Cancer : un traitement novateur du myélome multiple donne des résultats étonnants

Une nouvelle approche pour le traitement du myélome multiple, que les traitements usuels ne peuvent guérir actuellement, a permis d’enregistrer un taux de guérison de 41%, un chiffre inégalé jusqu’à présent.

Une nouvelle approche pour le traitement du myélome multiple, que les traitements usuels ne peuvent guérir actuellement, a permis d’enregistrer un taux de guérison de 41%, un chiffre inégalé jusqu’à présent.

Crédit : Thinkstock.

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Une nouvelle approche pour le traitement du myélome multiple, que les traitements usuels ne peuvent guérir actuellement, a permis d’enregistrer un taux de guérison de 41 %, un chiffre inégalé.

Une nouvelle approche thérapeutique mise à l'essai par une équipe de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal) et de l'Université de Montréal donne des résultats très prometteurs pour le traitement du myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse que les traitements usuels de chimiothérapie ne peuvent actuellement guérir et qui laisse une espérance de vie moyenne d'environ six ou sept ans.

Cette étude a été menée par le Dr Jean Roy, hématologue à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et professeur titulaire à l'Université de Montréal, entre 2001 et 2010 sur 92 nouveaux patients atteints d'un myélome multiple. Recourant à une approche élaborée à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, soit l'autogreffe pour réduire la masse tumorale suivie trois à quatre mois plus tard d'une allogreffe familiale pour nettoyer la moelle osseuse des cellules de myélome au moyen des cellules immunitaires d'un donneur familial (immunothérapie), l'étude a en effet permis d'enregistrer un taux de guérison total de 41 %, un chiffre inégalé jusqu'à présent avec cette stratégie. Mieux encore, les patients en rémission complète six mois après l'allogreffe ont connu un taux de survie sans rechute de 60  %. En général, cette stratégie d'autogreffe suivie d'une allogreffe donne plutôt des taux de survie sans rechute de 20 à 25 % à long terme.

«Dans plusieurs centres, les médecins ont abandonné le recours à l'allogreffe pour traiter le myélome multiple en raison des risques de toxicité et de rechute. Ces résultats nous poussent plutôt à l'offrir à davantage de patients, notamment les plus jeunes et ceux qui ont une maladie dont le pronostic est moins bon», a expliqué le Dr Roy.

Les résultats de ces recherches sont publiés dans la revue spécialisée Bone Marrow Transplantation.

Autres données encourageantes

Par ailleurs, dans cette même étude, le taux de mortalité associé aux traitements sur 10 ans se situait à 10 %, un taux très faible après une allogreffe de donneur familial. Et, même si 50 % des patients ont connu une récidive de leur myélome, les traitements subséquents ont malgré tout montré une efficacité marquée : 50 % de ces patients étaient en vie cinq ans après la rechute.

Basée sur ces données, une nouvelle étude qui vise à diminuer les taux de récidives et de complications est actuellement en cours à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, et les résultats, bien que préliminaires, sont fort encourageants.

Cette étude a été financée par le Fonds William Brock de l'Université de Montréal.

À propos du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal (CIUSSS-Est) regroupe l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l'Hôpital Santa Cabrini, l'Institut Canadien-Polonais du Bien-Être et l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et de services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l'Île et Lucille-Teasdale. Affilié à l'Université de Montréal, le CIUSSS-Est conjugue les missions d'enseignement, d'évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé.

Ressources pour les médias

  • Florence Meney
    CIUSSS-EST - Hôpital Maisonneuve-Rosemont
    Tél: 514 755-2516