Toute une noce... avec Figaro!

Un drame humain empreint d’humour se jouera dès le jeudi 25 février sur la scène de la salle Claude-Champagne, avec la présentation des Nozze di Figaro, de Mozart.

Un drame humain empreint d’humour se jouera dès le jeudi 25 février sur la scène de la salle Claude-Champagne, avec la présentation des Nozze di Figaro, de Mozart.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Un drame humain empreint d’humour se jouera dès le jeudi 25 février sur la scène de la salle Claude-Champagne, avec la présentation des «Nozze di Figaro», de Mozart.

Pour sa grande production avec orchestre, l'Atelier d'opéra de l'Université de Montréal célèbre cette année Le Nozze di Figaro, de Mozart. Une équipée pleine de surprises sous la gouverne du chef Jean-François Rivest et du metteur en scène François Racine.

«C'est un véritable cadeau que nous fait la Faculté de musique avec cette production, s'enflamme la soprano lanaudoise Catherine St-Arnaud, étudiante de troisième cycle en chant lyrique. C'est l'un des opéras les plus joués dans le monde. Jean-François Rivest nous insuffle son rythme intérieur. Et François Racine connaît tellement bien l'art de la mise en scène! Il nous dirige et, en même temps, nous laisse assez de liberté pour que nos émotions d'artistes prennent vie sur la scène.»

Avec le personnage de Susanna qu'elle incarne, Catherine St-Arnaud est d'ailleurs bien servie en matière d'émotions. Susanna est à la fois amoureuse de Figaro, complice de la comtesse, prise au piège par le comte et en rivalité avec Marcellina. Elle passe de l'amour au drame, de la colère à l'ironie, de la tristesse à la joie. Et parfois en quelques mesures.

Ceux qui canalisent toutes ces énergies, Jean-François Rivest et François Racine, en sont à leur cinquième collaboration à la Faculté de musique. Ce travail conjoint, loin d'être devenu routinier, ne cesse d'évoluer avec les nouveaux défis qui se présentent à eux à chaque production.

«Ici, il y a deux principaux défis pour les chanteurs, explique le metteur en scène : les très nombreux récitatifs – on est parfois presque dans le théâtre parlé – et beaucoup de duos et d'ensembles chantés avec l'orchestre. Les solistes doivent trouver le rythme et être capables de jouer les diverses émotions. Cela dit, il y a une telle qualité dramatique chez Mozart que je n'ai qu'à embarquer dans le flow pour diriger les étudiants. Et eux-mêmes se laissent guider par la musique.»

Des archets de 1770

«Musicalement, il y a une quantité phénoménale de contrastes, fait remarquer Jean-François Rivest : fort, doux, vite, lent, énergique, moelleux, rugueux, sentimental, sensuel, cadencé. Il faut les exacerber, les augmenter. Pour y parvenir, nous avons tenté une expérience qui n'a jamais été faite ailleurs. On a un orchestre à cordes complet de 22 violons qui joue avec un même archet, soit la copie d'un modèle de 1770. Ça a été un miracle dès la première répétition. Parce que, si l'instrument est la voix, l'archet, lui, est la bouche, l'accent. Or, l'archet classique est plus léger, plus rebondissant. Il relâche plus facilement la tension. Ainsi, tout est plus dynamique.»

D'autres surprises attendent le spectateur. Parmi celles-ci, la présence d'une harpe pour accompagner Barbarina, seul personnage qui soit pur et authentique, vrai et sincère. Des timbales baroques frappées avec des baguettes en bois donneront un ton particulier à l'œuvre. Enfin, Jean-François Rivest a préféré une guitare au piano-forte pour rythmer le fandango, danse qui conclut le troisième acte.

«N'oublions pas que l'action se déroule à Séville!» rappelle-t-il.

Entre tyrannie et démocratie

«Toute la production est bien pensée, souligne Ronan MacParland, l'interprète de Figaro. Tout le monde travaille fort, à son niveau, pour que cet opéra soit exceptionnel. Il y a une grande démocratie entre le chef d'orchestre, le metteur en scène et nous, les chanteurs. C'est rare et très responsabilisant. C'est la génération Y qui est sur scène et elle instaure des rapports plus horizontaux que verticaux. Ça ne veut pas dire que les professeurs n'ont pas la maîtrise et l'expérience... et nous les respectons! Mais, durant les périodes de travail, nous sommes une équipe d'artistes et chacun apporte sa touche.»

Pour le jeune baryton-basse, inscrit au programme de maîtrise en interprétation chant à l'UdeM après avoir obtenu un baccalauréat en science politique,Le Nozze di Figaro est un opéra qui oscille continuellement entre la tyrannie et la démocratie. Un opéra qui fait également la part belle aux femmes.

«C'est la différence entre l'opéra de Mozart et la pièce de Beaumarchais dont il est l'adaptation, explique-t-il. Beaumarchais critiquait la société de classes. Et, si les classes sont bien sûr représentées dans cette œuvre de Mozart, de manière comique surtout, il n'en reste pas moins que le vrai drame est humain. Il se déroule entre les hommes et les femmes.»

Un drame humain empreint d'humour qui se jouera dès le 25 février sur la scène de la salle Claude-Champagne.

Le Nozze di Figaro, de Mozart, sous la direction de Jean-François Rivest et dans une mise en scène de François Racine, les 25, 26 et 27 février à 19 h 30, et le 28 février à 15 h, à la salle Claude-Champagne de la Faculté de musique de l'Université de Montréal (220, avenue Vincent-D'Indy). Tarifs : 25 $ ou 12 $ pour les étudiants. Billetterie.