Mario Cappadocia, Prix Initiative

Le professeur Mario Cappadocia est le lauréat du Prix Initiative.

Le professeur Mario Cappadocia est le lauréat du Prix Initiative.

Crédit : Amélie Philibert.

En 5 secondes

À l'occasion de la remise des Prix du recteur de 2016, rencontre avec Mario Cappadocia, professeur titulaire au Département de sciences biologiques.

Vous êtes arrivé à Montréal il y a 32 ans…

Après mes études de biologie à Rome, j’ai fait mon doctorat en Belgique : c’est là que j’ai rencontré ma femme et que je suis devenu francophone. J’ai travaillé ensuite en Californie, dans l’une des premières entreprises de biotechnologies des plantes. Quand j’ai vu annoncé un poste de professeur dans ce domaine à l’Université de Montréal, je n’ai pas hésité. Et Montréal avait un attrait tout à fait particulier.

On parle de vous comme d’un homme de la Renaissance.

Je dirais que ça colle plutôt bien à ma personnalité! J’ai cet amour pour les sciences biologiques, mais aussi pour tout ce qui touche aux arts, à l’histoire et à la philosophie, un intérêt qui me vient possiblement de mes études classiques de latin et de grec.

Comment avez-vous choisi de devenir généticien des plantes?

C’est grâce à un professeur belge que j’ai rencontré durant mes études à Rome et qui travaillait dans un autre centre de recherche. Il m’a suffi d’une discussion de 10 minutes avec lui pour succomber à la fascination du sujet : c’était le début des biotechnologies. J’étais littéralement hypnotisé! Le soir même, j’ai rédigé une lettre pour demander de faire ma maîtrise avec lui. Environ 20 ans plus tard, il m’a avoué : «Je l’ai su dès notre première rencontre : tu étais l’étudiant que je souhaitais avoir.»

Et vos étudiants disent qu’ils souhaiteraient vous avoir comme père!

De nos jours, j’imagine qu’ils veulent dire grand-père! Il y a bien sûr dans l’enseignement le rôle pédagogique, mais je veux aussi montrer aux étudiants que la génétique, ce n’est pas tout. Il y a autour de nous tout un monde où l’on retrouve la beauté, les émotions, et ce sont ces émotions qui nous rendent humains.

Vous avez toujours voulu être professeur?

Ça peut paraître bizarre, mais j’ai des documents à ce sujet! Quand j’avais 11 ans, nous devions faire une rédaction «Lorsque je serai grand, je serai…». J’ai écrit que je serais chanteur d’opéra ou enseignant!

Quel rôle joue la musique dans votre travail?

La musique a beaucoup d’importance dans mon enseignement. J’utilise d’abord la musique pour faire des liens, pour situer les étudiants dans un lieu et une époque. Pour introduire les problèmes de l’hémophilie en génétique, par exemple, je parle du tsarévitch Alexeï et je leur fais entendre de la musique russe. Le botaniste Gregor Mendel, lui, vivait à l’époque des valses, alors, lorsque je l’aborde, c’est à l’aide de cette musique qui lui correspond! J’ai aussi l’habitude de faire jouer de la musique classique environ 40 minutes avant le début des classes. Ça semble rendre les étudiants plus calmes! Même si, au départ, je le faisais pour moi, à la longue plusieurs étudiants sont venus me confier qu’ils venaient aux cours à l’avance parce que, justement, je mettais de la belle musique!

Quelle figure marquante de la Renaissance aimeriez-vous rencontrer?

Seigneur! Je voudrais toutes les rencontrer! Mais je me demande si ce ne serait pas monsieur Machiavelli. Il y a chez lui une sorte d’ambiguïté, alors j’aimerais bien lui demander s’il n’a pas été un peu ironique dans son Prince, comme l’a été Voltaire dans Candide.