Cinq ans de vulgarisation scientifique avec Normand Mousseau

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  • Le 15 avril 2016

  • Paule Des Rivières
Normand Mousseau

Normand Mousseau

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

La grande équation, une émission de vulgarisation scientifique présentée par Normand Mousseau, célébrera ses cinq ans le 28 avril.

«Bienvenue à La grande équation, votre rendez-vous hebdomadaire avec la science.» C’est par ces mots que Normand Mousseau, professeur du Département de physique de l’Université de Montréal lance chacune de ses émissions de vulgarisation scientifique, présentées sur les ondes de Radio Ville-Marie ou sur le site Web UdeMNouvelles. Et La grande équation célébrera ses cinq ans le 28 avril.

Combien d’émissions avez-vous présentées?

Plus de 150, sur une foule de sujets.

Le professeur de physique que vous êtes a donc délaissé sa zone de confort?

Que oui! Les premières entrevues étaient plus près de mon expertise. Mais j’ai rapidement élargi mon champ d’intervention, car dès le début je voulais toucher à tous les domaines de la recherche, incluant les sciences humaines et sociales.

Comment est venue l’idée de faire une émission sur la science?

Par un concours de circonstances, comme c’est souvent le cas pour de nouvelles initiatives. En 2011, j’ai fait une tournée des médias à la suite de la publication de mon livre Au bout du pétrole. Je suis allé à Radio Ville-Marie, où le directeur de la station m’a interviewé. Par la suite, il a mentionné qu’il souhaitait présenter une émission de vulgarisation scientifique. Dès le lendemain, je lui envoyais une proposition d’émission. La première a été diffusée le 8 septembre 2011.

L’émission a-t-elle évolué?

Oui, car au départ elle ne durait que 30 minutes. Dès la seconde année, nous sommes passés à 60 minutes. Ce format convenait mieux à la direction de Radio Ville-Marie. Pour ma part, au début, j’avoue qu’on m’a forcé la main, mais assez rapidement j’ai pris le rythme.

Et puis, franchement, j’aime avoir plus de temps avec le chercheur que je rencontre parce que je peux consacrer une portion de l’émission à son parcours et il peut nous dire de quelle manière il en est arrivé à choisir la carrière de chercheur.

Finalement, le format de 60 minutes me permet de solliciter des chercheurs dont les travaux ne sont pas sexy ou qui se résument plus difficilement. Nous pouvons bien expliquer la nature des travaux d’un professeur qui, souvent, n’aura jamais donné d’entrevues de sa vie.

Après cinq ans, vous n’êtes pas à court de sujets ou de chercheurs?

Mais non, voyons!

Prenez notre université, il y a plus de 1300 professeurs. Et croyez-moi je suis loin d’avoir épuisé ce bassin. Cela, sans compter les chercheurs des autres universités. J’ai de la matière pour les 50 prochaines années! Je fouille sur les sites des départements, je m’informe des nouvelles publications et, je tiens à le mentionner, je tends vers l’égalité entre chercheurs et chercheuses. Je n’y suis pas encore parvenu, car il y a davantage d’hommes que de femmes en recherche, mais c’est une préoccupation constante.

Ce travail requiert-il beaucoup de temps?

Il me force à lire beaucoup, de 10 à 15 livres par année et énormément d’articles scientifiques. Mais ma formation me permet de comprendre des textes plus poussés. Remarquez qu’il y a des articles dont un mot sur deux s’apparente à un jargon propre à une discipline, mais dans l’ensemble je me débrouille bien et j’apprends beaucoup de choses. Le monde de la recherche est absolument fascinant.

J’ai abordé des sujets extrêmement diversifiés : la justice comme le vieillissement, la lumière, notre attitude à l’égard de la violence, la richesse du génome, les changements climatiques bien sûr, le feu, des thèmes controversés en sciences sociales. La plupart des émissions sont enregistrées à mon bureau de l’Université de Montréal.

Vous avez sûrement eu des surprises. Vous pouvez nous parler de l’une d’elles?

Il y en a eu plusieurs, le plus souvent à la préparation de l’entrevue, alors que je découvre vraiment le sujet. Il y a aussi le plaisir de la rencontre avec des gens passionnés qui se prêtent généreusement au jeu des questions. Une de ces surprises fut l’émission sur l’histoire du langage, avec Gérard Lenclud, que j’ai interviewé à Paris dans son appartement. J’avais préparé une entrevue d’une heure, mais, dès les premières secondes, je me suis rendu compte que M. Lenclud aurait besoin de deux heures pour relater cette histoire captivante. J’ai donc terminé ma première entrevue, sans rien dire, pour immédiatement continuer pendant une deuxième heure! Et mon invité n’a jamais rechigné.

La dernière émission de ces cinq premières années sera diffusée le 28 avril sur les ondes de Radio Ville-Marie à 13 h 30 puis à 16 h. Quel en sera le thème?

Il sera question de littérature. Je m’entretiendrai avec Bernard Gervais, de l’UQAM, sur les nouvelles façons de raconter des histoires dans un environnement numérique. Un autre sujet surprenant qui montre bien qu’on doit considérer l’ensemble des savoirs comme un tout!