Des stages à l'étranger qui ouvrent des portes

  • Forum
  • Le 19 janvier 2016

  • Dominique Nancy
À gauche : Amélie Vachon a réalisé plusieurs missions de coopération internationale et entame un stage avec l’Organisation internationale de la Francophonie, à Paris, à titre d’attachée au programme Égalité femme-homme.  À droite : Stéphanie Faucher a fait un stage à l’Unesco, à Paris, et vient de décrocher un contrat au Vietnam avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

À gauche : Amélie Vachon a réalisé plusieurs missions de coopération internationale et entame un stage avec l’Organisation internationale de la Francophonie, à Paris, à titre d’attachée au programme Égalité femme-homme. À droite : Stéphanie Faucher a fait un stage à l’Unesco, à Paris, et vient de décrocher un contrat au Vietnam avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Crédit : Émilie Pelletier.

En 5 secondes

Des étudiants de l'Université de Montréal participent au Programme de stages au sein d'organisations internationales gouvernementales du MRIF.

«Le Programme de stages au sein d'organisations internationales gouvernementales permet aux jeunes de vivre une expérience de travail enrichissante dans un organisme reconnu», affirme Stéphanie Faucher, titulaire d'un diplôme d'études supérieures spécialisées en journalisme de l'Université de Montréal.

«Au-delà de pouvoir mettre en pratique les notions apprises dans les cours, les stages ouvrent la porte à des possibilités d'emplois intéressants», ajoute sa collègue Amélie Vachon, étudiante à la maîtrise en études internationales à l'UdeM.

Les jeunes femmes, âgées d'une vingtaine d'années, ont effectué des stages à l'étranger administrés par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec et elles affectionnent depuis les séjours de travail à l'extérieur du pays. La première a suivi récemment un stage à l'Unesco, à Paris, grâce auquel elle a pu se familiariser avec le fonctionnement d'une organisation internationale d'envergure. Elle vient de décrocher un contrat d'un an avec l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Bureau régional pour l'Asie et le Pacifique, basé à Hanoï, au Vietnam.

La seconde a collaboré à des projets de coopération internationale avec Québec sans frontières, notamment au Rwanda et au Sénégal. Elle entame un stage à l'OIF, à Paris. À titre d'attachée au programme Égalité femme-homme, elle assistera l'équipe en place dans l'organisation d'activités destinées à encourager la participation francophone à des rencontres internationales et appuiera divers projets de lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes. «Je viens à peine de commencer, il y a deux jours. Je suis vraiment contente de pouvoir vivre cette expérience concrète dans mon domaine d'expertise», confie-t-elle.

Amélie Vachon et Stéphanie Faucher ont partagé leur expérience à l'occasion d'une journée d'information qui s'est déroulée en décembre dernier à Montréal dans les locaux du MRIF, à laquelle ont pris part d'anciens et de futurs stagiaires de l'UdeM.

La rencontre a donné lieu à de nombreux échanges sur les aspects théoriques et pratiques des stages. «Les stagiaires doivent s'occuper du côté technique du voyage : visa, billets d'avion, logement, etc., précise Amélie Vachon, qui est présentement à la recherche d'un appartement à Paris. Je suis encore à l'auberge de jeunesse même si le stage a débuté.» Elle se dit choyée d'avoir obtenu ce stage, qui est accompagné d'une bourse. «Il faut généralement redoubler d'efforts et d'imagination pour recueillir des fonds, indique l'étudiante. Heureusement, le programme du MRIF est financé par des bourses. Sans quoi, je n'aurais probablement pas pu partir.»

Défis personnels

En 2007, Amélie Vachon a réalisé une mission de coopération internationale de trois mois au Rwanda auprès d'enfants de la rue. La pauvreté, la violence dans les familles, la précarité des logements, le travail forcé et plus souvent encore la faim poussent ces enfants à quitter leur foyer. «Ce sont des jeunes qui ont vécu des situations complètement impensables, mais qui ont une résilience à toute épreuve. C'est l'une des choses qui m'a le plus marquée», raconte l'étudiante, qui a accompli quelques autres projets de coopération.

