréal – 55 % des étudiants venus d'ailleurs sont originaires de la France ‒, la direction croit important de diversifier la provenance des étudiants étrangers.

«Ces étudiants concourent à faire de l'UdeM une université de plus grande renommée, où fleurit une diversité de points de vue», a mentionné M. Lefebvre au cours d'une récente entrevue.

À ce chapitre, M. Lefebvre est convaincu que l'acquisition et la maîtrise d'une seconde langue pour ceux dont la langue maternelle n'est pas le français constitue un avantage susceptible d'attirer des étudiants de grande qualité. Pour mieux les accueillir, l'Université proposera des formations pour apprendre le français ou améliorer sa connaissance plus complètes et plus personnalisées.

«L'idée, c'est de dire haut et fort que le français est un atout dans le monde. Nous avons joué cette carte de manière défensive. Nous le ferons de manière active. Et nous n'avons pas peur de proposer une intégration graduelle au français, en prévoyant des formations. En bref, il s'agit de favoriser l'ouverture sans se renier.»