Santé : financement de 4,1 M$ pour des infrastructures de recherche à l’UdeM

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Neuf chercheurs de l’UdeM se sont vu accorder plus de 4 M$ pour financer leurs infrastructures de recherche en santé.

L’Université de Montréal et ses centres de recherche affiliés ont obtenu 4 101 082 $ dans le cadre du Fonds des leaders John R. Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) pour mettre en place ou améliorer des infrastructures de recherche en santé. Cette somme provient à 40 % de la FCI, à 40 % du gouvernement du Québec et à 20 % d’autres partenaires. La FCI accorde donc plus de 1,5 M$ à l’UdeM. L’annonce en a été faite vendredi dernier à Ottawa par la ministre des Sciences du Canada, Kirsty Duncan.

Le programme Fonds des leaders John R. Evans a pour but de recruter des professeurs de renom et de maintenir en poste les meilleurs chercheurs et c’est dans cet esprit que l’Université a appuyé les projets déposés. Neuf chercheurs se sont ainsi vu accorder un financement d’infrastructure afin de mettre en route leurs activités de recherche. Ces chercheurs sont :

  • Jean DaSilva, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHUM;
  • Nadia Gosselin, du Département de psychologie (Faculté des arts et des sciences) et de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal;
  • Julie Lavoie, du Département de kinésiologie;
  • Catherine Martel, de la Faculté de médecine et de l’Institut de cardiologie de Montréal;
  • Marina Martinez, de la Faculté de médecine et de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal;
  • Heather Melichar, de la Faculté de médecine et de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont;
  • John Rioux, de la Faculté de médecine et de l’Institut de cardiologie de Montréal;
  • Christopher Rose, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHUM;
  • Hugo Soudeyns, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Voici la description de quelques-uns de ces projets de recherche qui démontre comment l’argent investi permettra de faire avancer la recherche et de lutter contre la maladie.

Réduire la prééclampsie, et la mortalité qui en découle, chez les femmes enceintes

La prééclampsie, un trouble de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle et une protéinurie (protéines dans l’urine), est l’une des causes principales de la mortalité fœtale et maternelle. De plus, les enfants nés de mères atteintes de prééclampsie sont plus à risque de souffrir d’hypertension et d’obésité à l’âge adulte, alors que les mères touchées par la prééclampsie ont un plus haut taux de maladies cardiovasculaires. Néanmoins, malgré le grand nombre d’études scientifiques sur ce sujet, la cause de cette maladie demeure inconnue et l’on ne connaît pas de stratégies efficaces de traitement ou de prévention. À l’aide d’un modèle chez la souris, l’équipe de la Dre Julie Lavoie, du Département de kinésiologie de l’Université de Montréal, a démontré que l’entraînement physique avant et pendant la grossesse réduit la majorité des symptômes associés à la prééclampsie. Par la mise en place d’une plateforme de recherche qui permettra d’évaluer plusieurs paramètres modulés par l’entraînement physique, les travaux de la chercheuse permettront de revoir les lignes directrices en matière de prévention et au final de réduire le taux de prééclampsie chez les Canadiennes.

Comprendre et traiter l’apnée du sommeil chez les personnes âgées et les troubles du sommeil chez les traumatisés crâniens

La chercheuse Nadia Gosselin, du Département de psychologie et de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, obtiendra l’infrastructure nécessaire à ses études sur les troubles du sommeil. Ses travaux portent sur deux problématiques, soit l’apnée obstructive et les traumatismes crâniens. L’apnée obstructive du sommeil est un problème de santé très fréquent qui augmenterait les risques de souffrir de démence chez les personnes âgées. La Dre Gosselin cherche à comprendre comment l’apnée obstructive du sommeil influe sur le déclin cognitif et neuronal, à désigner des biomarqueurs qui permettront de prédire la démence et, enfin, à évaluer les effets d’un traitement (la pression d’air positive continue) sur des gens âgés faisant de l’apnée obstructive du sommeil. De plus, la chercheuse veut documenter les troubles du sommeil et de l’horloge circadienne (alternance jour-nuit) chez les patients hospitalisés pour un traumatisme crânien. Une amélioration du sommeil durant la phase critique de l’hospitalisation pourrait améliorer la vitesse et la qualité de la récupération des patients.

La réponse immunitaire aux virus du sida et de l’hépatite C chez la femme enceinte et l’enfant

Certains virus, comme ceux du sida et de l’hépatite C, peuvent résister aux réponses immunitaires des humains qu’ils infectent. Ils peuvent aussi être transmis de la mère à l’enfant durant la grossesse ou au moment de l’accouchement. Les virus en général sont également redoutables pour les enfants leucémiques, car leur système immunitaire est compromis. Grâce au soutien de la FCI, Hugo Soudeyns, chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et professeur à la Faculté de médecine, pourra réaliser des tests de génomique sur des cellules individuelles qui permettront de définir le rôle précis de chaque type de globule blanc dans la réponse immunitaire. Il pourra ainsi mieux comprendre les interactions entre les virus et le système immunitaire. La réponse immunitaire de la femme enceinte peut-elle prévenir la transmission mère-enfant? Comment le système immunitaire se développe-t-il chez l’enfant atteint? Et, chez les enfants ayant eu une leucémie, comment la réponse immunitaire se rétablit-elle? Voilà autant de questions dont les réponses serviront à mettre au point des procédures qui contribueront à améliorer les soins offerts aux femmes enceintes et à leurs enfants.

De nouveaux traceurs pour mieux comprendre les maladies cardiovasculaires

Chercheur au Centre de recherche du CHUM et professeur à la Faculté de médecine, Jean DaSilva projette de créer de nouveaux radiotraceurs pour l’imagerie médicale afin de détecter de façon précoce et de mieux comprendre les maladies cardiovasculaires et le diabète. La subvention accordée permettra l’acquisition d’appareils de synthèse et de systèmes de purification et identification automatisés pour produire et analyser ces traceurs novateurs, en utilisant la tomographie par émission de positrons (TEP), afin de les tester par la suite sur des modèles animaux de maladies cardiovasculaires et rénales. Cette recherche innovante aidera à élaborer de nouveaux outils pour faire progresser de nouvelles stratégies thérapeutiques et préventives grâce à la TEP, et améliorer la qualité de vie des patients.

Étudier l’encéphalopathie hépatique par la microdialyse cérébrale in vivo

L’encéphalopathie hépatique survient lors d’une maladie chronique du foie (cirrhose). Le cerveau et le foie étant étroitement liés, la maladie du foie peut entraîner plusieurs complications neurologiques et progresser jusqu’au coma et à la mort. La subvention obtenue par Christopher Rose, chercheur au Centre de recherche du CHUM et professeur à la Faculté de médecine, va servir à pratiquer des microdialyses cérébrales in vivo. Il s’agit d’une technique pour sonder et prélever des échantillons de liquide extracellulaire cérébral chez des animaux éveillés. L’implantation de sondes avec une membrane semi-perméable dans différentes régions du cerveau permet de capturer les petites molécules qui y circulent. Cette méthode vise à mieux comprendre l’encéphalopathie hépatique et à évaluer l’effet des traitements sur le cerveau des personnes atteintes.

Qu’est-ce qu’une infrastructure de recherche?
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