Un biomarqueur pour diagnostiquer l’hypertension pulmonaire

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Une étude établit l'innocuité du biomarqueur PulmoBind et démontre que le résultat par imagerie tomographique était clairement anormal chez les patients atteints d'hypertension pulmonaire.

Jocelyn Dupuis, professeur au Département de physiologie moléculaire et intégrative de l’Université de Montréal, cardiologue et chercheur à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), a présenté les conclusions d’une étude clinique de phase II au congrès de l’American College of Cardiology, tenu récemment à Chicago.

Cette étude établit l’innocuité du biomarqueur PulmoBind et démontre que le résultat de l’analyse par imagerie tomographique de PulmoBind était clairement anormal chez les patients atteints d’hypertension pulmonaire.

Le travail de l’équipe pilotée par le Dr Dupuis a mené à la mise au point du premier agent d’imagerie moléculaire sécuritaire, sensible et non invasif conçu pour poser un diagnostic précoce et assurer le suivi de l’hypertension pulmonaire.

Le Dr Dupuis a été en mesure de prouver que PulmoBind pourrait remplacer les tests actuellement utilisés pour diagnostiquer précocement la maladie et surveiller l’efficacité d’un traitement lors d’études cliniques.

«Cette percée offre un espoir formidable aux patients atteints d’hypertension pulmonaire, puisque leur traitement pourra débuter plus rapidement et ainsi changer leur vie», a affirmé le Dr Dupuis, chercheur principal.

L’hypertension pulmonaire est une maladie fréquente potentiellement mortelle caractérisée par un rétrécissement progressif des vaisseaux sanguins dans les poumons. Elle provoque une augmentation graduelle de l’essoufflement, ce qui entraîne une incapacité importante. Actuellement, il n’existe pas de traitement curatif pour l’hypertension pulmonaire, et l’élaboration de médicaments efficaces est compliquée par l’absence de tests non effractifs capables de dépister la maladie à un stade précoce et d’en suivre l’évolution. Cette découverte donne donc beaucoup d’espoir aux personnes atteintes. «Je tiens à remercier le CQDM d’avoir cru au potentiel de notre projet depuis le début. Sans son appui financier important de 2,8 M$, cet avancement clinique n’aurait pas été possible», a ajouté le Dr Dupuis.

PulmoBind est un nouveau produit radiopharmaceutique qui a été conçu en collaboration avec le Dr François Harel, du département de médecine nucléaire de l’ICM, et Alain Fournier, chimiste des peptides à l’INRS – Institut Armand-Frappier.

«Il n’existe actuellement aucun équivalent du PulmoBind permettant de réaliser une imagerie fonctionnelle de la circulation pulmonaire. Nous sommes fiers de ce produit dont nous avons assuré toutes les étapes de développement, de la recherche fondamentale à l’application chez l’humain. Le département de médecine nucléaire de l’ICM dispose d’équipements à la fine pointe de la technologie qui permettent la réalisation de tels travaux», a expliqué le Dr Harel, spécialiste en cardiologie nucléaire.

Selon le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur de médecine à l’Université de Montréal, «cette découverte et la conception de PulmoBind par les Drs Dupuis et Harel pourraient vraiment changer la vie des patients atteints d’hypertension pulmonaire en améliorant le diagnostic précoce et le suivi personnalisé. L’Institut de cardiologie de Montréal montre encore une fois, par cette avancée remarquable, qu’il est un chef de file en médecine de précision cardiovasculaire».

Le CQDM se réjouit des résultats de recherche obtenus jusqu’à maintenant. «Nous sommes très fiers d’avoir soutenu ce projet depuis ses débuts. Soulignons également la participation du mentor Michael Klimas, de chez Merck, au développement d’un marqueur PulmoBind adapté à l’imagerie par tomographie par émission de positrons. Les résultats sont très impressionnants et nous croyons que la suite sera tout aussi prometteuse», a déclaré Diane Gosselin, présidente et directrice générale du CQDM.

Ces résultats vont mener à une étude de phase III qui se déroulera sur trois ans et qui sera menée auprès de 350 patients dans 10 centres en Amérique du Nord.

Le Dr Jocelyn Dupuis est disponible pour des entrevues.