Un pancréas artificiel pour diabétiques

En 5 secondes

Le système automatisé développé par Rémi Rabasa-Lhoret et son équipe simule un pancréas normal grâce à un algorithme de dosage intelligent.

Pour un diabétique, calculer les doses d’insuline à s’injecter est un peu comme remplir une déclaration de revenus : un vrai casse-tête!

Voilà pourquoi Rémi Rabasa-Lhoret, professeur au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et endocrinologue à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, affilié à l’Université de Montréal, a conçu un pancréas artificiel qui injecte automatiquement la bonne quantité d’insuline selon la glycémie (taux de sucre dans le sang) du patient. Les premiers résultats sont probants : les prototypes améliorent de 15 à 20 % le contrôle de l’hyperglycémie (taux de sucre trop haut) et diminuent de quatre à huit fois les cas d’hypoglycémie (taux de sucre trop bas).

Le Dr Rabasa-Lhoret suit des centaines de personnes aux prises avec le diabète de type 1. Cette maladie chronique non guérissable est causée par l’arrêt de sécrétion d’insuline, une hormone qui abaisse le taux de sucre sanguin. De plus en plus de diabétiques utilisent une pompe qui administre de façon continue une quantité déterminée d’insuline dans le sang. Comme ce traitement ne s’ajuste pas automatiquement selon les variations glycémiques, la personne doit calculer avec précision la dose d’insuline en fonction des repas pris ou de l’activité physique pratiquée. Résultat : 75 % des diabétiques n’atteignent par les niveaux cibles de glycémie et s’exposent à des complications telles que la cécité, l’insuffisance rénale, la perte de connaissance et même le coma.

Le système automatisé élaboré par le médecin et son équipe simule un pancréas normal grâce à un algorithme de dosage intelligent. Intégré à un téléphone cellulaire connecté à une pompe à insuline traditionnelle, il recalcule constamment la dose d’hormones requise selon les changements glycémiques. Ce pancréas artificiel se décline en deux versions : l’une administrant de l’insuline seulement et l’autre injectant insuline et glucagon, une hormone qui augmente le taux de sucre en cas d’hypoglycémie.

En menant la première étude mondiale comparant trois traitements du diabète auprès de 30 patients, l’équipe du Dr Rabasa-Lhoret a prouvé que ce pancréas artificiel était plus efficace que la pompe à insuline traditionnelle pour contrôler la glycémie. Le chercheur attend présentement le feu vert de Santé Canada pour entamer d’autres études de comparaison de plus longue durée. La commercialisation d’un tel produit pourrait survenir d’ici cinq à sept ans.