Quand le cardinal Léger m'a fait la morale!

Jacques Girard, président de l'ADUM et diplômé en droit en 1963.

Jacques Girard, président de l'ADUM et diplômé en droit en 1963.

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Mot du président de l'ADUM, Jacques Girard, en introduction à la revue «Les Diplômés» du printemps 2016.

«Nous voulons un recteur laïc!» Voilà le titre de l’éditorial que je signe en une du Quartier latin le 19 février 1963. Je suis alors directeur du journal étudiant et je termine mon baccalauréat en droit. Un vent de modernité souffle sur le Québec et il nous paraît inconcevable, à nous étudiants, que l’Université soit encore dirigée par un homme d’Église.

Notre premier recteur laïque, nous l’aurons, puisque Roger Gaudry, un chimiste, entrera en poste en 1965. Mais mon éditorial fera assez de vagues pour me valoir une convocation à la cathédrale de Montréal, où m’attend le cardinal Paul-Émile Léger. Il me sermonne pour mon arrogance, mais sans excès de sévérité. Le plus drôle, c’est que cet éditorial me vaudra un autre rendez-vous quelques années plus tard. Cette fois pour une offre d’emploi. Je serai nommé secrétaire général de l’Université de Montréal pendant le deuxième mandat de... Roger Gaudry.

Ce souvenir m’est revenu en mémoire lorsque j’ai été élu président de l’Association des diplômés de l’Université de Montréal, le 8 décembre dernier. Comme cet établissement a changé depuis la première fois que j’y ai mis les pieds, au début des années 60! Non seulement l’Église exerçait un ascendant marqué sur le pouvoir politique, mais les Québécois eux-mêmes accusaient un retard considérable en matière d’éducation et d’émancipation économique. Aujourd’hui les Québécois sont beaucoup plus scolarisés et notre productivité ne cesse de s’améliorer. L’Université de Montréal figure parmi les meilleurs établissements universitaires du monde. Avec ses milliers d’étudiants étrangers et ses projets de recherche aux quatre coins du monde, elle s’est internationalisée.

Je suis fier de représenter les quelque 350 000 hommes et femmes qui, comme moi, possèdent un diplôme de l’Université de Montréal, de HEC Montréal ou de Polytechnique Montréal. S’il y a une chose que j’aimerais voir progresser durant la prochaine année, c’est la contribution de ces anciens à la cause qui les unit. Il faut garder vivant le souvenir de nos années d’études, mais aussi prendre conscience d’une responsabilité à l’égard des prochaines générations.

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