SOS grossesse chez les bovins

En 5 secondes

En stimulant la production laitière des bovins, on semble nuire à leur fertilité.

On dit que deux verres de lait, c'est mieux, mais peut-être pas pour la vache. En effet, en stimulant la production laitière des bovins, on semble nuire à leur fertilité, puisque environ 70 % du troupeau devient moins fertile avec le temps. L'industrie voit alors sa rentabilité diminuer, car il n'y a pas de lait sans veau.

Pour garder une bonne production de lait sans nuire à la reproduction du cheptel, Christopher Price, professeur au Département de biomédecine vétérinaire de l'Université de Montréal, cherche à contrôler la fécondité bovine en manipulant les cellules sexuelles – les ovocytes – et le petit sac de cellules nourricières qui les entoure – le follicule ovarien.

Le chercheur du Centre de recherche en reproduction animale explore une famille de protéines appelées «facteurs de croissance». Des études ont montré que ces molécules nécessaires à la multiplication cellulaire contribuent au bon développement du follicule ovarien chez la souris. Pourraient-elles avoir le même effet chez la vache? Il semblerait que oui. En laboratoire, le professeur Price a ajouté quelques-unes de ces protéines à des cellules ovariennes mises en culture. Résultat : certaines protéines favorisent la croissance du follicule ovarien et, conséquemment, la maturation de l'ovocyte.

Le chercheur s'est également livré à une série d'expériences sur des ovocytes en culture in vitro, car l'industrie laitière utilise beaucoup ce mode de fertilisation pour produire des embryons bovins, bien que le taux de succès ne dépasse pas 50 %. La donne pourrait changer, Christopher Price ayant observé que l'ajout de certains facteurs de croissance dans l'éprouvette produit des ovocytes de meilleure qualité en meilleure santé. Il reste maintenant à évaluer si ces ovocytes vigoureux donnent plus d'embryons et si l'ajout de facteurs de croissance ne cause pas d'effets indésirables sur l'animal.