La culture n’est pas une spécialité… C’est une dimension de la vie!

  • Forum
  • Le 21 juin 2016

  • Martin LaSalle
François Colbert, titulaire de la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, de HEC Montréal, en compagnie de Gérald Grandmont, professeur et auteur du livre La culture : un capital à faire fructifier.

François Colbert, titulaire de la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, de HEC Montréal, en compagnie de Gérald Grandmont, professeur et auteur du livre La culture : un capital à faire fructifier.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Gérald Grandmont a lancé son livre La culture : un capital à faire fructifier, à l’occasion d’une table ronde sur l’accès à la culture, tenue à HEC Montréal.

«La culture n’est pas un domaine, mais bien une dimension de la vie, un facteur de cohésion sociale…» C’est là l’une des idées fortes qui ont émergé de la table ronde sur la modernisation de la politique culturelle québécoise, organisée par la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, de HEC Montréal.

Tenue le 15 juin et animée par le professeur André Courchesne, la rencontre a attiré plus d’une centaine de personnes et a permis à quatre jeunes gestionnaires culturels ayant étudié à l’école de gestion de débattre de leur vision de la démocratisation culturelle, tandis que se déroule une tournée de consultation publique sur le renouvellement de la politique culturelle du Québec.

Tous se sont entendus sur la nécessité d’inclure la culture dans le parcours scolaire, et ce, dès l’école primaire. Car la première politique culturelle, adoptée en 1992, visait trois objectifs : contribuer à l’affirmation culturelle québécoise; stimuler la création artistique; et favoriser l’accès et la participation de la populatio n à la vie culturelle.

Vingt-cinq ans plus tard, les deux premiers objectifs ont été largement atteints, mais il en est tout autrement du troisième. «On n’est pas parvenus à convertir les Québécois à l’amour de l’art», a laissé tomber l’une des participantes, diplômée de HEC Montréal.

Et, si l’idée d’initier les jeunes aux arts durant leur scolarité est séduisante, elle implique d’aborder la délicate question de la formation des maîtres, qui seront les premiers à être interpellés dans cette entreprise de longue haleine…

Pour une politique culturelle intégrée

Selon les panélistes, il importe que la nouvelle mouture de la politique culturelle soit intégrée aux orientations de chaque ministère et qu’elle ne soit pas du seul ressort du ministère de la Culture et des Communications.

Ils ont également indiqué que l’une des voies à privilégier est celle des partenariats arts-affaires «tout en permettant aux citoyens d’avoir leur place dans la conversation afin de poser l’expérience de la culture dans la réalité de la communauté».

À cet égard, la politique culturelle devrait reposer sur une certaine décentralisation afin que les municipalités puissent adapter leurs actions aux milieux qu’elles représentent. Les entreprises devraient, elles aussi, favoriser l’accès à la culture pour leurs employés, estiment les panélistes.

Enfin, en plus de considérer comme incontournable le virage numérique pour rendre la culture accessible au plus grand nombre, ils jugent que la prochaine politique devrait être renouvelée tous les 10 ans. «Et nous souhaitons que, pour les fins de la recherche, le gouvernement permette davantage l’accès à ses données relatives au domaine de la culture», ajoutent-ils.

La culture : un capital à faire fructifier

La table ronde a en outre servi de rampe de lancement au livre La culture : un capital à faire fructifier, rédigé par Gérald Grandmont.

Édité par la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux et issu d’un labeur amorcé en 2010, l’ouvrage de M. Grandmont dresse le bilan historique de la culture québécoise depuis le début du 20e siècle, et l’accès à la culture est l’un des thèmes majeurs qu’il aborde.

«Ce livre permet de faire le point sur les accomplissements et les enjeux culturels actuels, en s’appuyant sur le témoignage de l’un des principaux acteurs et spécialistes des politiques culturelles au Québec», a mentionné André Courchesne.

En effet, Gérald Grandmont s’est joint au corps professoral de HEC Montréal en 2008 après avoir mené une riche carrière au ministère de la Culture et des Communications à plusieurs titres, dont celui de sous-ministre adjoint, ainsi qu’au Musée de la civilisation de Québec. Il a participé à la mise au point du programme d’évaluation des politiques culturelles nationales du Conseil de l’Europe en 1984-1985, et on lui doit notamment la première politique muséale au Québec et la dernière Loi sur le patrimoine culturel.

On peut se procurer l’ouvrage auprès de la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, de HEC Montréal.