Découvrez les lauréats des Prix du recteur 2016

Les lauréats 2016 des Prix du recteur.

Les lauréats 2016 des Prix du recteur.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

L'Université de Montréal remettait pour une cinquième année ses Prix du recteur.

Pour une cinquième année de suite, l’Université remettait ses Prix du recteur le 26 mai dernier. Une centaine de membres de la communauté de l’UdeM se sont réunis à l’agora Morris-et-Rosalind-Goodman pour cette célébration du dynamisme, de l’engagement et de l’excellence chez les employés de l’Université. Nous vous invitons à lire les entretiens avec les quatre lauréats, ainsi qu’àvisionner leurs vidéos de présentation sur le site des Prix du recteur.

Prix Inspiration

Richard Dumont

Directeur général des bibliothèques

Y a-t-il un moment de votre vie où vous n’avez pas été à l’UdeM?
Je suis diplômé en géologie et en bibliothéconomie de l’Université de Montréal, puis j’ai travaillé pendant 20 ans à Polytechnique Montréal avant de me joindre à l’équipe des bibliothèques de l’Université. Alors oui, je suis un pur produit de l’UdeM.

Ce que vous appréciez le plus à l’UdeM?
Les gens. Le milieu universitaire est tellement riche, j’ai l’habitude de dire que je suis quotidiennement confronté à mon incompétence! C’est un milieu extraordinaire dans lequel évoluer.

Qu’est-ce qui inspire en retour Richard Dumont?
De croire en quelque chose, d’avoir le sentiment qu’on peut exercer une influence. Et on y arrive, pas juste moi, mais l’ensemble de la communauté universitaire. C’est mon équipe qui a soumis ma candidature à ce prix, mais, en ce qui me concerne, l’inspiration est mutuelle.

Que souhaitez-vous pour l’avenir?
Je souhaite qu’en tant que société on prenne conscience de l’importance des universités et qu’on agisse en conséquence : qu’on les appuie, qu’on investisse en elles et qu’on voie à leur développement.

Prix Initiative

Mario Cappadocia

Professeur titulaire au Département de sciences biologiques

Vous êtes arrivé à Montréal il y a 32 ans…
Après mes études de biologie à Rome, j’ai fait mon doctorat en Belgique : c’est là que j’ai rencontré ma femme et que je suis devenu francophone. J’ai travaillé ensuite en Californie, dans l’une des premières entreprises de biotechnologies des plantes. Quand j’ai vu annoncé un poste de professeur dans ce domaine à l’Université de Montréal, je n’ai pas hésité. Et Montréal avait un attrait tout à fait particulier.

On parle de vous comme d’un homme de la Renaissance.
Je dirais que ça colle plutôt bien à ma personnalité! J’ai cet amour pour les sciences biologiques, mais aussi pour tout ce qui touche aux arts, à l’histoire et à la philosophie, un intérêt qui me vient possiblement de mes études classiques de latin et de grec.

Comment avez-vous choisi de devenir généticien des plantes?
C’est grâce à un professeur belge que j’ai rencontré durant mes études à Rome et qui travaillait dans un autre centre de recherche. Il m’a suffi d’une discussion de 10 minutes avec lui pour succomber à la fascination du sujet : c’était le début des biotechnologies. J’étais littéralement hypnotisé! Le soir même, j’ai rédigé une lettre pour demander de faire ma maîtrise avec lui. Environ 20 ans plus tard, il m’a avoué : «Je l’ai su dès notre première rencontre : tu étais l’étudiant que je souhaitais avoir.»

Et vos étudiants disent qu’ils souhaiteraient vous avoir comme père!
De nos jours, j’imagine qu’ils veulent dire grand-père! Il y a bien sûr dans l’enseignement le rôle pédagogique, mais je veux aussi montrer aux étudiants que la génétique, ce n’est pas tout. Il y a autour de nous tout un monde où l’on retrouve la beauté, les émotions, et ce sont ces émotions qui nous rendent humains.

Vous avez toujours voulu être professeur?
Ça peut paraître bizarre, mais j’ai des documents à ce sujet! Quand j’avais 11 ans, nous devions faire une rédaction «Lorsque je serai grand, je serai…». J’ai écrit que je serais chanteur d’opéra ou enseignant!

Quel rôle joue la musique dans votre travail?
La musique a beaucoup d’importance dans mon enseignement. J’utilise d’abord la musique pour faire des liens, pour situer les étudiants dans un lieu et une époque. Pour introduire les problèmes de l’hémophilie en génétique, par exemple, je parle du tsarévitch Alexeï et je leur fais entendre de la musique russe. Le botaniste Gregor Mendel, lui, vivait à l’époque des valses, alors, lorsque je l’aborde, c’est à l’aide de cette musique qui lui correspond! J’ai aussi l’habitude de faire jouer de la musique classique environ 40 minutes avant le début des classes. Ça semble rendre les étudiants plus calmes! Même si, au départ, je le faisais pour moi, à la longue plusieurs étudiants sont venus me confier qu’ils venaient aux cours à l’avance parce que, justement, je mettais de la belle musique!

