Cybersanté : plus de 1 M$ pour favoriser l’accès des jeunes aux services de santé mentale

Shalini Lal, professeure à l'École de réadaptation et chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

Shalini Lal, professeure à l'École de réadaptation et chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

Crédit : Production multimédia CHUM.

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LE CRCHUM a obtenu une importante subvention pour piloter un programme de démonstration visant à améliorer l’accès des adolescents et des jeunes adultes à des services de santé mentale.

Le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) obtient une subvention de 1 075 000 $ pour piloter un programme de démonstration qui vise à améliorer l’accès des adolescents et des jeunes adultes à des services de santé mentale.

Au Canada, 75 % des jeunes de 11 à 25 ans ayant des problèmes de santé mentale n’ont pas accès à des services adéquats. «Les délais d’attente sont souvent trop longs et les voies d’accès aux services sont complexes, ce qui décourage les jeunes d'entreprendre les démarches pour être évalués et soignés correctement», explique Shalini Lal, chercheuse au CRCHUM et professeure à l’Université de Montréal.

Sachant qu’une personne sur cinq sera touchée par une maladie mentale au cours de sa vie et que la plupart des maladies mentales apparaissent avant l’âge de 25 ans, les jeunes sont particulièrement vulnérables. «Les nouvelles technologies peuvent être utiles pour s’assurer que la première expérience d’accès aux soins est positive, fait valoir Shalini Lal. Si un jeune tombe sur un répondeur ou qu’il doit expliquer plusieurs fois à différentes personnes son motif de consultation, ça peut augmenter sa détresse psychologique et le dissuader d’aller chercher l’aide dont il a besoin.»

Pour s’attaquer à ce problème, Shalini Lal va diriger l'élaboration et l’évaluation d’un nouveau système de gestion des demandes de consultation pour améliorer l’accès direct et rapide à des services de santé mentale grâce à des outils en ligne. «Le jeune pourra remplir lui-même un formulaire de consultation sur une plateforme sécurisée. Ce formulaire sera intégré à un système d’aiguillage des demandes qui va les trier en fonction des urgences. Un clinicien va ensuite fixer un rendez-vous pour une consultation en personne, par téléphone, par clavardage en direct ou par vidéoconférence, selon le mode de communication choisi. On pense que l’utilisation des nouvelles technologies va faciliter l’accès aux soins et responsabiliser le jeune, pour qu’il puisse lui-même entreprendre la démarche initiale de consultation», postule l’investigatrice principale du projet.

Les chercheurs ont établi un partenariat avec l’organisme Jeunesse, J’écoute, qui offre un service d’aide pour les jeunes 24 heures sur 24, 365 jours par année. Depuis 2011, Jeunesse, J’écoute a mis en place un service de clavardage en direct avec un intervenant. «On constate que ceux qui choisissent ce moyen de communication sont souvent en plus grande détresse et parfois même suicidaires. Peut-être qu’ils ont le sentiment que le clavardage protège plus leur vie privée : ils peuvent décider quelles informations ils révèlent et contrôler mieux leurs émotions. C’est un aspect que nous allons évaluer dans cette recherche», dit la chercheuse.

Ce projet est financé par le gouvernement du Canada, grâce à une subvention de 750 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada pour quatre ans, à travers le Programme de partenariats pour l’innovation en cybersanté. La Fondation Graham Boeckh y investit également 325 000 $, ce qui porte le financement global à 1 075 000 $. L’équipe de recherche compte lancer d’ici un an son programme de démonstration, qui comprendra un portail Web facilitant les demandes de consultation des jeunes, une plateforme de communication sécurisée et un système de gestion et d’aiguillage des demandes de consultation pour les professionnels de la santé. L’objectif ultime est de favoriser l’accès direct des jeunes aux services publics de santé mentale et de les responsabiliser dans le processus initial de consultation.

Le système sera mis à l’essai dans six lieux au Canada : le CLSC Dorval-Lachine (CSSS de Dorval-Lachine-LaSalle à Montréal [Québec]), le CLSC Parc-Extension (CSSS de la Montagne à Montréal [Québec]), le Chatham-Kent Health Alliance (Chatham, en Ontario), l'Alberta Health Services et le CASA (Edmonton, en Alberta), le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James (Territoire cri Eeyou Istchee, au Québec) et l'Eskasoni Mental Health & Social Work Services (Mi’kmmaw Eskasoni First Nation, en Nouvelle-Écosse). Ces organismes font partie du réseau ACCESS Esprits ouverts, un réseau pancanadien de 200 membres comprenant des jeunes et leurs familles, des fournisseurs de services, des chercheurs, des décideurs politiques et des organisations communautaires. Partenaire clé de ce projet, l’entreprise canadienne Solutions Strata Santé va livrer le système de gestion de demandes de consultation et offrir son soutien en technologies de la santé.

À propos de cette étude

Shalini Lal est chercheuse au CRCHUM, professeure à l’Université de Montréal et investigatrice principale du projet «An Integrated Self-Referral eHealth Strategy for Improving Rapid and Direct Access to Youth Mental Health Services: A Stepped-Wedge, Cluster Randomized Controlled Trial in Six Canadian Healthcare Settings», subventionné par les Instituts de recherche en santé du Canada et la Fondation Graham Boeckh. Les autres partenaires du projet sont l’entreprise Solutions Strata Santé, le réseau ACCESS Esprits ouverts, l’organisme Jeunesse, J’écoute, le réseau Children and Youth in Challenging Contexts Network et l’organisme Mindyourmind.

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