David J. Roy laisse un héritage précieux en éthique et en bioéthique

David J. Roy est décédé à l'âge de 78 ans le 28 décembre 2015.

David J. Roy est décédé à l'âge de 78 ans le 28 décembre 2015.

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David J. Roy est décédé à l'âge de 78 ans le 28 décembre 2015.

Le 28 décembre 2015, David J. Roy est subitement décédé à l’âge de 78 ans. M. Roy était reconnu pour son expertise, sa réflexion éthique et ses réalisations ayant marqué l’enseignement et la recherche en éthique et en bioéthique à l’Université de Montréal.

Chercheur titulaire au Département de médecine de la Faculté de médecine depuis 1980, David J. Roy transmettait ses connaissances aux étudiants et à ses collègues avec une vision intégrée de l’éthique, teintée par la formation pluridisciplinaire qu’il avait acquise au fil du temps. En effet, M. Roy avait étudié en mathématiques, en philosophie et en théologie. Après quelques années à l’Université de Sudbury (Ontario) à titre de professeur, il a été invité, en 1976, par le directeur de l’Institut de recherches cliniques de Montréal à y fonder le premier centre de bioéthique au Canada, centre qu’il a dirigé jusqu’en 2008. Il a ensuite été le promoteur du Réseau FRSQ de recherche en éthique clinique – dont il a été le directeur jusqu’en 2002 – et de l’Observatoire de la génétique. En juin 2008, il s’est joint à l’équipe du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal comme directeur du Laboratoire de recherche en éthique et vieillissement, où il s’est profondément engagé dans les débats sur l’éthique des décisions et des soins de fin de vie.

M. Roy a été un auteur prolifique avec plus de 400 publications, dont certaines incontournables en bioéthique, et plus de 500 conférences. Il aura grandement marqué la discipline, les soins palliatifs, ses collègues et la littérature internationale en éthique clinique. En 1985, il a créé le Journal of Palliative Care, où il a rédigé des éditoriaux profondément touchants et empreints d’humanité.

Il s’est distingué aussi par sa participation active à de nombreux groupes de travail, groupes d’évaluation à tous les paliers gouvernementaux, comités d’éthique clinique, comités d’éthique de la recherche et comités de politiques de santé publique, ainsi qu’à des comités de rédaction de revues internationales.

Fait officier de l’Ordre du Canada en 1999 et officier de l’Ordre national du Québec en l’an 2000, il a reçu deux doctorats honorifiques en reconnaissance de ses réalisations, ses valeurs et ses idéaux ayant marqué l’évolution et le rayonnement de la bioéthique.

David J. Roy a toujours défendu avec justesse et conviction les causes qui lui tenaient à cœur. Il est notamment connu pour son travail et ses réflexions sur les enjeux éthiques des soins aux personnes âgées, sur l’accompagnement des personnes en fin de vie et sur l’euthanasie. M. Roy croyait en l’humanité et au pouvoir de cette dernière pour résister et agir humainement dans les situations les plus intolérables. C’est en défendant cette éthique de l’humanité qu’il savait atteindre et émouvoir ses collègues, mais aussi et surtout faire réfléchir ses lecteurs et auditeurs. La communauté a non seulement perdu un pionnier aux compétences et réflexions extraordinaires, mais également un humaniste avec une vision à la fois poétique et sans concession du monde.

Béatrice Godard, professeure à l’École de santé publique
Thierry Hurlimann, coordonnateur au Département de médecine sociale et préventive
Antoine Payot, professeur au Département de pédiatrie
Josette Noël, secrétaire de la Faculté de médecine
Hubert Doucet, professeur retraité de la Faculté de théologie et de sciences des religions