L'un de ses défis personnels, elle l'a vécu au Sénégal, où elle a fait en 2014 un stage sur l'autonomisation financière des femmes. Pendant une année, elle a géré le projet à titre de chargée d'équipe pour Québec sans frontières et accompagné pendant trois mois neuf stagiaires québécois qui en étaient à leur première expérience de coopération internationale. «J'ai assuré la formation, l'animation et l'accompagnement sur le terrain», résume-t-elle.

Sur le plan culturel, l'expérience a été riche. «En dépit de la barrière de la langue ‒ la plupart des gens ne parlaient que le wolof ‒, nous avons pu nous faire comprendre et tout le monde nous a accordé sa confiance.» Mais la vie dans un petit village de brousse où les coutumes, la nourriture et la religion sont très différentes a été déstabilisante, relate Amélie Vachon. «À chacun de mes stages, j'apprécie la vie en famille d'accueil même si cela est parfois dépaysant, souligne-t-elle. C'est très important pour moi de partager le quotidien des gens.»

Pour Stéphanie Faucher, l'aventure aura lieu en Asie, où elle a le mandat de mener une étude prospective sur le développement durable. «C'est un grand défi, d'autant plus que je dois rapidement m'adapter à la culture. Ici, tout est si différent», dit la jeune femme, qui vient d'arriver dans la capitale vietnamienne.

Mais le fait d'avoir vécu un an en Inde facilitera son adaptation, croit-elle. «J'ai l'expérience du choc culturel!» Son séjour à l'Unesco, au Secrétariat de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, l'a aussi bien préparée pour son travail. Elle a notamment contribué à la préparation, à l'organisation et au suivi des réunions statutaires de la Conférence des Parties et du Comité intergouvernemental. «Ce stage représentait pour moi la possibilité de travailler de près sur des sujets qui m'intéressent depuis longtemps, signale Stéphanie Faucher, qui a également une formation de deuxième cycle en management international de l'École nationale d'administration publique.

«Grâce à la réalisation de recherches et à la préparation de documents de travail sur le numérique et sur l'intégration de la culture dans le développement durable, j'ai aiguisé mes connaissances sur ces sujets, précise-t-elle. Je me sens aujourd'hui pleinement confiante de pouvoir relever les défis de mes nouvelles fonctions.»

Carrière à l'étranger

Tous les ans, une centaine d'étudiants du Québec, issus de disciplines aussi diverses que la médecine, le droit, la démographie, la nutrition, la foresterie, l'éducation, la géographie, les communications, la politique et les relations internationales se portent candidats au Programme de stages au sein d'organisations internationales gouvernementales du MRIF. Une trentaine d'entre eux sont présélectionnés à partir de leur dossier, qui est ensuite soumis aux organismes concernés.

Les stages s'adressent aux étudiants en voie de terminer des études de 2e ou de 3e cycle ou qui ont obtenu un diplôme de maîtrise ou de doctorat depuis moins de deux ans. Les stagiaires reçoivent une allocation pouvant atteindre 15 000 $ pour un stage d'une durée de six mois. Ils doivent ensuite rédiger un rapport de stage détaillé dans lequel ils rendent compte de leur expérience. «On doit investir du temps dans la préparation de son dossier et de son rapport final en plus de prendre en charge l'organisation du voyage, mais l'expérience vaut vraiment la peine d'être vécue», déclare Stéphanie Faucher.

Pour Amélie Vachon, ces stages sont une occasion toute désignée quand on envisage une carrière à l'étranger, au-delà des crédits de cours que l'expérience apporte, puisqu'ils permettent de compléter sa scolarité avec une expérience professionnelle concrète. «Cela permet aussi d'établir des liens dans son domaine et de rencontrer des professionnels du milieu animés et intéressants», fait valoir l'étudiante.

Depuis sa mise sur pied, en 2000, le Programme de stages au sein d'organisations internationales gouvernementales a permis à près de 350 stagiaires de vivre une expérience de travail inoubliable dans plus de 45 de ces organisations.