Stopper la prolifération des cellules cancéreuses : une piste prometteuse

Une nouvelle étude fournit de précieux renseignements sur certains mécanismes gouvernant la réparation de l’ADN et qui préviennent la croissance des cellules cancéreuses.

Une nouvelle étude fournit de précieux renseignements sur certains mécanismes gouvernant la réparation de l’ADN et qui préviennent la croissance des cellules cancéreuses.

Crédit : Thinkstock.

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Une nouvelle étude fournit de précieux renseignements sur certains mécanismes gouvernant la réparation de l’ADN et qui préviennent la croissance des cellules cancéreuses.

Les dommages à l'ADN peuvent conduire à l'inactivation ou à la dérégulation de gènes et causer diverses maladies telles que le cancer. Plusieurs mécanismes de réparation de l'ADN permettent par contre aux cellules de survivre à ces dommages.

Or, une étude dirigée par Antoine Simoneau, du laboratoire du Dr Hugo Wurtele, chercheur en immunologie-oncologie à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal) et professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, et récemment publiée dans la prestigieuse revue Nucleic Acids Research, fournit de précieux renseignements sur certains mécanismes gouvernant la réparation de l'ADN. Ces travaux, fruit de la collaboration entre plusieurs établissements, ouvrent aussi la voie à une meilleure compréhension des mécanismes d'action des médicaments qui préviennent la croissance des cellules cancéreuses.

La recherche

Afin de s'adapter à la taille restreinte du noyau cellulaire, l'ADN est enroulé autour de protéines appelées «histones» pour former la chromatine. Les cellules peuvent modifier chimiquement les histones, de façon à changer la structure de la chromatine et ainsi réguler les diverses fonctions de l'ADN. Des recherches récentes montrent que de nouveaux médicaments du type inhibiteurs de déacétylases d'histones (HDAC), qui influencent la chromatine, sont prometteurs pour le traitement du cancer.

Dans leurs recherches, l'équipe du Dr Wurtele et ses collaborateurs ont utilisé la levure comme système modèle pour comprendre, à l'échelle moléculaire, les mécanismes qui influent sur la croissance cellulaire en présence d'une classe particulière d'inhibiteurs d'HDAC.

Leurs expériences démontrent que l'inhibition des HDAC de classe III, qui agissent sur divers processus cellulaires en jeu dans la carcinogenèse et la réponse aux agents de chimiothérapie, bloque fortement la prolifération des cellules en prévenant le fonctionnement normal de divers facteurs en cause dans la réponse aux dommages à l'ADN générés de façon spontanée par le métabolisme cellulaire.

«Ces recherches fondamentales permettent une meilleure compréhension des effets globaux des inhibiteurs d'HDAC sur les cellules, et pourraient conduire, à terme, à une optimisation de leur utilisation en clinique», explique le Dr Wurtele.

Ces observations guideront les études à venir du laboratoire du Dr Wurtele pour tenter de déterminer comment cette nouvelle classe de médicaments inhibe la croissance des cellules cancéreuses.

Fruit d'une collaboration

Cette étude est une collaboration entre les groupes de recherche d'Hugo Wurtele (Hôpital Maisonneuve-Rosemont–Université de Montréal), de Martine Raymond (IRIC-Université de Montréal), de Corey Nislow et Gury Giaever (Université de la Colombie-Britannique) et d'Adnane Sellam (chercheur au CHUQ-Université Laval).

Financement de ces travaux

Cette recherche a reçu des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada et de l'Institut Mérieux, ainsi que de la Fondation Cole.

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