Maxime Durand joue avec l’histoire

Le recteur Guy breton est allé à la rencontre de Maxime Durand dans les bureaux d'Ubisoft.

Le recteur Guy breton est allé à la rencontre de Maxime Durand dans les bureaux d'Ubisoft.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

À 29 ans, Maxime Durand, diplômé de l’UdeM, est l'historien attitré du jeu vidéo Assassin's Creed, le grand succès des studios montréalais d'Ubisoft, vendu à 93 millions d'exemplaires.

À 29 ans, Maxime Durand est l’historien attitré du jeu vidéo Assassin’s Creed, le grand succès des studios montréalais d’Ubisoft, vendu à 93 millions d’exemplaires.

Le jeu propose des immersions dans le passé – le dernier volet se déroule dans l’Angleterre de la révolution industrielle – et l’expert s’assure de la crédibilité des détails liés à l’architecture, aux vêtements des personnages ou au vocabulaire employé. «J’ai embauché comme consultants certains de mes anciens professeurs», relate ce diplômé du baccalauréat en histoire. Le recteur Guy Breton est allé à sa rencontre dans les bureaux d’Ubisoft.

Maxime Durand : Je crois dans l’apprentissage par le jeu. Assassin’s Creed permet au joueur de vivre un évènement historique comme s’il y participait lui-même, la Révolution française ou la guerre de l’Indépendance américaine par exemple. Je collabore cette année à une initiative pédagogique d’Ubisoft qui consiste à inviter des élèves du secondaire à créer un jeu vidéo sur le thème de la Nouvelle-France. Ils doivent intégrer à leur scénario des éléments de leur programme d’études. Ils ont du plaisir et ils apprennent en même temps l’histoire et quelques rudiments de programmation.

Guy Breton : Il faut repenser nos façons d’enseigner. Pour un élève de 2016, l’interaction avec la technologie est drôlement plus intéressante que l’écoute passive du professeur. Le décrochage étant un réel problème au Québec, pensons à ce qui peut accrocher nos jeunes à l’école. À l’université aussi nous devons nous préparer à accueillir une génération qui va exiger de telles innovations pédagogiques.

M.D. : Si j’avais à recommencer mon parcours scolaire, j’ajouterais des cours de programmation à mon bagage de connaissances. Je conseille à tous les diplômés en sciences humaines d’acquérir ce type de compétences. Car ceux qui sauront travailler à la fois sur le contenu et sur le contenant – c’est-à-dire adapter leurs connaissances à un produit visuel, ludique et agréable – auront un net avantage sur les autres.

G.B. : Les idées de génie surviennent lorsqu’on fait tomber les vieilles barrières qui séparent les sciences pures des sciences humaines. Au Québec, nous sommes reconnus pour notre capacité à utiliser les nouvelles technologies afin de présenter de façon originale un produit culturel comme un jeu, une exposition, un spectacle. Nous y arrivons en faisant travailler ensemble des ingénieurs, des artistes et des diplômés en sciences humaines.

M.D. : Je connais peu de villes comme Montréal où l’on trouve, dans un rayon restreint, quatre universités, de grands établissements culturels, des entreprises créatives et des lieux artistiques d’avant-garde. L’inspiration, pour quelqu’un qui travaille dans un domaine créatif, est à chaque coin de rue, particulièrement ici, dans le Mile-End. Ce n’est pas connu de tous, mais notre métropole se distingue dans le monde comme l’une des capitales du jeu vidéo.

G.B. : Lors d’un récent voyage en Chine, j’ai dû prendre un vol intérieur. Mon voisin de siège s’est mis à converser avec moi. C’était un jeune Chinois travaillant dans le secteur des jeux vidéos. Lorsque je lui ai dit que je venais de Montréal, il s’est exclamé : «Ah, Ubisoft! Je rêve d’y travailler un jour.»