Quelle figure marquante de la Renaissance aimeriez-vous rencontrer?
Seigneur! Je voudrais toutes les rencontrer! Mais je me demande si ce ne serait pas monsieur Machiavelli. Il y a chez lui une sorte d’ambiguïté, alors j’aimerais bien lui demander s’il n’a pas été un peu ironique dans son Prince, comme l’a été Voltaire dans Candide.

Qu’est-ce qui fait votre bonheur au quotidien?
J’ai l’impression d’être moi-même, de faire ce que j’aime. J’ai assez souvent l’impression aussi que j’arrive à faire aimer ce que j’aime. Je le vois dans le regard des étudiants ou des gens qui écoutent mes conférences.

Prix Engagement

Dr Nicolas Bergeron

Professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie

Votre semblez très attaché à l’UdeM…
Je suis pratiquement né à l’Université. Quand j’étais petit, mon père, professeur à la Faculté de médecine, avait un laboratoire de recherche au Département de physiologie. J’ai donc longuement sillonné les corridors jaunes de l’UdeM! Avant la médecine, j’y ai aussi fait un baccalauréat en mathématiques-physique et un petit détour en littérature française.

D’où vous vient cette volonté d’engagement?
Je dirais d’abord, un peu à mon insu, de mon père, qui a consacré durant sa carrière beaucoup de temps et d’énergie à promouvoir la science comme moteur de développement social et économique dans les pays d’Amérique latine en voie de développement. Il était aussi très engagé dans la défense de la langue française en science. Ensuite, il y a certainement chez moi une flamme dont l’origine est quelque peu inconnue qui me fait bouger, qui me fait rencontrer des gens et qui me donne envie de transformer le monde dans lequel on vit.

L’engagement est-il devenu pour vous une nécessité?
Je pense que c’est plutôt une responsabilité. On a le devoir de s’engager, puisqu’on a une certaine capacité de changer les choses qui nous semblent indignes. Dans l’engagement, il y a aussi une forme de dénonciation de quelque chose d’inacceptable qui mérite d’être transformé.

Que vous apporte votre travail bénévole chez Médecins du monde?
Je conçois ma pratique de la psychiatrie et mon engagement avec Médecins du monde comme étant tout à fait superposables. Dans les deux cas, il est question d’offrir des soins et promouvoir l’accès à la santé à des populations vulnérables et marginalisées. Et c’est justement en matière d’organisation des systèmes de soins de santé que l’expérience à Médecins du monde m’a beaucoup apporté. Dans ma formation comme psychiatre clinicien, j’ai été peu éduqué pour comprendre comment s’opère et se transforme l’offre de soins. J’essaie d’ailleurs d’amener mes étudiants à avoir une vision plus large de la médecine et de s’intéresser à ses aspects politiques… mais pas au service d’un parti, mais de l’humanité.

Qu’est-ce qui vous motive dans la relation avec vos étudiants?
Lorsque je rencontre des étudiants à la fois curieux et critiques qui remettent en question leur pratique, des étudiants qui ont un désir d’aller au-delà de la prestation de soins, des étudiants chez qui je sens des braises, eh bien… je souffle sur ces braises!

Prix Collaboration

ContinuUM

Édouard Morrissette, Zeina Tamaz, Marc-André Deniger, de la Faculté des sciences de l’éducation

Vous semblez avoir trouvé une formule gagnante avec ContinuUM.
Il s’agit en effet d’une formule gagnante autant pour la clientèle, qui semble réellement apprécier notre offre de formation, que pour les professeurs de la faculté qui n’ont malheureusement pas toujours la possibilité de faire connaître les résultats de leurs recherches dans le champ de pratique.

ContinuUM connaît un succès retentissant…
Dès la deuxième année, on a connu une croissance exponentielle à tous les points de vue : de la technologie à l’administration en passant par les contenus. C’était un peu comme une entreprise en démarrage, avec le même rythme fou, un esprit d’équipe très serré et beaucoup d’énergie au sein de cette équipe. Maintenant, on peut dire qu’on a atteint une bonne vitesse de croisière.

Que trouvez-vous particulièrement motivant dans ce travail?
C’est de constater que la réputation de nos professeurs s’étend au-delà de leur unité. Le fait que les contenus de nos formations sont élaborés à partir des travaux de recherche de nos professeurs constitue pour la clientèle une forme d’assurance qualité!

Étiez-vous habitués à ce type de travail collaboratif?
M.-A.D. : Dans notre décanat, cette formule de direction plutôt libérale et collaborative est assez répandue. On n’est pas dans un milieu très autoritaire! On a dû davantage travailler sur la création d’une méthode de travail.

E.M. : C’est cocasse parce qu’aujourd’hui, en pédagogie, on demande aux élèves et aux étudiants de travailler en collaboration. Avec le travail d’équipe de ContinuUM, on met quotidiennement en pratique ce qu’on prêche!