Un cardiologue, un biologiste et un peintre rendent hommage aux arbres

  • Forum
  • Le 8 avril 2016

  • Mathieu-Robert Sauvé

En 5 secondes

Le Trialogue sur l'arbre présente à la Maison de l'arbre Frédéric-Back une exposition de peintures commentées par un médecin et un biologiste.

Le cerveau humain consomme 20 % de l’oxygène du corps. «Non seulement le cerveau est avide d’oxygène, il en dépend totalement. Une pénurie de quelques secondes et c’est la perte de conscience. La pensée est la finalité de l’oxygène. Et l’arbre en est son principal fournisseur.»

Ce texte signé François Reeves accompagne une œuvre du peintre Alain Massicotte à la Maison de l’arbre Frédéric-Back du Jardin botanique de Montréal, dans le cadre de l’exposition Trialogue sur l’arbre, qu’on peut voir jusqu’à la fin de l’automne. Professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et cardiologue d’intervention au CHUM et à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, le Dr Reeves a eu l’idée de cette rencontre entre un médecin, un biologiste et un artiste peintre. Le Jardin botanique leur a ouvert les portes de sa maison de l’arbre, située boulevard Rosemont. «Nous présentons notre rapport au règne végétal à partir de nos expertises. Cela donne un véritable échange multidimensionnel, un “trialogue sur l’arbre”», explique l’auteur de Planète Cœur (éditions MultiMondes et du CHU Sainte-Justine, 2011), un livre qui fait le point sur les liens entre la qualité de l’environnement et la santé du cœur.

Pour François Reeves, la forêt urbaine est «l’un des pôles majeurs d’une cité cardioprotectrice» et il milite activement pour augmenter les espaces verts dans les villes. Et l’art est un véhicule de choix pour exprimer des idées scientifiques. Il a rédigé le texte d’un poème symphonique composé par Gilles Bellemare et créé en novembre dernier par l’Orchestre symphonique de Laval.

Le biologiste Michel Lebœuf, rédacteur en chef de la revue Nature sauvage et auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique (il est deux fois lauréat du prix Hubert-Reeves), apporte sa contribution à l’exposition par ses réflexions sur les œuvres affichées. Les conifères, rappelle-t-il, «dominaient les forêts plusieurs millions d’années avant l’arrivée des feuillus». Conservant leurs aiguilles sur quatre saisons, pins, épinettes, pruches, thuyas et sapins contribuent ainsi à la photosynthèse même l’hiver.

Ancien étudiant en architecture à l’Université de Montréal, Alain Massicotte est illustrateur professionnel depuis quatre décennies. Parallèlement à cette carrière, il est un peintre prolifique qui compte une dizaine d’expositions en solo. Sa série de paysages sur l’Estrie, entamée en 2006 et qui totalise près de 600 œuvres, a servi pour Trialogue sur l’arbre.

Les arbres sont les personnages principaux des huiles d’Alain Massicotte. Des pins majestueux mais aussi des essences plus discrètes, voire des arbustes austères, peuplent ses créations. Il plante son chevalet en pleine forêt ou dans des champs toute l’année durant. Plus de 80 toiles peuvent être vues à la Maison de l’arbre.

Le Dr Reeves signale que ce projet s’est construit avec la collaboration de plusieurs personnes et établissements. En plus de l’UdeM et d’Espace pour la vie, les élèves et enseignants du programme Techniques de muséologie du collège Montmorency ont participé à la scénographie de l’exposition et à l’accrochage des tableaux.