«Sans bourse, je ne serais pas ici à réaliser mes aspirations.» ‒ Claudio Del Grande

Claudio Del Grande.

Claudio Del Grande.

Crédit : Andrew Dobrowolskyj.

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Le doctorant Claudio Del Grande a reçu une bourse qui lui a permis de trouver un bel équilibre entre le travail, la famille et les études.

Après avoir terminé avec brio sa scolarité de baccalauréat et obtenu une maîtrise en sociologie de la santé, Claudio Del Grande a voulu connaître le monde du travail et faire ses preuves hors du cadre de la formation universitaire.  

Il a brièvement travaillé à forfait pour différentes équipes de recherche, avant de se joindre à l'équipe de la Chaire Docteur Sadok Besrour en médecine familiale au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM). Il s'est alors intéressé à la gestion des maladies chroniques, à l'organisation et à la qualité des soins et des services de première ligne, aux relations entre le patient et les professionnels de la santé et au soutien à la recherche dans les milieux cliniques de première ligne, où sont prodigués la majorité des soins à la population.

Après sept ans, le jeune homme réalise que des études doctorales lui ouvriraient de nouvelles portes et surtout lui permettraient de mieux aider les patients grâce à des connaissances plus poussées et à la capacité de les mettre en œuvre. Au CRCHUM et à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux, il avait côtoyé plusieurs personnes inspirantes, à commencer par la Dre Marie-Dominique Beaulieu, professeure titulaire au Département de médecine de famille et médecine d'urgence de l'Université de Montréal, chercheuse au CRCHUM et chercheuse associée à l'École de santé publique de l'UdeM.

«Elle m'a emmené partout et j'ai été son bras droit en recherche», raconte Claudio Del Grande. J'ai alors entrevu où me mèneraient un doctorat et une carrière de chercheur indépendant.»

À l'automne 2014, voilà donc M. Del Grande de retour à l'Université de Montréal, entamant un doctorat à l'École de santé publique. Il continue d'occuper un emploi à temps plein. Au-delà de l'expérience professionnelle, plusieurs choses avaient changé depuis qu'il avait quitté les bancs d'école. «En fait, surtout deux petites choses, hautes d'environ trois pieds et qui tiennent rarement en place, mais qui font toute la différence au monde.» Il a maintenant deux petits garçons de trois et cinq ans avec sa conjointe, qui est travailleuse autonome.

«C'était absolument formidable de retourner aux études, de discuter avec des personnes passionnées issues d'horizons divers. Mais j'en suis rapidement venu à brûler la chandelle par les deux bouts, car, une fois à la maison, je ne voulais pas que mes garçons et ma vie de famille passent au second plan. Ma conjointe me voyait m'user. Mes nuits étaient courtes et je ne savais pas combien de temps je pourrais tenir. Mon entourage et moi-même avons beaucoup remis en question mon choix de retourner aux études au début.»

Ici, l'histoire prend un nouveau tour. M. Del Grande savait que son dossier d'étudiant était exemplaire – sa scolarité de baccalauréat et celle de maîtrise lui avaient valu des distinctions ‒ et que ses chances d'obtenir un soutien financier étaient bonnes, mais il n'avait tout simplement pas le temps de rédiger sa demande. Entre alors en scène Angélique De Chatigny, technicienne en gestion des dossiers étudiants à l'École de santé publique. Elle remarque le dossier de M. Del Grande, l'encourage à soumettre une demande de bourse et l'aide dans cette tâche. Et il reçoit une bourse de la réussite de l'Université. Il a témoigné de sa gratitude le 17 février dernier, à un petit déjeuner animé par le recteur, Guy Breton, et auquel ont participé près de 200 employés installés aux pavillons de l'avenue du Parc.

«Je suis absolument reconnaissant à toutes les personnes qui ont contribué à rendre possible mon retour aux études. La bourse est arrivée à un moment où je me demandais si j'étais à la bonne place. Elle m'a permis de diminuer ma charge professionnelle et de concilier travail, études et famille. Même si l'équilibre demeure précaire, aujourd'hui j'ai l'impression que le point de rupture est derrière moi et je me sens encouragé à poursuivre.

«On oublie parfois de penser aux retombées plus larges que peut avoir une bourse. Bien sûr, elle m'a permis de me consacrer davantage à mes études, mais j'ose espérer que cet investissement accru aura aussi bénéficié à mes collègues étudiants et professeurs, car aux cycles supérieurs on apprend beaucoup ensemble. L'université ne met pas seulement les étudiants en relation avec des livres et des connaissances désincarnées; sa plus-value réside beaucoup pour moi dans les échanges auxquels elle donne lieu. Des bourses comme celle que j'ai reçue permettent d'inclure des personnes qui ne se retrouveraient pas, autrement, dans ces échanges cruciaux qui façonnent notre avenir personnel et collectif, bien qu'elles y contribuent.»

M. Del Grande a pour directeur de thèse son patron et responsable de l'axe Évaluation, systèmes de soins et services au CRCHUM, le Dr Janusz Kaczorowski, qui est également directeur de la recherche au Département de médecine de famille et médecine d'urgence de l'UdeM ainsi que titulaire de la Chaire Docteur Sadok Besrour en médecine familiale et de la Chaire GlaxoSmithKline (GSK) en gestion optimale des maladies chroniques.

«Je fais ma thèse sur l'engagement des patients dans la recherche et l'innovation en santé. L'engagement des patients est crucial pour déterminer les besoins prioritaires et concevoir des solutions qui soient à la fois efficaces et respectueuses de leurs préférences, dit-il. Mes études en sociologie et mon parcours professionnel m'ont bien préparé à relever ce défi à la jonction des sciences humaines et des sciences de la santé.»

Claudio Del Grande a lui-même été donateur dans le passé pour des causes qui lui tiennent à cœur et il recommencera dans l'avenir. «C'est la solidarité qui s'exprime et une roue qu'il faut continuer de faire tourner, observe-t-il, à défaut de vivre dans un monde où l'éducation est à coût nul pour toute personne souhaitant s'y consacrer sérieusement.»