Des professeurs de l’UdeM se portent à la défense du journalisme scientifique

  • Forum
  • Le 19 mai 2016

  • Mathieu-Robert Sauvé
Damien Contandriopoulos, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire, participe à la campagne de l’Agence science-presse.

Damien Contandriopoulos, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire, participe à la campagne de l’Agence science-presse.

Crédit : Jacques Goldstyn

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L’Agence Science-Presse mène une campagne pour promouvoir le journalisme scientifique, à laquelle participent des professeurs et chargés de cours de l’Université de Montréal.

«Le journalisme scientifique redonne parfois un peu de sens au délire informationnel déferlant jour après jour dans les médias et sur le Web», lance Alain Vadeboncœur assis dans un esquif au milieu d’une vague énorme de pages Web. Signé Jacques Goldstyn, le dessin du médecin urgentologue, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux.

À l’initiative de l’Agence Science-Presse, 100 personnalités québécoises et canadiennes, de David Suzuki à Jean-René Dufort en passant par l’astronaute Chris Hadfield, le chanteur Richard Séguin et l’animateur Guy A. Lepage, ont pris la défense de cette discipline sur le déclin. Une dizaine d’entre elles sont de l’Université de Montréal. «Impossible de faire le tri critique des nouvelles scientifiques sans journalistes scientifiques», estime Normand Mousseau, professeur au Département de physique. Pour l’astronome Robert Lamontagne, le journalisme scientifique fait de nous «de meilleurs citoyens». La Dre Marie-Josée Hébert, néphrologue et vice-rectrice à la recherche, à la découverte, à la création et à l’innovation, croit que les «journalistes scientifiques sont des interprètes essentiels à la démocratisation du savoir». Quant au philosophe Michel Seymour, il estime que le savoir scientifique est «l’élément clé d’une économie contemporaine diversifiée et viable ainsi que d’un développement futur écologique et durable». Les professeurs Frédéric Bouchard, Damien Contandriopoulos et Pascale Lehoux ainsi que le chargé de cours Alain Deneault (science politique) sont aussi les porte-paroles d’une revalorisation de la communication scientifique.

«La crise des médias que l’on connaît depuis quelques années et le recul du journalisme scientifique dans nos journaux nous ont amenés à mettre sur pied cette campagne de sensibilisation d’un type particulier», explique Josée Nadia Drouin, directrice de l’Agence Science-Presse. Alors que plus des deux tiers des dessins sont publiés, à raison d’une dizaine par semaine, la campagne se poursuivra avec les déclarations d’autres sympathisants. Et un nouveau projet, le détecteur de rumeurs, s’apprête à être lancé. Il s’agit d’un site où des journalistes scientifiques détermineront la part de faussetés dans des nouvelles telles que «Manger trois ananas par jour peut vous guérir du cancer».