Les archives ont 50 ans

  • Forum
  • Le 23 mars 2016

  • Mathieu-Robert Sauvé

En 5 secondes

Une centaine de personnes ont participé à un colloque soulignant le cinquantenaire de la Division de la gestion de documents et des archives, le 17 mars 2016.

«À l'anarchiste de l'Université de Montréal.» Ainsi était adressée une lettre destinée à Carol Couture, qui a été à la tête de la Division de la gestion de documents et des archives (DGDA) de l'Université de Montréal de 1972 à 1988.

Le terme «archiviste» était alors peu connu ‒ au point d'être confondu avec «anarchiste» ‒ et M. Couture avait pour tâche de mettre de l'ordre dans la gestion des documents de l'établissement. «Notre équipe était logée dans le pavillon de l'administration, aujourd'hui démoli. C'était tellement convivial que l'hiver je branchais mon auto dans la prise murale de mon bureau», a raconté l'archiviste à l'occasion du 50e anniversaire de la DGDA.

Près d'une centaine de personnes étaient réunies le 17 mars au Carrefour des arts et des sciences du pavillon Lionel-Groulx afin de célébrer cet anniversaire dans le cadre d'un colloque rassemblant des archivistes de tous horizons, dont plusieurs anciens employés ou stagiaires de la DGDA. L'ex-directeur devenu, par la suite, conservateur et directeur général des archives à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, ne pouvait être présent, mais il avait tenu à relater le bilan de ses années à l'UdeM sur bande vidéo.

Carol Couture n'a pas été le premier directeur de la DGDA. Il avait été précédé par François Beaudin, qui lui-même avait succédé à Luc André Biron. «François Beaudin transformera le Service des archives en profondeur durant son court mandat de quatre ans : création de la Commission des archives, embauche d'un personnel qualifié qui fera sa marque sur la scène archivistique, approbation des premières règles de conservation, mise en place d'un dépôt de documents semi-actifs, etc.», a résumé l'actuelle directrice de la Division, Diane Baillargeon, au cours de la table ronde des anciens directeurs des archives, qui ouvrait la rencontre.

«Mémoire institutionnelle»

Claude Minotto, qui a dirigé l'unité de 1999 à 2009, a présenté les faits saillants de sa décennie, marquée par les changements technologiques. D'entrée de jeu, il a voulu illustrer la cohabitation des différents supports en faisant remarquer aux participants qu'aucun ne portait des vêtements faits totalement de fibres naturelles ou de fibres synthétiques. «C'est la même chose pour les documents que nous conservons. Il faut apprendre à vivre avec une multiplicité de supports : numériques, analogiques, imprimés...»

Pour Claude Minotto, le grand défi de l'archiviste est de repérer l'information à retenir dans la manne qui ne cesse d'être alimentée par la vie quotidienne de l'établissement. Il est heureux du slogan qui définit le mieux la DGDA : «Pour une mémoire institutionnelle d'utilité courante et historique.»

Parmi les réalisations dont il est le plus fier figure cette chronique sur les archives dans le journal Forum au cours des années 2000. «Une bonne façon de donner de la visibilité à ce que nous faisions», dit-il.

Secrétaire général émérite de l'Université de Montréal, Michel Lespérance a assisté à l'évolution des archives à divers titres durant 35 des 50 ans de leur histoire. Il a signalé le fait que l'expertise acquise dans la tour du pavillon Principal a eu des retombées sur le plan national et même à l'échelle internationale, puisque ce sont des gens formés sur le campus qui sont allés enrichir les services provinciaux et fédéral d'archives. Le Québec est même à l'origine de la Déclaration universelle des archives, adoptée par l'Unesco en 2011. En félicitant les pionniers, M. Lespérance a souligné qu'il ne fallait pas oublier que «ce sont les êtres humains qui donnent une âme aux institutions».

La journée s'est terminée par une présentation de Mme Baillargeon des nouveaux défis que la DGDA devra relever. La gestion des données des systèmes centraux comme Synchro, celle des courriels et l'accessibilité en ligne d'une plus grande partie de la collection y figurent en bonne place.