Catherine Ouellet-Courtois, étudiante de l’UdeM

Catherine Ouellet-Courtois est doctorante en psychologie à l'Université de Montréal.

Catherine Ouellet-Courtois est doctorante en psychologie à l'Université de Montréal.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

À l'occasion de la Journée internationale des femmes, rencontre avec une doctorante en psychologie à propos du sens du féminisme en 2016.

Vous définissez-vous comme féministe?

C'est certain, et je pense que tout le monde devrait se dire féministe! Avec le féminisme de troisième vague, on ne parle plus seulement de la cause des femmes, mais aussi d'égalité pour tous. La cause des femmes était un ancrage, un point de départ; maintenant on se préoccupe de l'égalité entre les races, entre les genres, entre les orientations sexuelles...

Pourquoi observe-t-on alors la présence de mouvements antiféministes?

Je pense que plusieurs voient dans le féminisme des femmes anti-hommes, des femmes frustrées qui luttent pour une cause inutile. Je pense que c'est une mauvaise compréhension de ce qu'est le féminisme aujourd'hui : la poursuite de l'égalité pour tous.

N'avons-nous pas atteint une certaine forme d'égalité?

Les communautés occidentales ne devraient pas tenir pour acquises les réalisations des première et deuxième vagues féministes, comme le droit de vote. Mais plusieurs s'en tiennent à ça et se demandent pourquoi continuer à se battre. Je leur dirais que le féminisme nous porte à redéfinir plusieurs concepts : ça veut dire quoi, être un homme? être une femme? Qu'est-ce que le genre? Si on parle des personnes transgenres, dans quelles catégories les place-t-on?

Quel est, pour vous, l'enjeu féministe le plus important?

Notre tendance à toujours penser en termes de dichotomie hommes/femmes. J'essaie de contrer la tendance que nous avons à qualifier les états émotifs, les actions ou les intérêts selon ce qui est «féminin» ou «masculin».

Remarquez-vous cette tendance aussi chez les plus jeunes?

J'ai rencontré récemment un jeune homme qui me parlait des élections présidentielles américaines et il a senti le besoin de m'expliquer qui étaient les candidats. Peut-être aurait-il agi de la même façon avec un autre jeune homme, mais il semblait croire que je n'étais pas au courant de l'actualité politique. Il me parlait du «vieux monsieur démocrate», alors que je sais très bien qui est Bernie Sanders [rires]!

Quelle femme admirez-vous particulièrement?

La philosophe et auteure Judith Butler. Son essai principal Trouble dans le genre est un peu ardu à lire, mais on trouve en ligne de très bons cours bien vulgarisés à propos de son œuvre.