«Bousculez-nous!» a lancé Clément Duhaime aux jeunes ambassadeurs de la francophonie

Clément Duhaime.

Clément Duhaime.

Crédit : Amélie Philibert.

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Clément Duhaime a appelé les participants du 5e Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques à se mobiliser pour faire vivre la francophonie à leur façon.

«C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.»

C’est en citant l’écrivain français Georges Bernanos que l’ancien numéro deux de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Clément Duhaime, a appelé les participants du 5e Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques à être critiques s’ils considèrent que des actions mises en œuvre par l’OIF par le passé méritent d’être revues. «Bousculez-nous!» a-t-il lancé tout de go.

Conférencier d’ouverture du forum, M. Duhaime a soutenu que la francophonie a différents défis à relever, dont celui de l’engagement en matière de citoyenneté. «Les jeunes sont de plus en plus méfiants à l’endroit des institutions politiques et, si les mouvements sociaux témoignent de cette méfiance, ils dénotent aussi une volonté de participer au débat public, et cette participation est essentielle», a-t-il dit.

Autres défis à mener à bien : assurer une meilleure adéquation de l’éducation et de la formation en français avec le marché du travail. «Il faut également offrir davantage d’emplois de qualité en français aux jeunes tout en continuant de lutter contre les inégalités de traitement entre les hommes et les femmes», a rappelé Clément Duhaime.

Au regard de la révolution numérique, l’administrateur d’État au ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec est d’avis que les dirigeants francophones ont été des précurseurs en favorisant la production de contenus en français. «Avec les Spotify et Facebook qui ne sont pas francophones, nous avons peut-être perdu la bataille des outils, mais nous n’avons pas perdu celle des contenus et il importe de poursuivre en ce sens», a-t-il insisté avec force.

Une obligation de solidarité

Choisis parmi plus de 550 candidatures pour la qualité de leurs parcours scolaires et personnels, les 55 participants ont été investis d’une responsabilité solennelle à travers le discours de Clément Duhaime.

«Nous avons tous ici une obligation de solidarité quant à notre continent et aux possibilités qu’il offre, a-t-il affirmé. Si notre langue ne devait plus être dans le peloton de tête des langues les plus parlées au point que nous devenions absents du nouvel ordre mondial, nous en porterions la lourde responsabilité.»

Prenant lui aussi la parole, Gregory Charles a averti les jeunes ambassadeurs qu’ils n’étaient «pas ici juste pour apprendre : vous êtes ici pour changer le monde, rien de moins, en créant des passerelles avec les autres! Les défis à relever dans le monde sont énormes et vous repartirez d’ici avec des responsabilités énormes», a indiqué le parrain du forum.

«La francophonie en mouvement, c'est vous! a déclaré Clément Duhaime en passant le flambeau à ses auditeurs. C’est le temps de réfléchir pour la faire évoluer à votre façon. C'est à vous qu'il revient, par votre engagement et vos expériences, de la faire vivre en multipliant les liens de solidarité : il y a ici nécessité de combat et de passion aujourd’hui et dans les années à venir pour que la francophonie devienne une réalité de tous les jours.»

Pour suivre les activités du 5e Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques sur les médias sociaux : @CFAmeriques #FJAFA2016.