Plus de 1500 sociologues du monde entier réunis en congrès à l’UdeM

  • Forum
  • Le 4 juillet 2016

  • Martin LaSalle
Il n’est pas de terreau plus fertile pour la recherche en sociologie que les périodes de transition entre les transformations profondes qui se produisent dans les sociétés contemporaines.

Il n’est pas de terreau plus fertile pour la recherche en sociologie que les périodes de transition entre les transformations profondes qui se produisent dans les sociétés contemporaines.

Crédit : Thinkstock.

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L’Université de Montréal est l’hôte de la journée d’ouverture du 20e congrès de l’Association internationale des sociologues de langue française, qui réunit plus de 1500 sociologues issus de 45 pays.

Comment saisir le sens des bouleversements sociétaux qui se produisent – tels le Brexit, la transition écologique ou les formes d’identités sociales? C’est ce à quoi s’appliqueront plus de 1500 sociologues issus de 45 pays qui sont réunis dans la métropole pour le 20e congrès de l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), dont l’ouverture se déroule à l’Université de Montréal.

Sur le thème «Sociétés en mouvement, sociologie en changement», cette grande rencontre qui a lieu tous les quatre ans aura pour particularité d’être réflexive et d’avoir comme élément central la sociologie elle-même.

«Les derniers congrès de l’AISLF ont retenu comme objet central un thème particulier – la mondialisation au congrès de Québec, l’individu social à Tours, la culture à Istanbul, l’incertain à Rabat – en essayant de comprendre comment la sociologie pouvait s’en saisir», explique Paul Sabourin, professeur au Département de sociologie de l’UdeM et co-vice-président du comité organisateur du congrès.

À Montréal, on cherchera à inverser le regard pour ouvrir la réflexion sur la façon dont les changements profonds qui se produisent dans le monde contemporain influencent la sociologie, pour prendre acte des mutations sociétales lourdes et pour réfléchir au présent et à l’avenir de la sociologie.

Les mutations sociétales sous la loupe

Il n’est pas de terreau plus fertile pour la recherche en sociologie que les périodes de transition entre les transformations majeures qui s’opèrent dans les sociétés contemporaines.

Car nos sociétés vivent bel et bien des mutations importantes, qu’on pense à l’atomisation du travail découlant de la quatrième révolution industrielle, qui se manifeste à travers les Uber et Amazon de ce monde, et aux avancées en matière d’intelligence artificielle couplées aux mégadonnées (big data), en passant par les phénomènes d’austérité économique ou de mobilité Nord-Sud…

«Les sociétés sont chamboulées – on le voit avec le Brexit, où agissent à la fois la temporalité, la constitution des ensembles sociaux et la complexification de l’individuation sociale – et la sociologie doit se redéployer pour analyser encore mieux ces sociétés en mouvement», rappelle Paul Sabourin.

Selon lui, l’écologie renferme un potentiel de recherche à surveiller, puisqu’elle entraînera «des contraintes qui provoquent et continueront de provoquer dans l’avenir des transitions significatives des formes de société et de vie sociale, notamment en ce qui a trait à la croissance économique».

«En tant que sociologues de langue française, il nous faut comprendre ce nouveau monde tout en décentrant notre regard et en décloisonnant les frontières de la recherche afin de mieux rendre compte de la diversité sociale dans le monde», conclut Paul Sabourin.

Hommage à Guy Rocher

Les organisateurs du 20e congrès de l’AISLF honoreront le professeur émérite Guy Rocher en lui remettant le Prix du grand sociologue à la cérémonie d’ouverture.

Celui qui a pris sa retraite de la Faculté de droit de l’Université de Montréal en 2012 – à l’âge vénérable de 88 ans! – connaît particulièrement bien cette association prestigieuse, puisqu’il en a été l’un des membres fondateurs en 1958.

Auteur prolifique, M. Rocher a notamment écrit le livre phare Introduction à la sociologie générale. Au cours de sa carrière, il a dirigé plusieurs comités d'étude et organismes universitaires et il a participé à la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec et à la rédaction du rapport Parent.