Deux hommes d’affaires chinois font un don de 1M$ à l’UdeM et à la fondation Trudeau

Messieurs Zhang Bin et Niu Gensheng en compagnie du recteur, Guy Breton.

Messieurs Zhang Bin et Niu Gensheng en compagnie du recteur, Guy Breton.

Crédit : Andrew Dobrowolskyj

En 5 secondes

Les hommes d’affaires chinois Zhang Bin et Niu Gensheng ont fait don de 1M$ à l’UdeM et à la fondation Trudeau afin de renforcer les liens sino-canadiens établis par l’ancien premier…

La Faculté de droit de l’Université de Montréal tient aujourd’hui une cérémonie de reconnaissance à la suite du don de Zhang Bin et Niu Gensheng pour la création du Fonds sino-canadien des bourses d’études Bin Zhang-Niu Gensheng et du Fonds Bin Zhang-Niu Gensheng à la Fondation Pierre Elliott Trudeau, commémorant la reconnaissance de la République populaire de Chine par le Canada en 1970. Les généreux donateurs seront accueillis à l’Université de Montréal à 17 h par le recteur, Guy Breton, en présence de Peng Jingtao, consul général de Chine à Montréal, et d’Alexandre Trudeau, directeur et membre de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.

En 2013, un jeune Chinois étudie à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Il se dit enthousiasmé par son expérience et ses parents sont les premiers à constater à quel point leur fils a non seulement acquis de multiples connaissances, mais est désormais ouvert sur le monde. Son père connaît un riche homme d’affaires qui, lui, en connaît un second. Ensemble, ils conçoivent le projet de donner un million de dollars à la Faculté de droit et à la fondation Trudeau.

La somme se transformera principalement en bourses, destinées en majorité à des étudiants québécois désireux d’aller étudier en Chine. Ils pourront se familiariser avec la culture chinoise, fort différente de la nôtre et dans laquelle, par exemple, la collectivité est beaucoup plus importante que l’individu. La connaissance du système juridique chinois sera de plus un atout considérable pour un étudiant qui souhaite travailler dans le domaine des relations commerciales entre un pays occidental et la Chine.

Honorer la mémoire de Pierre Elliott Trudeau : une statue à son effigie

Le don vise aussi à honorer la mémoire et le leadership de Pierre Elliott Trudeau, qui fut l’un des premiers dirigeants à reconnaître la République populaire de Chine en 1970. «L’histoire de M. Trudeau est connue en Chine», dit Guy Lefebvre, vice-recteur aux relations internationales, à la Francophonie, à la philanthropie et aux relations avec les diplômés. M. Lefebvre a été auparavant vice-doyen puis doyen de la Faculté de droit et c’est en grande partie à lui qu’on doit les liens étroits que les universités chinoises ont tissés avec l’UdeM.

«Les relations entre l’Université de Montréal et la Chine remontent à 1998, précise M. Breton. Depuis, nos échanges d’étudiants et de professeurs avec la Chine se comptent par dizaines. La cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui est tout à fait extraordinaire : il y a l’histoire, bien sûr, cette main courageuse, audacieuse que Pierre Elliott Trudeau a tendue à la Chine en 1970. Mais l’histoire serait restée dans les livres s’il n’y avait pas eu cette suite de rencontres.»

Pour reconnaître l’influence de Pierre Elliott Trudeau, le don prévoit l’installation d’une statue à son effigie devant la Faculté de droit.

Améliorer la gouvernance en Chine

«Le don vient également souligner la contribution de l’Université de Montréal à l’amélioration de la gouvernance en Chine», indique le vice-recteur. Les premiers liens entre la Faculté de droit et la Chine ont été établis en 1998, lorsque le gouvernement de Jean Chrétien a demandé à l’Agence canadienne de développement international d’organiser un concours en vue de former des juges chinois. L’Université de Montréal a remporté la palme et, depuis, une véritable amitié s’est nouée entre les chercheurs de l’UdeM et ceux des grandes universités chinoises. En droit d’abord, mais dans d’autres disciplines aussi, notamment en médecine, en chimie, en littérature et en relations industrielles.

La petite histoire d’un grand don

Les deux donateurs sont Zhang Bin et Niu Gensheng. M. Zhang est celui qui connaissait le père de l’étudiant venu à l’UdeM. C’est à lui que M. Lefebvre a présenté son projet, puis l’homme d’affaires chinois a à son tour convié M. Niu  à faire la connaissance de M. Lefebvre. Zhang Bin est président de la China Cultural Industry Association, qui a pour but de soutenir des projets culturels importants. Dans ce contexte, l’idée de favoriser une plus grande compréhension entre les étudiants québécois et les étudiants chinois a séduit les deux hommes d’affaires.

Mais, s’il est une chose sur laquelle le vice-recteur insiste aujourd’hui, c’est le fait que cette entente n’aurait pu voir le jour sans une longue collaboration entre l’UdeM et des universités chinoises. Car, depuis 1998, les projets se sont multipliés : écoles d’été pour les étudiants chinois et québécois (plus de 1000 étudiants y ont participé), programme de maîtrise en droit pour les étudiants chinois, projets de maîtrise commune, etc.

«Les universitaires et juristes chinois veulent connaître nos lois et nos opinions. Ils sont curieux et veulent innover», observe M. Lefebvre en rappelant que notre «bijuridisme» ‒ un système de droit civil qui cohabite avec un système de common law ‒ est attrayant pour les Chinois, qui ont un système civiliste, mais qui, pour des raisons économiques, subissent l’influence profonde de la common law. Par ailleurs, pour le vice-recteur, le caractère français de l’Université de Montréal ne pose aucun problème. Parce qu’un certain nombre de Chinois parlent le français ‒ 30 millions ‒ ou veulent l’apprendre et parce que des échanges peuvent avoir lieu en anglais. Sans parler du fait que des étudiants québécois se mettent au mandarin.

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